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Essai J.L Masseboeuf -" J.S Masseboeuf. Intinéraire d'un médecin"

Date de création: 21-11-2017 19:59
Dernière mise à jour: 21-11-2017 19:59
Lu: 3 fois


SANTE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI J.L MASSEBOEUF- « J S. MASSEBŒUF. ITINERAIRE D’UN MEDECIN »

Jean Sadek Massebœuf. Intinéraire d’un médecin algérien (volume 1, 1908-1962). Essai (biographique) de Jean-Louis Massebœuf, Editions Média Plus, Constantine 2017 (Editions Bouchène, Saint-Denis, 2017) , 1 080 dinars, 244 pages

Le 14 avril 1962, Jean Masseboeuf sort en homme libre du pénitencier de Casabianca (Corse). Depuis le 7 juillet 1956, date de son arrestation par la Dst de Ténès (où il exercait en tant que médecin avec cabinet privé depuis 21 années ) , 2 107 jours se sont écoulés. 5 ans et neuf mois sans être maître de son sort, sans la liberté d’aller où bon lui semble, et tout autant de mois et d’années sans une pratique authentique de la médecine.

Très peu d’Algériens d’origine européenne auront payé un tel tribut à la guerre d’indépendance.Il avait été alors condamné par le Tpfa (Tribunal permanent des Forces armées) à 20 ans de Travaux forcés, en 1957.....et il avait connu sept lieux de détention, en Algérie et en France.

Une guerre qui avait vu son engagement bien concret dès les premières années de la guerre, mettant de côté ses fortes convictions communistes sans pour autant les renier pleinement , tout particulièrement celles liées à la liberté  et à la dignité humaine.

Fils cadet d’enseignants laïques et athées, des socialistes adhérents alors de la Sfio, avec une tante militante progressiste devenu ministre dans le gouvernement Blum, il arrive en Algérie , venant de Calais, à l’âge de 12 ans.....croyant que les Algériens étaient des « Nègres ».Des nuages et la mer grise au soleil et la mer bleue: Alger, Blida, Lycée « Bugeaud »,bac en 1928,  études de médecine...et la découverte rapide  d’un peuple pied-noir raciste dans sa quasi-totalité, vivant « hors du temps réel » du pays ,  d’un peuple Algérien opprimé et/ou ignoré et d’une classe politique (les communistes y compris) totalement « déconnectés » de la réalité.

Lors de l’exercice de la médecine , il découvre le pays et le peuple profonds.....et, en prison, encore plus et encore mieux. Il côtoiera, au sein des mêmes cellules, des militants et des combattants anonymes mais aussi des héros comme Mohamed Said Mazouzi et Mohamed Guerroudj.....et , il connaîtra aussi, tout particulièrement en France, les  querelles intestines, bien souvent bien basses. Cela ne le découragera pas et, libéré, il continuera à « militer » en « travaillant ». Converti à l‘Islam, Sadek (le sincère)  repose au cimetière musulman de Constantine.

 

L’auteur : Neveu de Jean Sadek . Né en novembre 1949 dans la Drôme (France). Germaniste de formation et enseignant. Militant syndicaliste et politique, passionné par l’histoire du mouvement ouvrier , en particulier celle du stalinisme.

Extraits : « Pendant 132 ans, ces roumis –dont certains descendants glosent encore aujourd’hui sur les « bienfaits » de la colonisation –aménagèrent la terre algérienne à leur profit exclusif, tirant parti de ses richesses et du travail de son peuple, sans ne rien donner en échange que des miettes, sur fond de discrimination sociale et de racisme » (p 19) , « En réalité, j’épousais la Révolution , non seulement la Révolution algérienne, mais à travers elle et au-delà d’elle, la Révolution universelle et l’insatiable lutte des hommes de tous les pays et de tous les temps pour la dignité et la liberté » (Jean Sadek Massebœuf, Témoignages autobiographiques, Algérie 1955-1979, in manuscrit inédit, p 113)

 Avis : Un homme (1908-1985) de diagnostic, d’action, un tempérament fonceur et entier qu l’Algérie re-découvre à travers ce rigoureux travail d’analyse et de recherche . Une précision qui contredit (ou complète ) un peu l’auteur : Pour les gens de l’Est, pour beaucoup de travailleurs et de citoyens  qui l’on bien connu, dans le Constantinois ,  dans le cadre de la médecine du Travail (1962-1979) , Jean Sadek Massebeouf  n’est pas oublié. Aujourd’hui encore. Il a toujours été un grand homme, respecté et admiré. Le reste, la reconnaissance étatique ou partisane ou corporatiste comptait bien peu pour lui....et pour ses patients .

Citations : « La valeur d’un homme est bien distincte de sa formation scolaire et universitaire......L’instruction et la technologie sont, dans notre système éducatif, une chose à part, en dehors de la réalité de tous les jours, trop souvent sans relation avec les vertus, le caractère et la culture vraie, celle que confère l’engagement dans la vie » (Jean Sadek Massebœuf, Témoignages autobiographiques, Algérie 1955-1979, in manuscrit inédit, p 33), « Mimer les gestes de la foi, sans avoir la foi ou suivre un rite religieux sans être un fidèle de cette religion est un acte impie qui côtoie le sacrilège, ou tout au moins l’irrévérence » (Jean Sadek Massebœuf, Témoignages autobiographiques, Algérie 1955-1979, in manuscrit inédit, p 187)