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Roman Canesi et Rahmani- Villa Taylor

Date de création: 21-11-2017 19:51
Dernière mise à jour: 21-11-2017 19:51
Lu: 1 fois


SOCIETE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH – ROMAN CANESI ET RAHMANI –VILLA TAYLOR

Villa Taylor. Roman de Canesi & Rahmani. Editions Anne Carrière, Paris 2017, 363 pages, 2 900 dinars

D’habitude, les ouvrages (les romans, tout particulièrement écrits à deux – mis à part les couples bien soudés- sont rares et ne sont pas réussis, chaque intervenant pouvant avoir des frémissements différents face aux situations décrites .

Il faut donc croire que nos deux auteurs sont sur la même « longueur d’ondes ».

L’histoire , au départ, est assez simple. Mais, elle se complique par la suite.

Au départ, il y a Diane de Verneuil, une belle « golden girl », encore jeune, « executive woman  » , directrice (à succès) d’une banque parisienne . Une vie de « jet-setteuse » parisienne menée tambour battant et brûlée (selon son rythme et ses désirs)   par les deux bouts. A cause d’une enfance pleine de zones d’ombre ?

Elle a grandi à Marrakech dans une grande villa devenue célèbre car fréquentée par de grands noms européens de la politique , de la culture et des arts de l’époque (coloniale)  : Winston Churchill, F. Roosevelt, Y. Saint Laurent, C. Chaplin, Forbes....et bien d’autres encore.

Orpheline de père et de mère, elle vit avec sa grand-mère maternelle et de serviteurs (indigènes,  bien sûr) , tous bien silencieux sur le passé d’une résidence qui a l’air chargé de bien des drames.Car la mère a , un jour, mystérieusement disparu...laissant une résidence fastueuse péricliter dans la tristesse généralisée.

C’est , donc, à la mort de la grand-mère, toute une quête assez laborieuse pour retrouver la mère « effacée » des mémoires.

Grâce à une jeune et beau notaire, lui-même ayant une vie chargée de mystères, elle remontera le temps et ,allant de surprise en surprise, elle se réconciliera avec un passé qu’elle pensait douteux.....et elle retrouvera ses origines (d’Européenne française , elle découvrira que son vrai père est un marocain musulman, ancien serviteur, devenu l’amant de la maman) comme d’ailleurs Selim , le notaire qui dit avoir découvert , lui, le Marocain, fils de musulman, que sa mère était de confesson juive)

Sa vie connaîtra alors un autre cheminement, plus apaisé.....Sa banque aussi ! Quant à la villa Taylor, elle ne sera pas vendue aux rapaces de l’immobilier.

Les Auteurs : Un Algérien et un Français. Le premier, médecin anésthésiste et le second médecin dermatologue, tous les deux en permanence, témoins, en direct, de douleurs humaines  . Déjà auteurs, ensemble , de deux romans dont le premier , en 2006, « Le Syndrome de Lazare » (sur l’arrivée du  sida en France) a été adapté au cinéma par André Téchiné, sous le titre « Les Témoins » . Le second livre, « La douleur du fantôme » a été édité en 2010.Leur troisième , « Alger sans Mozart » a été édité par les Editions Dalimen (Alger) en 2013 (Médiatic du jeudi 8 octobre 2015)

Extraits : « Mieux vaut un chagrin d’amour dans une Jaguar que dans un train de banlieue » (p 21),  «  Aujourd’hui, les noces sont de papier ; qui songerait à broder des Kleenex ou des nappes jetables ? » (p 83)), « Les bijoux sont de l’argent mort, inutile. Les rivières de diamants portent mal leur nom. Pétrifiées, elles ne coulent jamais et n’irriguent aucune terre » (p 94)

Avis : Un roman d’amour parcouru de perturbations et d’interrogations ; l’héroïne , comme son amoureux, étant à la recherche de sa mère et de ses origines. Mais, aussi, un livre d’amour pour....le Maroc (à travers Marrakech) .....un pays présenté calme, accueillant, tolérant, ouvert sur les cultures et les religions du monde, dynamique économiquement. Quoi de mieux comme outil promotionnel ?A l’opposé d’  « Alger sans Mozart »

Citations : « Les souvenirs lestent, ils n’aident jamais » (p 38), «  « La terre, la vraie, c’est celle des souvenirs » (p 167), «  De nombreux politiques sont adeptes de la théorie du nénuphar : ils glissent avec élégance à la surface des eaux en passant d’une feuille à une autre, d’un maroquin à un autre. Leur pied effleure le végétal, on le voit frémir à peine » (p 187), « Les politiques sont des serial killers engagés dans une implacable chasse à l’homme. Tuer l’autre, le rival, ils consacrent leur vie à ça » (p 188), « Les retraités occidentaux sont plus riches au Maroc, alors ils s’expatrient.Nos pays délocalisent tout, même les vieux » (p 216)