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Revue Naqd- "L'Esthétique de la crise"

Date de création: 21-11-2017 19:18
Dernière mise à jour: 21-11-2017 19:18
Lu: 2 fois


VIE POLITIQUE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- REVUE NAQD- « L’ESTHETIQUE DE LA CRISE »

L’Esthétique de la crise II,  par-delà la terreur. Revue d’études er de critique sociale Naqd, n° 33/34, 2017, 800 dinars, 160 pages.

C’est la 25è année d’existence que la revue fête. Née en 1991, à l’orée de la terrible décennie , comme si ses fondateurs, dont l’inoubliable Said Chikhi (décédé en 1993) , avaient senti l’arrivée d’événements sociaux et politiques révolutionnaires et, en même temps, terribles.

Aujourd’hui, la revue (bilingue, il faut le préciser) est bien assise, tirant à plus de 2 000 exemplaires , vendus aussi bien en Algérie qu’à l’étranger et   grâce aux thèmes abordés, bien de ses numéros, sinon tous,  sont devenus des références incontournables pour les universitaires et les chercheurs....et , comme lieu de débats (dont l’organisation de rencontres....la toute dernière, à Alger, samedi 25 février 2017, consacrée à « la  pensée critique » avec la participation de Mohamed  Harbi et  Etienne Balibar ) , un repère et un exemple dans le désert des publications périodiques scientifiques .

Le n° 33/34 présenté reprend en fait le contenu de journées d’études tenues à Alger, en février 2016,  en partenariat avec l’AARC, à l’Ecole nationale supérieure des Beaux Arts sur « l’étroite relation entre le fait traumatique et sa représentation plus ou moins sublimée dans l’œuvre d’art ». En fait , la troisième. Car, déjà, en 2006, une première rencontre s’était tenue sur le même thème à l’Espace Noun (librairie aujourd’hui, hélas , disparue) suivie, en 2010,  d’ une seconde (voir le n° 17....complètement épuisé sur support papier)  , sous forme d’atelier, au Centre diocésain des Glycines avec des enseignants chercheurs de France et de Suisse ( Emmanuel Alloa, Marie-José Mondzain, Soko Phay, Séra..).

Cette fois-çi  ,Soko Phay  , universitaire française et critique d’art, a apporté son regard sur la question de l’esthétique de la crise dans la situation qu’a connue le Cambodge (où elle y  est née) durant la période (Avril 1975- 79) des Khmers rouges (et leurs 500 000 victimes) . L’examen « d’un refoulé de l’histoire  et sur les modes d’appropriation d’un passé qui ne cesse de hanter, à travers des représentations de paysages, qu’elles soient peintes, photographiées ou filmées ». Une pratique et un mot terrible , né dès 1970 à la création de la police: « kamtech ». « Ce n’est pas seulement tuer. C’est tuer, puis effacer toute trace, afin qu’il ne reste plus rien ...Quand on tue, on n’informe pas la famille, on efface les traces. Même le cadavre , on ne le rend pas à la famille pour une cérémonie. Ça, c’est la culture khmère rouge. Kamtech, c’est détruire le nom, l’image, le corps, tout »

Autres interventions : celles de Mondzain sur « le Cinéma documentaire et les « Héros sans visage » (dont les émigrés), de Nassima Metahri, pédopsychiatre à l’hôpital Frantz Fanon de Blida,  sur « la Production imagée (dessins) de l’enfant en souffrance physique »  , de Fouad Asfour , « Réflexions sur la critique d’art et la production esthétique dans le sociétés en crise » .

Quant au workshop (atelier) sur « la Production esthétique comme sublimation de la terreur », on a entendu Ammar Bouras (photographe et vidéaste), Sofiane Zouggar (plasticien et vidéaste),Nawel Louerrad (bédéiste) , Tamzali Tahari (plasticienne), Yahia Bourmel (plasticien) , Lamine Sakri (photographe et vidéaste) , Drifa Mezemer (Cinéaste)

Tout cela suivi de débats, de débats et de débats...

 

L’Auteur : Une revue qui n’est plus à présenter. Bp 63 bis, Ben Aknoun 16033, Algérie( tél/fax : +213 21 734352 ....et revue.naqd@gmail.com et revue_naqd@yahoo.fr et www.revue-naqd.org)

Extraits : « L’art n’a pas pour rôle de résoudre l’enigme du passé ou de combler le vide, mais sans doute d’enrichir la perception des choses et à interpelleer la consciences du spectateur qui est, au bout du compte, le destinataire du témoignage » (Daho Djerbal, présentation, 7), « La dénégation du génocide participe de la destruction de la réalité. Un crime de masse sans trace  équivaut à un crime qui n’a pas eu lieu » (Soko Phay, p 14)

Avis : Des interventions de haute teneur scientifique et des débats de très grande qualité .Plus qu’enrichissants.....car tout nous concernait.

 Citations : « C’est difficile de limiter l’énergie algérienne, étant donné  qu’en une année, on grandit de dix ans » (Djaoudet Guessouma, p 148), « Tout se passe en Algérie comme si les gens pensent à ce qu’ils ne feront jamais, et font ce à quoi ils n’ont jamais pensé » (Daho Djerbal, p 149), « Beaucoup d’artistes sont des enfants qui ont été mal éduqués et  manquent d’affection . Et ils ont besoin de tendresse et cette tendresse doit venir des critiques d’art » (Zoubir Hellal, p 157)