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Mémoires Rabah Zamoum- "Ali Zamoum, le juste"

Date de création: 16-11-2017 18:19
Dernière mise à jour: 16-11-2017 18:19
Lu: 6 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- MEMOIRES A. ZAMOUM- « ALI ZAMOUM LE JUSTE »

Ali Zamoum, le juste. Essai de Rabah Zamoum (préface de Hocine Zahouane et postface de Samir Imalayène). Inas Editions, Alger 2016, 1 000 dinars, 338 pages

Il ne s’est jamais arrêté de lutter. Hier, encore tout jeune, pour la libération du pays du joug colonialiste. Fait prisonnier, condamné à mort à plusieurs reprises, il erra de prison en prison jusqu’à l’Indépendance du pays en 1962. Entre- temps, son frère aîné, Mohamed Zamoum (Si Salah) commandant de la wilaya 4 historique, tombait au champ d’honneur .

Un homme hors du commun, un moudjahid vrai qui n’a jamais cherché à tirer un avantage matériel  ou une quelconque gloriole.

Hocien Zahouane, le préfacier,  a tracé son portrait en trois points:

Anti-carriériste (il aurait pu faire un très beau parcours, ayant débuté, en 1962, à la tête de la wilaya de Tizi-Ouzou).

Anti-apparatchik (ce qui lui avait valu bien des inimitiés au sein du Fln dont il a animé la Fédération).

Incorruptible (résistant aux « appels » continuels de Houari Boumediène, alllant –alors qu’il était directeur d’un des plus gros complexes industriels, celui du textile- jusqu’à s’opposer publiquement –et de quelle manière !- à Belaid Abdessaelam, alors ministre en charge omnipotent du secteur )

Mille et une fonctions, mille et une difficultés....et, c’est au ministère du Travail, avec comme boss, Mohamed Said Mazouzi, un autre vrai grand de la Révolution, qu’il va s’épanouir le mieux et le plus. A la tête de la direction de la Formation professionnelle. Il y développe sa démarche novatrice, « révolutionnaire » pour H. Zahouane.....retrouvant , certainement,  par bien des expériences  originales (dont celles culturelles avec ses « complices intimes, Kateb Yacine et M’hamed Issiakhem) , le chemin du combat commencé déjà durant la révolution armée à partir du village natal, Igihl Imoula, lieu de production et de publication de la Déclaration de Novembre: la libération économique, sociale  et politique du citoyen.

Par la suite, il s’investira dans l’humanitaire avec la Fondation « Tadjemaït » (qui continuera d’ailleurs l’œuvre du fondateur) sous l’appellation « Tagmats Ali Zamoum ».

 

 

 

L’Auteur : A tout seigneur tout honneur ! Ali Zamoum, décédé en septembre 2004,  est né le 29 octobre 1933 à Ighil Imoula (Tizi Ouzou)....Dès sa prime jeunesse, il se forme aux côtés de son frère aîné Mohamed Zamoum, Si Salah, futur commandant de la Wilaya 4 historique , tombé au champ d’honneur en juillet 1961.

Ali le moudjahid est fait prisonnier en février 1955...Condamné à mort à plusieurs reprises, il partagea la cellule de Ahmed Zabana la veille de son exécution. Libéré en 1962, il occupa plusieurs postes de responsabilité , dont celle de wali de Tizi Ouzou, avec toujours une grande volonté d’améliorer le sort des démunis, ce qui ne facilitera pas ses rapports avec le « pouvoir ». Très proche de Mohamed Said Mazouzi, l’autre juste, et grand ami de Kateb Yacine et de M’hamed Issiakhem. Auteur, en 1994 (Ed. Rahma)  d’un ouvrage qui avait connu un immense succès , « Tamurt Imazighen.....Mémoires d’un survivant »

Rabah Zamoum est son neveu, fils de Si Salah

Extraits « Quand on examine le fonctionnement des ministères, quand on observe les ministres eux-mêmes, les directeurs centraux, les cadres supérieurs du pays, la bureaucratie,.....nous constatons que pour eux et selon eux, tout est une réussite, ils sont forts, devenus les plus grands de tous.....Je ne vois pas pourquoi ils militeraient pour une politique qui remettrait en cause leur pouvoir » (Ali Zamoum, p 75), « L’Algérie a agi comme les pays du Golfe : payer pour tout avoir sans posséder le savoir » (Rabah Zamoum, p 232), « Pendant que des spécialistes étudient la confection de taille-crayons de plus en plus perfectionnés pour gagner des clients, d’autres spécialistes concurrents ont inventé des crayons qu’on ne taille pas. Les fabricants de mousse à raser s’ingénient à trouver le meilleur savon, les militants islamistes laissent fleurir leurs barbes. Certains cherchent à satisfaire un besoin, d’autres le suppriment, tout simplement «  (Ali Zamoun, p 248).

Avis : Un juste ? Un saint ? Un anti-héros ? Un naïf en politique ? Un hyper-réaliste ? En tout cas, un vrai , un grand « homme libre » ayant l’Algérie dans le sang...et dans la vie. Jusqu’à la mort !

Citations : « Combien d’hommes et de femmes d’affaires, de la culture, des arts et des sciences, ont obtenu telle ou telle distinction, privilège ou récompense, non pas par leurs mérites propres mais simplement pour avoir vanté les vertus surfaites de leurs maîtres. Au fil des années, ces comportements se sont généralisés dans le paysage politique algérien. Il est devenu coutumier d’appartenir pour obtenir » (Ali Zamoum, p 135), « Trente-six idées me viennent à la tête et comme trente-six choses ne peuvent être faites en même temps, je ferai alors la trente-septième....cest-à-dire que je vais m‘allonger sur mon lit et regarder bêtement la télé » (Ali Zamoum, p 237), « Le fait dêtre Kabyle ne signifie autre chose que celui d’habiter la Kabylie. Croire qu’être Kabyles signifie qu’ils sont meilleurs est une dangereuse erreur politique. On peut être un tyran à la tête d’une Djemâa d’un village » (Ali Zamoum, p 320)