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Etude et documents Amar Belkhodja- "Ahmed Boumendjel, avocat, journaliste et diplomate"

Date de création: 16-11-2017 17:49
Dernière mise à jour: 16-11-2017 17:49
Lu: 6 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ETUDE ET DOCUMENTS AMAR BELKHODJA- « AHMED BOUMENDJEL, AVOCAT , JOURNALISTE ET DIPLOMATE »

Ahmed  Boumendjel. Avocat, journaliste et diplomate . Etude historique de Amar Belkhodja. Anep Editions, Alger 2017, 950 dinars, 366 pages . Anep Editions, Alger 2017, 800 dinars, 214 pages .

 

Ahmed Boumendjel , dit « Boum ».....né le 22 avril 1908 est  l’aîné des sept enfants d’une famille originaire de Michelet (Béni Yenni / Grande –Kabylie) et frère de Ali, assassiné par l’armée coloniale durant la guerre de libération nationale ,le 23 mars 1954, à El Biar . Père instituteur ayant enseigné (Ahmed Francis fut l’un de ses élèves et Ahmed  a fréquenté l’école « indigène » de Relizane) à Relizane de 1912 à 1924.  Cours complémenbtaire dans la même ville.Normalien à Alger (1923-1926) , service militaire,  puis instituteur (comme son père) durant quatre années. Octobre 1932 : Paris , maître d’internat au collège Sainte Barbe  et Fac’ de droit. Président de l’AEMAF en 34-35. Participe au mouvement antifaciste et fréquente des milieux et cercles trotskystes (il a même rencontreé Léon Trotski) . Licence en droit en poche, installé à Alger (rue Vialar, à proximité de Ketchaoua) il devient avocat. 1938 : mariage avec Gilberte Charbonnier, une enseignante connue à Paris et qui le suivra à Alger (Elle deviendra Saâdia....et  lui donnera deux filles  dont Fadhila-Chitour devenue plus tard prof’de médecine-endocrinologie . Saâdia sera  enterrée après son décès à Sidi M’hamed aux côtés de son époux  .

 Il défend Messali Hadj en 1938....puis en 1941

Il adhère d’abord à l’Etoile nord-africaine (ENA.....qui deviendra le PPA). « Il rejoint Messali Hadj uniquement dans son discours iconoclaste pas dans les procédures, approuvant les envolées lyriques, sans les intéger dans sa démarche intellectuelle » (H. Mezali, 2011)

1940 : Conseiller municipal d’Alger.......et seul, il se prononce contre l’abrogation du décret Crémieux .

« Très fin, réputé pour son sens de l’humour, du dialogue et de la répartie, pétri de culture parisienne (..) il a toujours fait montre de sentiments nationalistes et indépendantistes profonds ». A partir de 45, il dirige avec Ferhat Abbas les AML (créée à partir d’avril 44 sur la base de la plate-forme politique appellée « Le Manifeste » rédigé en février 1943)  « Son affabilité, sa rondeur, son intelligence, qu’il dissimule sous sa forte corpulence, lui permettent de jouer auprès de Ferhat Abbas, dont il est très proche jusqu’à l’indépendance, un rôle très important » ( B. Stora et Z. Daoud, 1995) . Le reste de sa vie est fait de lutte quotidienne , au barreau et au niveau de l’Udma ainsi que  d’ activités journalistiques prolifiques à « Egalité » , parfois sous le pseudonyme de B. Mangel et Juba II alors que son épouse signait des articles du pseudo  de Juba III.... puis à « La République Algérienne  » (dont il deviendra le red’ chef , en juin 48, après la départ de Aziz Kessous) , deux titres de presse de l’Udma (fondée en octobre 46) .....et , à partir de 56, c’est la grande plongée dans le combat menée par le Fln/Aln .Il fera partie de la délégation négociant les Accords d’Evian. A l’indépendance , il deviendra ministre.....poste qu’il quittera en 1964. Fonctionnaire à l’Unitar (Genève) , il forme des cadres africains reprenant  , de temps en temps,sa profession d’avocat. Il décèdera le 19 novembre 1982. 72 ans à peine. Mais, mission accomplie d’intellectuel et de militant nationaliste !

 

L’Auteur : Ancien journaliste (El Moudjahid-quotidien). Ses ouvrages , nombreux , embrassent un spectre assez large de la littérature , pour la plupart ayant trait à l’histoire , aux souffrances et aux drames du pays , de  la région et d’une ville qu’il n’a jamais voulu quitter. Il y a aussi les études, les conférences...et des poèmes . Le titre de Dr Honoris Causa lui a été décerné , en 2017, par l’Université Ibn Khaldoun de Tiaret.

Extraits «  Le Manifeste du 10 février 1943 marque la rupture et le renoncement radical avec la « thèse mirage » de l’assimilation ou encore la notion si chère à Maurice Thorez selon laquelle la nation algérienne était une nation en formation. La messe est dite et tout le monde, du moins par ceux qui ont lu et approuvé le texte, fut invité à réciter la prière des morts devant la dépouille , inanimée et sans âme, d’une déesse déchue : l’assimilation » (p 61) , « Yacef Saâdi fut déçu lorsque les Américains avaient projeté « La Bataille d’Alger ». Certainement qu’il avait cru qu’on allait rendre honneur aux résistants algériens alors que le Pentagone voulait s’inspirer des méthodes que l’armée française avait employées pour vaincre le « terrorisme » (p148)

 Avis : Ouvrage bien documenté , utile.En annexes, des articles de Ahmed Boumendjel (De la conviction, de l’argument et du style...assez moderne . Et,  dignes de servir de modèle en enseignement du grand reportage, du commentaire et de l’analyse journalistiques)... et de Gilberte Charbonnier qui signait Juba III (dont trois sur le « dur destin de la femme Kabyle », pp 320-332)

 Citations : « Le mouvement nationaliste (Udma-Ppa- Mtld) a complètement éliminé la tare régionaliste. Le coup de grâce lui fut asséné pendant la guerre de libération » (p 83), « L’idéologie colonialiste, alimentée nécessairement par le sentiment racial, s’est toujours manifestée pour entretenir le clivage entre le colonisé et le colonisateur (.....) La communauté algérienne et la communauté européenne sont comme deux droites parallèles : elles ne se rencontrent jamais » (pp 91-92), «  Nous enregistrons de grands ratages dans l’histoire. Sans Messali Hadj en 1954 et sans Ferhat Abbas en 1962, il faut avouer que l’Algérie ne s’est guère acheminée dans le véritable sens de l’Histoire. La crise n’est pas encore terminée » (p 171), «  De Gaulle a beaucoup parlé. La nostalgie de Londres a fait de lui un incurable bavard » (Ahmed Boumendjel, in « Egalité », n° 91, 2 août 1947), « La France est sans doute le pays des révolutions, mais c’est surtout des révolutions trahies » (Ahmed Boumendjel, in « La République algérienne » , n° 192, 16 septembre 1949),