Nom d'utilisateur:
Mot de passe:

Se souvenir de moi

S'inscrire
Recherche:

Essai Rachid Sidi Boumedine-

Date de création: 15-11-2017 18:52
Dernière mise à jour: 15-11-2017 18:55
Lu: 5 fois


HABITAT- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI RACHID SIDI BOUMEDINE- «Â BETONVILLES CONTRE BIDONVILLES/ A ALGER »

 Bétonvilles contre bidonvilles. Cent ans de bidonvilles à Alger. Essai de Rachid Sidi Boumedine (préface de Jim House et postface (trois superbes articles) de Mustapha Benfodil, lui aussi, écrivain percutant ) . Apic Editions, Alger 2016, 1000 dinars, 314 pages.

Bidonville ! Un mot fourre-tout qui, au fil du temps, a pris une connotation si péjorative.....que les «Â solutions » proposées ou mises en œuvre ont, pour la plupart, échoué . Certains ont tenté  d’ «Â éradiquer », d’autres d’ «Â assainir »....A chacun son traitement .

Ainsi, on a eu certains de nos décideurs qui avaient obligé les habitants des «Â bidonvilles » à «Â rejoindre » (de force) leur douar d’origine ! Les terrains alors libérés de leurs «Â habitat(ion)s précaires » ont été très vite récupérés pour voir surgir des villas et immeubles  de luxe de la (nouvelle) nomenklatura de l’époque.

Ainsi, on a eu d’autres qui ont laissé faire, pour des raisons politiques et sociales (pour la plupart opportunistes et démagogiques)  , laissant ainsi s’installer tout un commerce  informel du logement sans oublier tous les maux et fléaux sociaux.

Ainsi, on a eu , à partir des années 2000, la lutte contre les habitats précaires ; et, la bidonvilisation des villes s’est accompagnée d’une «éradication » menée au pas de charge , accompagnée d’un vaste programme de relogement......aux résultats positifs pas toujours évidents. La question des bidonvilles (normalement relevant du Social si l’on s’en tient seulement aux thèses énoncées dans le Programme de Tripoli de juin 1962 et la Charte d’Alger de 1964) s’est trouvée restreinte à ses aspects «Â physiques » au sein de l’ urbain   . Selon l’auteur, «Â elle a été circonscrite aux limites administratives de la ville, et la mise en parenthèses, pour ne pas dire la négation et la stigmatisation des acteurs engagés dans la problématique du bidonville. Voilà qui a interdit la mise en évidence des enjeux et des rationalités, et a interdit par conséquence de traiter la question dans ses dimensions réelles ». 

Une conclusion dramatique : «Â Le capitalisme algérien aura ainsi réussi, sous une forme non dite, à faire en sorte, avec un autre standing certes mais avec le même résultat global, à reconstituer , à une autre échelle, à la fois la ville formelle («Â à l’européenne ») et une ville «Â arabe », où les habitants des bidonvilles habiteraient, encore une fois, les quartiers dévolus aux indigènes rassemblés » (p 266)

 

L’Auteur: Né en 1938, ayant grandi à Clos-Salembier (El Madania) .Etudes en sciences physiques et sociologie . Expérience de gestion d’installations industrielles .  S’orientant par la suite vers l’urbanisme et la sociologie urbaine . Au fameux Comedor (car il avait dessiné l’Alger du futur) dans les années 70 .Durant quarante ans, il a réalisé et dirigé de nombreuses études dans le domaine de l’urbanisme, l’aménagement , la protection de l’environnement et il a dirigé plusieurs organismes publics d’études, tout en étant enseignant et chercheur. Plusieurs publications et ouvrages spécialisés (dont Yaouled !Parcours d’un indigène, en 2012,  Alger 1955, essai d’une géographie sociale, Alger 2015...)

Extraits : «Â Il est important de faire la distinction entre le bidonville dans sa forme physique historique, en tant que révélateur du mode de fonctionnement de mécanismes sociaux (inégalitaires), et les constructions intellectuelles  ou idéologiques auxquelles il donne lieu, qui l’accompagnent et lui survivent même » (p21) , «Â Cela est devenu courant, au lieu «Â d’éradiquer le problème », on en «Â éradique la manifestation », à savoir les conséquences physiques les plus apparentees. Ceci explique aussi souvent pourquoi le bidonville se renouvelle dans ses formes ou ses localisations et ne disparaît pas, à ce jour » (p 66), «Â Comme souvent, en système clientéliste, le «Â Maire » protège le bidonville ou le groupement «Â d’habitat illicite » et sa communauté , et qui, à son tour , est susceptible de servir de réservoir électoral ou de fournisseur de «Â gros bras » dans les situations de «Â redressements » partisans, modes d’éviction des adversaires politiques, devenus courants tant au niveau national que local » (p 217)

Avis : Chargés de l’aménagement du territoire et de l’ éradication des «Â bidonvilles » et de l’ «Â  habitat précaire » , urbanistes et walis...... de tout le pays, lisez-le !La wali Zoukh n’en a pas besoin, mais sss chefs de daïras (qui ont accueilli les «Â relogés » des bidonvilles et des habitats précaires) si !

Citations :  «Â Ce n’est seulement que lors du rasage du bidonville que les pouvoirs publics encouragent sa médiatisation » ( Jim House, préface, p 10), «Â Focaliser sur la baraque est une manière de détourner le regard du processus de la misère en action ou de son maintien » (p 36)