Nom d'utilisateur:
Mot de passe:

Se souvenir de moi

S'inscrire
Recherche:

Récit Benjamin Stora et Zakya Daoud - "Ferhat Abbas...."

Date de création: 09-02-2019 20:50
Dernière mise à jour: 09-02-2019 20:50
Lu: 46 fois


VIE POLITIQUE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- RECIT BENJAMIN STORA ET ZAKYA DAOUD- « FERHAT ABBAS.... » (publiée in magazine LE CAP, n°31)

Ferhat Abbas, une autre Algérie.  Récit historique de Benjamin Stora et Zakya Daoud. Casbah Editions, Alger 1995  ( Paru chez Denoël- Paris en 1995) 429  pages, 660 dinars

 

Y a pas photo! Ce bonhomme là est un Monument de notre Histoire contemporaine. Une histoire qui, pourtant , a connu bien de héros: des guerriers, des bandits de grands chemins, des mystiques, des stratèges, des baroudeurs, des discoureurs, des emballés, des “têtes brûlées”…..mais rarement un héros aussi “éclaté” et ausi éclatant que Ferhat Abbas.

Eclaté parce qu’il s’est trouvé , hasard et nécessité de l’histoire conjugués, bataillant au dedans et au dehors, sorte d’Algérien nouveau avant l’heure , étrange produit de l’intrusion étrangère  dans un monde déjà riche en histoires.

Il a tout fait, tout essayé, tout sacrifié pour tout traverser: de l’idéalisme républicain dans sa jeunesse (avec l’Udma) à l’engagement révolutionnaire (mais toujours républicain) de la maturité à 57 ans  avec le FLN/ALN. D’habitude, c’est l’inverse que l’on voit . Et, toujours libre “politiquement” malgré les “surveillances” et les “piques” des “jeunes” …. Déroutant monsieur qui reste encore à découvrir.

Seul (ou presque  car , il  a eu la chance extraordinaire d’avoir une compagne et épouse extraordinaire), il eut le courage de ne pas participer à une réunion du CEE dès qu’il eut appris l’assassinat par les hommes de Boussouf (et en présence de celui-ci, il fallait le faire à l’époque!) , de Abane Ramdane…et , c’est ce dérapage monstrueux , découvert bien tard et qui n’a pas encore livré tous ses secrets, qui a poussé, sous la pression de Ferhat Abbas, à former un vrai gouvernement…et , donc, d’élargir la direction de la Révolution.

Ce qui, peut-être, ne lui fut pas , ne lui fut jamais, pardonné.

Face aux exaltés et aux fanatiques, il n’avait pas sa langue dans la poche : ne disait-il pas à Bentobbal et à Benaouda  “…vous finirez par  créer autant d’Algérie qu’il y a de colonels….”

Prémonitoire, il a prévu la fin des idéologies…et il a prédit que “..le régime (algérien)  fabriquera des robots, des opportunistes, des courtisans”

Engagé, il ne pouvait “vivre sans créer” et, ne pas servir sa patrie lui était insupportable. De ce fait, le vieux lion n’a pas raté sa sortie, fin 1985, à 86 ans, sa mort éclipsant le congrès du Fln qui interrompit ses travaux pour une minute de silence.

Une phrase à retenir : ” Assurer le pain du peuple est certes un objectif principal. Lui assurer cet autre pain qu’est la liberté de pensée et d’expression est également un bien précieux”.

 

. A lire. A relire même si on peut trouver à redire sur certaines étapes ou certains commentaires. L’esprit républicain et démocratique est une affaire de sensations mais aussi d’expériences. S’imprégner de l’esprit abbasien, aujourd’hui, c’est espérer de l’avenir.