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Essai Anne Roche- Textes et regards croisés

Date de création: 09-10-2017 19:21
Dernière mise à jour: 09-10-2017 19:21
Lu: 15 fois


CULTURE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI ANNE ROCHE- TEXTES ET REGARDS CROISES

Algérie. Textes et regards croisés. Essai de Anne Roche (préface de Afifa Bererhi). Casbah Editions, Alger 2017, 1 200 dinars, 388 pages.

Dans les années soixante, il était fréquent d’entendre pronostiquer un dépérissement à plus ou moins long terme de la littérature maghrébine d’expression française après les Indépendances..On a même vu de grands écrivains «abandonner » l’écriture en langue franaçise pour des considérations , en fait, bien plus idéologiques.  Et,  Dieu sait si  ces considérations, dans les années 60-88, ont constitué une véritable dictature qui a écarté, écrasé, vilipendé tout ce qui ne rentrait pas dans le moule nationaliste et socialiste que les humeurs changeantes des dirigeants ( chefs d’Etat, ministres, chefs de parti....chez nous il n’y en avait qu’un seul) de l’heure conjuguaient comme il leur plaisait.

En fin de compte , le pronostic ne s’est pas vérifié. D’où une nouvelle et subtile façon de discréditer cette littérature, malgré la richesse quantitative et qualitative Elle serait « sans avenir ».... .....résiduelle, trace d’une génération perdue qui encombre les éditeurs de son désarroi, « mais qui ne saurait tarder à laisser place à autre chose »

C’est tout cela qui a amené l’auteure à proposer non pas une « contre-anthologie », mais d’essayer de faire apparaître le travail d’écriture qui se fait en certains « lieux –dits » du Maghreb......tout en tentant de déplacer un certain nombre de questions qui, dans les termes où elles sont couramment posées, ne peuvent qu’être impasses .

Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun, Mohammed Dib, Kateb Yacine, Nabile Farès, Abdelwahab   Meddeb, Habib Tengour, Leila Merounae.....les écrivains Pieds-Noirs et les même les « nostalgériques ».....

 

 

L’Auteure : Anne Roche a évolué dans le cercle des militants anticolonialistes en aide au Fln dès sa prime adolescence,.  Elle est , aujourd’hui, professeure émerite à l’Université d’Aix-Marseille, spécialiste de littérature française et francophone  . Auteure de plus d’une vingtaine d’ouvrages  de théorie littéraire et de fiction (romans et théâtre).

Extraits : « Pour les écrivains de la première génération, la langue s’avère l’autre aire où se joue la bataille de la liberté , où l’on force par moult procédés l’accès à l’universel » (p 11), « J’ai tenu à le proposer (l’ouvrage) à une maison d’édition algérienne ; reconnaissance de dette  qui n’effacera certes pas le crime initial de 1830, mais qui tente de construire des passerelles entres les cultures, sans oblitérer la violence de l’histoire »  (p 19)

 Avis : A lire tranquillement pour bien s’imprégner d’une analyse très fine (trop spécialisée pour le grand public, d’autant que le livre n’est pas « donné ») de la littérature algérienne francophone ....d’une époque bel et bien révolue. En tout cas chez les nouvelles générations d’écrivains .

 Citations : « La langue d’écriture n’est  ni tout à fait la langue de l’Empire ni la langue de l’ancien colonisé » (Amos Tutuola, écrivain nigérien, p 31), «  Renoncer à la langue maternelle est un « geste matricide » (Julia Kristeva, bulgarophone d’origine) , une « désertion » (Hector Biancotti , d’origine piémontaise, né en Argentine, hispanophone d’origine), Kateb , et après lui bien des écrivains du Maghreb , comme Yamina Mechakra, ont dit la douleur de la mère qui ne comprend pas la langue que l’enfant apprend à l’école (....) . Mais cette séparation peut être aussi une libération » (p 43), « Les passages d’une langue à une l’autre, sont signes, non pas dépérissement radical de telle ou telle forme de littérature maghrébine, mais d’un début de reconnaissance du multiple » (p 63)