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Recueil de chroniques- Mes indépendances- Kamel Daoud

Date de création: 09-10-2017 19:03
Dernière mise à jour: 09-10-2017 19:03
Lu: 4 fois


COMMUNICATION- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- RECUEIL DE CHRONIQUES- MES INDEPENDANCES- KAMEL DAOUD

 Mes Indépendances. Chroniques 2010-2016 Recueil de chroniques de Kamel Daoud (préface de Sid Ali Semiane).  Editions Barzakh, Alger 2017, 1000 dinars, 468  pages .

 

183 textes choisis parmi plus de 2 000 écrits entre 2010 et 2016, dont 21 à peine parus dans d’autres  organes de presse que le Quotidien d’Oran (13 dans des sites internet d’information, 7 dans l’hebdomadaire français Le Point et 1 dans le quotidien américain The New York Times) , le premier et grand amour de l’écrivant.....devenu, peu à peu, au fil des productions quotidiennes, d’abord un chroniqueur de génie, puis un nouvelliste de talent et , enfin, un écrivain consacré. 

183 textes allant de plus long au plus court en passant par le moyen, mais tous chargés de signification(s).

Une chronique, malgré son écriture originale -  bien décrite par le préfacier, lui aussi, grand chroniqueur ayant « sévi » avec génie dans la presse  des années 90, - allie la critique, le commentaire,  l’humour, la dérision et est liée, presque toujours, à l’actualité, en tout cas à l’actualité la plus parlante au lecteur, tout particulièrement lorsqu’elle est quotidienne .

De plus, une chronique est assez liée à la qualité du support et de ses lecteurs. Ainsi, Le Quotidien d’Oran (et les journaux étrangers cités) ont des « clients »   qui « pensent » beaucoup plus qu’ils ne « pansent » (avec tout le respect dû aux lecteurs des autres titres). D’où, une démarche qui informe certes, qui ratisse large certes,  mais qui a pour objectif assumé d’éveiller et de réveiller, sans tomber dans l’article (ou le billet) polémique qui, lui, « descend en flammes » sans se soucier  des dégâts. « Faire prendre conscience » chez la première,  « dénoncer » chez le second.

Donc, 183 textes  écrits par «un « diagnosticien du présent » (une formule empruntée à Michel Foucault), qui, en plus de ses qualités de journaliste chercheur d’infos’ (nationales et internationales, culturelles, cultuelles, historiques, sportives, linguistiques, sociales , politiques ,économiques....) a un sens aiguisé de la formule, celle  qui frappe juste, même lorsqu’elle paraît irrespectueuse ....et ne cesse d’ « inventer », grâce à sa maîtrise de la langue, des phrases  toujours chargées de sens. 

Et, ce qui ne gâte rien, de temps en temps, bien que rarement, il nous offre quelques pépites sur ses « états d’âme ». Ainsi , le texte paru le lundi 28 novembre 2011 (L’Autre, p 132) , une sorte de confession intime. Mal de vivre ? Mal d’aimer (ou de ne pas l’être assez) ? Ainsi, le texte paru le dimanche 24 novembre 2013 (Le long du Sud :Les gens du Nord venus, p 254) , un véritable chant d’amour pour une grand région du pays qui a toujours su accueillir (et retenir bien souvent) la gens du Nord. Poète ou/et âme sensible  aussi, le Daoud !Un homme qui reste encore à découvrir.

L’Auteur : Kamel Daoud , né en 1970 est un enfant de Mostaganem  vivant à Oran. Journaliste au Quotidien d’Oran durant de très longues années, il est auteur, déjà, d’un recueil de nouvelles, La préface du nègre (2008),  ayant reçu le fameux Prix Mohammed Dib...et un roman éclatant, Meurseault, contre-enquête  qui a reçu de nombreux prix (Escales littéraires d’Alger en 2014, et en France , le Goncourt du premier roman, en 2015....), le consacrant internationalement en tant qu’écrivain et en tant que journaliste –chroniqueur.

Extraits «  J’ai accompli ce métier (de journaliste-choniqueur) comme on accomplit parfois la prière, mais tournée vers les miens et ma terre » (p 18), , « Durant les années 90, la chronique algérienne était jubilation face à la mort et l’ennui mais servait aussi de célébration......Les chroniqueurs algériens étaient célèbres, enviés , usés, insupportables et grandiloquents. Un peu les surréalistes du coin, haltérophiles de l’absurde national «  (p 15), « La chronique est (donc) un art majeur en Algérie, signant le retour féroce du journalisme d’opinion, un exercice de style et de sens, de trébuchements, d’accidents de langue et d’interrogations insistantes. Que j’ai voulu partager » (p 20)

Avis : Encore d’autres Prix en perspective ! Des chroniques de presse quotidiennes certes mais qui, mises bout à bout, sont un vrai essai philosophique  comme on en a raremnt vu dans notre pays. A  ne  rater sous aucun prétexte. Mais, attention, à déguster lentement ! Par ceux qui aiment ....comme par ceux qui détestent –ou ne l’aiment pas trop -K . Daoud.

Citations  ( Elles sont innombrables et nous n’avons pris que celles récoltées au niveau des textes de présentation !) : « Un pays qui échoue craint la réussite. La réussite est suspecte. Surtout quand elle est homologuée ailleurs » (Sid Ali Semiane, préface, p 10), « L’espace de la chronique est petit, il faut y développer la concentration du penalty. Le roman étant le match et ses 90 minutes, avec la foule bruyante. La chronique est un produit dérivé du souffle suspendu, ou coupé «  (p 17)....Il y a en tout de même une que je ne peux éviter de reprendre : « La liberté a un prix, sinon la vie est gratuite » (p 97)