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Essai Kamel Bouchama- "Kaid Ahmed, homme d'Etat"

Date de création: 01-02-2019 17:41
Dernière mise à jour: 01-02-2019 17:41
Lu: 46 fois


VIE POLITIQUE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI KAMEL BOUCHAMA- KAID AHMED, HOMME D’ETAT

Kaid Ahmed, homme d’Etat. Essai de Kamel Bouchama. Juba Editions, Alger 2011, 509  pages, 1 000 dinars

Tout démarre par le « coup de foudre » ,  d’un jeune militant du Fln bouleversé , sinon révolté par le « coup d’Etat du 19 juin 1965 », comme beaucoup d’autres jeunes à ce moment de notre Histoire politique (ce qui leur a valu la prison, la matraque, la torture pour beaucoup et la mort pour certains, tout simplement parce qu’ils étaient pour la légalité et contre la prise de pouvoir par la  force des baïonnettes  ) et d’un ancien combattant , la Commandant Slimane, Kaid Ahmed, faisant partie du Conseil de la Révolution et chargé par le « pouvoir révolutionnaire  » de reprendre en mains le Parti ( plus  unique que jamais ) et surtout ses «  organisations de masse », un peu trop rebelles (exemple  de l’Unea)  au changement opéré ,gagnées par une « désagréable léthargie et le renoncement »  (exemple de la Jfln) .

Premier meeting, premier « flash ». Au lieu d’avoir , en face , un « rustre », un « officier aussi cinglé que prétentieux »  , « un homme à blagues » à qui la « vox populi » et les perfides  prêtaient beaucoup de bêtises et galéjades, des mots  alors oubliés sont prononcés : « Combattre les disparités, l’ignorance, la misère, l’injustice, le laisser-aller et autres comportements qu’il faut bannir des pratiques de tous les jours ».  Au diable les préjugés ! L’encore jeune militant de la Jfln avait en face de lui « un responsable digne de ce nom, dans le sens du savoir et pouvoir prendre toutes les décisions qui s’imposainet dans des domaines qui nécessitaient son intervention, franche et concrète »…..Si Slimane. Ce fut le début d’un long parcours et d’une admiration sans bornes, décrite avec détails (parfois rendant assez difficile  la lecture de l’ouvrage mais en définitive très intéressants) pour un véritable «  homme d’Etat » au « cœur de lion » et à l’esprit vif  , un peu trop  peut-être  , trop en avance sur son temps ou trop décalé par rapport à ses compagnons de lutte (mis à part Ferhat Abbas, son maître politique originel)

Kaid Ahmed, ou  Commandant Slimane ou Slimane « Klata » (c’est tout dire sur son caractère libre et réfractaire à tout carcan organique qui bride la réflexion et les initiatives, n’hésitant pas à foncer dans le tas si besoin est ) ,  est né le 17 mars 1921 à Tagdempt , fils de petits propriétaires terriens, fils de chahid, bachelier puis instituteur, militant du Ppa puis de  l’Udma (il fut à l’origine, en 1949, de la création de la Jeunesse de l’Udma dont le 1er congrès eut lieu à Tiaret le 26 août 1953) , journaliste aussi,s’engageant immédiatement dans le combat armé (selon Ferhat Abbas lui-même, il était au courant des attentats dans la nuit du 1er Novembre ) ,opposant au régime de  Ben Bella , plusieurs fois ministre (Tourisme en 1963, poste dont il démissionnera, Finances et Plan en juillet 1965.. ), membre du Conseil de la Révolution,   responsable de l’Appareil du parti Fln en mars 1968 et jusqu’en décembre 1972 , opposant à Boumediène (malgré la forte amitié passée) …….décédé en exil à Rabat ,d’une « crise cardiaque » le 5 mars 1978….à l’âge de 56 ans. Une fin tragique ? Comme celle de son ami Ahmed Medghri le 10 décembre 1974 ! Son enterrement, à Tiaret, dans des conditions difficiles, a draîné des dizaines de milliers de personnes.Un enterrement digne d’un « Homme d’Etat », intellectuel incompris et jalousé de surcroît.

 

 

L’Auteur : Né en 1943 à Cherchell, des études au Caire et à Alger….ce qui fait de lui un parfait bilingue doté d’une vaste culture, animateur  de la Jfln  et un des plus jeunes responsables au sein du Fln, alors parti politique unique au pouvoir, ancien ministre de la Jeunesse et des sports (janvier 1984- décembre 1987), ancien Ambassadeur en Syrie (2001) , il  a,  depuis sa retraite, écrit un grand nombre d’ouvrages ; des essais et des romans ainsi qu’ une biographie de M-C Messadia qu’il a longtemps cotôyé.

 

Avis : Un livre d’Histoire ? Pas sûr. Mais ce qui est certain , c’est qu’il raconte une tranche d’histoire pas inutile à lire  pour comprendre toutes les autres et l’ensemble. En annexes, des photos, mais surtout un document à ne pas rater : le mémorandum adressé aux membres du Conseil de la Révolution juste avant la rupture

Citations : « Dans toutes les pages d’Histoire, il y a de belles choses, mais il y a aussi de moins belles….il faut les dire. Il faut s’assumer »  (p 24) , « Dans un pays où le pouvoir personnel joue un rôle, un parti politique n’a rien à dire » (Kaid Ahmed, p 77).