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Publicité en ligne- Abdou Semmar

Date de création: 08-10-2017 18:27
Dernière mise à jour: 08-10-2017 18:27
Lu: 16 fois


COMMUNICATION – ENQUETES ET REPORTAGES – PUBLICITE EN LIGNE- ABDOU SEMMAR..................................... ©Abdou Semmar- www. Algeriepart.com : dimanche 24 septembre 2017.......................................... Le développement du contenu en ligne local est au point mort en Algérie depuis des années. Alors que le taux de pénétration d’internet ne cesse de progresser, les producteurs de contenus sur internet souffrent le martyre pour monétiser leurs sites web et dégager les ressources nécessaires à leur développement.A qui la faute ? A un marché publicitaire en berne et peu développé ? Pas vraiment puisque de nombreux annonceurs algériens approchés et contactés par Algériepart jurent qu’il suivent à la lettre les stratégies établies par leurs agences de communication avec lesquelles ils sont liés par des contrats pour leur confier toute la gestion de leur image et visibilité sur les divers supports médiatiques algériens.............................................. 350 millions de dollars gérés sans aucune transparence............................... Officieusement, le marché publicitaire algérien est estimé à près de 350 millions de dollars par an. Ce chiffre n’englobe pas les budgets publicitaires de la majorité des entreprises publiques qui sont gérés dans une totale opacité au niveau de l’ANEP, une entreprise publique de communication et d’édition. Ce marché publicitaire est, certes, très déstructuré et la gestion de cette manne publicitaire demeure sombre car, en vérité, ce ne sont pas les supports médias qui en profitent le plus.Non, en Algérie, ce sont les agences publicitaires qui se sont enrichies avec cette manne publicitaire, instable en raison des fluctuations économiques du pays. Au cours de ces dernières années, ces agences ont pris un poids important et capital dans la redistribution de la manne publicitaire.Ces agences se partagent, en effet, les plus gros clients du marché. Une agence étrangère établie en Algérie comme BBDO gère les portefeuilles publicitaires de Renault, Danone, Pepsi, Huawei, Ooredoo et Henkel, pour ne citer que ses marques prestigieuses qui engrangent des milliards dans leurs secteurs d’activités. D’autres agences algériennes tentent de concurrencer BBDO et s’occupent de la gestion publicitaire de quelques grosses marques comme l’agence Allégorie qui détiennent, par exemple, dans son portefeuille l’opérateur Djezzy. Havas Algérie ont dans leurs girons Peugeot, les marques de bière Tango et Heineken. Full Media, une autre agence privée algérienne, essaie de se distinguer et traite essentiellement avec Brandt ou Mediterranean Float Glass (MFG), une autre filiale du groupe CEVITAL............................. Mais toutes ces agences algériennes ne font pas réellement le poids face à BBDO qui est devenue pratiquement la seule agence 100 % étrangère, filiale d’un groupe international, à opérer en Algérie. Et BBDO gère les budgets publicitaires des marques internationales les plus florissantes dans notre pays. Or, la distribution de la manne publicitaire de cette agence, estimée par nos sources à au moins 30 millions de dollars par an, suscite des interrogations. Et pour cause, aucune valeur ajoutée n’est apportée à l’annonceur par cette agence qui, pourtant, détient des références internationales. A BBDO, on se contente de placer les clients et les marques sur des supports médias. Selon diverses sources, aucun travail de recherches ou un accompagnement n’est proposé pour soutenir le contenu local algérien. Une marque comme Danone, qui a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires de plus de 140 millions d’euros, est quasiment absente sur le terrain de la communication et sponsorise très peu d’événements en faveur de la jeunesse algérienne et de la société civile. Exceptés quelques spots publicitaires diffusés sur quelques médias algériens, Danone est une marque très discrète qui ne réinvestit pratiquement rien de ses immenses bénéfices pour participer au développement du contenu algérien. Le même constat est à dresser pour toutes les autres marques liéees à l’agence BBDO. Cette dernière suscite, d’ailleurs, la controverse car elle utilise une autre agence appelée OMD pour réaliser ses opérations commerciales avec les médias algériens. Or, OMD n’a aucune existence légale sur les papiers en Algérie. Et les factures sont établis au nom de BBDO. Une situation étonnante qui soulève des soupçons. Cependant, une responsable de BBDO a bien voulu accepter de répondre aux questions d’Algériepart. Et face à toutes les anomalies constatées par nos investigations, elle assure que rien d’illégal n’est à déplorer. Au contraire, notre interlocutrice estime que “nous faisons très bien notre travail qui est basée sur des études scientifiques et empiriques”.................................... Facebook et Google : une sortie illégale de devises................................ “Si le contenu digital ne représente que 5 % des investissements publicitaires, c’est pour la simple raison que le taux de pénétration de la télévision est nettement plus élevé avec un taux avoisinant les 98 %”, argue-t-elle en reconnaissant, néanmoins, que des plateformes comme Google et Facebook occupent une place de choix dans les dépenses publicitaires de ses clients. Et pourtant, pour payer en devises ses publicités affichées sur ces plateformes internationales, les agences recourent à un mode de paiement qui est interdit par les dispositions de la Banque d’Algérie pour la simple et bonne raison qu’il est interdit à un opérateur économique algérien de payer une prestation de services à l’étranger et en devises sans une dérogation accordée par la Banque d’Algérie. “Facebook a les prix les moins chers et les offres les mieux adaptées. Les sites web algériens ne proposent pas le coût par clics ou affichage, ils louent des espaces publicitaires durant des périodes précises et à des prix chers”, regrette la même responsable de BBDO selon laquelle en dépit de cette offre commerciale qualifiée de contre-performante, “nous donnons toujours de la pub aux médias locaux pour soutenir le contenu local”. “Aucun centime n’est dépensé si nous n’avons pas justifié son placement auprès de l’annonceur. Nous réalisons à chaque fois des études pour expliquer à nos clients la gestion de leurs campagnes publicitaires”, certifie enfin la même responsable. Le législateur devra, en dernier, s’intéresser de près aux pratiques de nos agences publicitaires et à leur impact sur le contenu local algérien dont l’avenir constitue un enjeu politique et économique majeur. Faute de quoi, l’Algérie risque d’être condamnée de vivre sous la coupe des producteurs de contenus mondiaux et marques étrangères qui distillent leur idéologie en fonction de leurs intérêts financiers.