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Récit Zahir Ihaddaden - "Itinéraire d'un militant..."

Date de création: 28-01-2019 11:16
Dernière mise à jour: 28-01-2019 11:16
Lu: 58 fois


EDUCATION- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- RECIT ZAHIR IHADDADEN- « ITINERAIRE D’UN MILITANT.... »

Itinéraire d’un militant. Témoignage. Récit de Zahir Ihaddaden. Editions Dahleb , Alger 2017.  1 000 dinars, 255 pages.

Itinéraire d’un militant certes , mais aussi et surtout une galerie de portraits de (preque ) tous ceux qui, parents et alliés, femmes et hommes, amis et autres, ont fait la famille et  la tribu...puis l’armée (souvent anonyme) des combattants pour l’indépendace du pays....et, enfin , les Algériens aux commandes du pays

Des portraits et des moments accompagnés très souvent de descriptions de la vie quotidienne , celle de tous les jours,  avec ses bonheurs et ses malheurs, ses courages et  ses lâchetés, ses espoirs et ses déceptions

Une première partie est consacrée aux « ancêtres » , pour la plupart décédés mais que les « confidences »  de l’auteur font revivre , nous replongeant en même temps dans un monde que les jeunes d’aujourd’hui ne peuvent pas connaître......le monde de nos propres « histoires » familiales et/ou tribales. Le style n’y  « va pas  par quatre chemins ». Direct ! Je crois que sur les quelques centaines de livre lus, c’est le premier du genre.....un genre qui fait ressentir une forte émotion due à une empathie certaine. Car la morale de l’histoire est là, bien présente : certes on était « heureux »  au sein de sa communauté et de sa famille...mais le bonheur était bien triste  tant la vie était difficile (surtout pour les jeunes) sous l’insupportable  joug colonial.

La seconde partie est consacrée principalement au (long) parcours militant et professionnel  de l’auteur. Un fleuve pas tranquille du tout et ses descriptions des hommes et des situations sont plus que parlantes ; durant la guerre et après. Avec , heureusement , des satisfactions, entre autres la réussite universitaire soit en tant que chercheur ou en tant qu’enseignant.

Quelques révélations :Boumediène, militant au sein d’une cellule du Ppa à El Katania de Constantine (p 164) /  Abane Ramdane : « Il a été clair : la Révolution ne peut pas être l’œuvre des militants du Ppa uniquement. Elle doit reposer sur toutes les organisations et sur le peuple dans son ensemble » (p 175)/  Boussouf : « Je n’ai jamais eu avec lui une discussion prolongée. Mais il me semble qu’il était plein d’attention à l’égard des militants  » ( p 191)/ La mésentente entre Abane et Boussouf (p 193)/  L’assassinat de Abane Ramdane (p 211)/ L’adhésion au Prs, la création de l’ association Al Quiyam,  Malek Haddad, Kateb Yacine....le parti Al Oumma avec B. Benkhedda

Une déception : lors d’une visite rendue à Messali Hadj résidant à Bouzaréah..... « Un bel homme imposant..........Il ne mettait que sa personnalité en évidence....... J’avais l’impression d’avoir devant moi un marabout  »  (p 169)

 

L’Auteur :  Né en 1929 à Timzeghra, un faubourg de Sidi Aïch (Bejaia) , diplômé des médersa d’Algérie, licencié es-lettres  (Alger), Docteur d’Etat en Sciences politiques (Paris) , moudjahid , journaliste de « Résistance algérienne » puis d’ « El Moudjahid » (historique ), haut fonctionnaire au ministère de l’Information et de la Culture puis au ministère de l ’Enseignement supérieur, Directeur de l’Ecole nationale supérieure de journalisme (Alger), Professeur d’université  et chercheur spécialisé en histoire de la presse, auteur de plusieurs ouvrages en langue arabe et en langue française, éditeur........Décédé samedi 20 janvier 2018

Extraits : « Toudja , à la différence de Sidi Aïch et de Taher, est un village berbère très ancien, perché au pied d’une haute montagne, à côté d’une grande forêt et aux abords d’une source abondante. En réalité, c’était le paradis terrestre » (p 117), « Je suis timide, réservé et je ne m’exprime pas beaucoup. Par conséquent , je communique peu, ce qui est un défaut majeur en politique. Je n’ai donc aucun avenir dans ce domaine » (p 160), « Pendant la Révolution, quand on perd le contact, il est difficile de le retrouver. Le cloisonnement de l’organisation du Fln, la clandestinité, ne permettent pas de le retrouver facilement « (p 184)

Avis : Le parcours exceptionnel d’un homme d’exception regroupant engagement, militantisme, compétence , grande écoute (et curiosité intellectuelle) et humilité. Un contenu assez intimiste qui aurait captivé bien plus si le contenant (surtout la mise en page avec un format plus proche du « poche » et une police de  caractères moins « aérée » ) était plus attractif. Dommage !Certainement l’urgence ?

 Citations : «  Boussouf était frivole, impulsif, même agité, mais ferme et décidé. Il avait la main sur tous les services et avait instauré une discipline de fer. On le disait cruel et sans état d’âme. Il ne discutait pas beaucoup avec le militants » (p 11), « La crise de l’été 1962 a créé un vide idéologique effrayant. Les antagonismes ont fait oublier à tout le monde et surtout au pouvoir en place, l’appel du premier Novembre et la plate-forme de la Soummam. C’est l’exercice du pouvoir qui semble intéresser les dirigeants. Un vide idéologique s’est ainsi créé, laissant le champ libre à toutes les idéologies étrangères de s’installer .....Tout, sauf ce qui est authentiquement algérien» (p 225), « Le doute est la base de toute modestie » (p 230), « Le style de Kateb (Yacine) n’est pas agressif, mais son imagination lui donne une force de persuasion » (p 231)