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Economie algérienne 2016-ONs

Date de création: 02-09-2017 10:24
Dernière mise à jour: 02-09-2017 10:24
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ECONOMIE- ETUDES ET ANALYSES- ECONOMIE ALGERIENNE 2016- ONS L’économie algérienne est soumise à une conjoncture chargée d’incertitudes, mais arrive tout de même à contenir dans des limites plus ou moins acceptables le choc induit par la chute des cours du pétrole depuis trois ans maintenant. Et ce, en attendant la fin de cette année charnière pour laquelle des rapports de conjoncture, tel celui émanant de la Banque mondiale au printemps dernier, prédisent quelque fléchissement du rythme de croissance plutôt appréciable jusque-là. Un rythme de croissance appréciable jusque-là, tel que l’indique l’Office national des statistiques (ONS) dans son dernier bulletin (août 2017) consacré aux comptes économiques de 2011 à 2016. Ainsi, l’année dernière, le taux de croissance a été de 3,3% en 2016, soit pratiquement du même niveau que celui de l’année d’avant, avec un Produit intérieur brut (PIB) par habitant de 3 894 dollars en 2016. En valeur, le PIB est passé à 17 406,8 milliards de dinars en 2016 alors qu’il était de 16 702,1 milliards de dinars une année plus tôt. Des chiffres qui peuvent donner le sourire mais si on exclut les hydrocarbures, l’on se rend compte que les choses n’ont pas tellement changé dans la structure de l’économie algérienne. En effet, hors hydrocarbures, le taux de croissance du PIB a ralenti de 2,3% en 2016 par rapport à son rythme de 2015. Selon, les statistiques de l’ONS, le taux de croissance des activités hors hydrocarbures a constitué en 2016 «la plus faible performance enregistrée sur la période 2000-2016». En fait, notent les analystes de l’ONS, la tendance au ralentissement de la croissance hors hydrocarbures a débuté en 2014 après le pic absolu de production de l’année 2013 avec un taux de croissance de 7,3%. Hors hydrocarbures, donc, l’activité économique nationale n’a pas enregistré des performances extraordinaires. Le secteur agricole, par exemple, a affiché en 2016 une croissance de sa valeur ajoutée de 1,8% par rapport à celle de 2015, cette année-là qui avait réussi un bond de 6% comparé à 2014, ou encore les 2,5% de 2014 par rapport à 2013. «La timide performance du secteur de l’agriculture en 2016 est due principalement à la forte baisse enregistrée dans la production de céréales qui a connu une baisse en volume de 8,0% en 2016 après une croissance positive de 9,5% en 2015 par rapport à 2014», nous explique l’ONS pour ensuite souligner qu’en dehors de la production des céréales qui a été fortement affectée par des conditions climatiques et pluviométriques défavorables, il faudrait également retenir que, d’une manière générale et en dehors de la production agricole hors céréales, la production végétale et animale a été également affectée. C’est ainsi que la production végétale hors céréales a connu un taux de croissance de 2,7% en 2016 contre 6,4% en 2015 alors que la production animale s’est accrue de 1,7% en 2016 contre 5,6% en 2015. La part de l’industrie dans le PIB n’a pas de quoi susciter l’enthousiasme, loin s’en faut. La valeur ajoutée industrielle a été évaluée à 975,7 milliards de DA en 2016 contre 904,6 milliards de DA en 2015, soit une hausse nominale de 7,4%, nous apprend le document de l’ONS dont les statisticiens ont relevé un rétrécissement de la part dans l’économie algérienne du secteur industriel. En effet, en 2016, cette part dans le PIB n’a été que de 5,6%. «En volume, la croissance industrielle a été de l’ordre de 3,8% en 2016 contre 4,8% en 2015, soit une décélération du rythme de croissance consécutive aux faibles performances du secteur des industries sidérurgique, mécanique, métallique, chimique, électrique et électronique (ISMEE) : 1,1% en 2016 contre plus de 11% en 2015. Il faut relever le bon comportement des secteurs de l’énergie, des matériaux de construction, de la chimie et des industries agroalimentaires qui enregistrent des taux de croissance de leurs valeurs ajoutées de 4,4%, 6,2%, 3,7% et 5,6% respectivement. Relevons également que la croissance du secteur de l’énergie en 2016 est moins importante que celle de 2015 qui était de 6,8%», est-il noté dans le rapport de l’Office. Le secteur du bâtiment, des travaux publics et de l’hydraulique (BTPH) a connu un accroissement de 5,1% en 2016 par rapport à l’année qui la précédait. La résurrection du secteur a commencé en fait lors de l’exercice 2012 avec un taux d’accroissement de 8,6% par rapport à l’année 2011, lorsque le secteur avait connu un considérable ralentissement. Le secteur des services et travaux publics pétroliers qui avait, quant à lui, connu une faible croissance durant l’année 2013 avant de renouer avec la dynamique des bonnes performances en 2014 avec un taux de croissance de 3,6%, pour ensuite l’améliorer une année plus tard pour atteindre les 4% puis un acceptable 3% l’année dernière. «Globalement, estime-t-on à l’ONS, le secteur du BTPH y compris les services et travaux publics pétroliers en 2016 est sur la tendance déjà enregistrée en 2015, soit 5,0% de croissance en 2016 par rapport à 2015 contre 4,7% de croissance en 2015 par rapport à 2014». Une tendance à l’accroissement dans la part du PIB liée à la redynamisation dans le secteur des hydrocarbures qui, lui, après la période de doute et d’incertitude née du krach des cours en 2014, a repris de fort belle manière la voie de la croissance après le bon aperçu donné en 2015. Ceci, en prenant en compte la baisse des prix et des hydrocarbures et de la conjoncture que traverse le secteur à l’échelle mondiale. En 2016, le secteur des hydrocarbures a atteint l’inattendu taux de croissance en volume de 7,7% après avoir connu une timide reprise en 2015 d’à peine 0,2%. En 2016, selon des statistiques obtenues par l’ONS auprès du ministère de l’Energie, le secteur des hydrocarbures a enregistré une hausse en termes de production et une forte croissance dans l’exportation. Mais, comme le souligne l’ONS, ces statistiques sont relativisées en raison des cours internationaux, ce qui a induit des impacts négatifs sur le chiffre d’affaires et la valeur ajoutée en valeurs courantes. «En 2016, les exportations d’hydrocarbures ont enregistré une baisse moins importante qu’en 2015 par rapport à 2014. En effet, les exportations ont été évaluées à 27,847 milliards de dollars en 2016, 33,693 milliards de dollars en 2015 et 58,447 milliards de dollars en 2014 avec respectivement des taux de croissance de -17,4% en dollars courants et -42,3%». Il faut savoir, en effet, que le prix du pétrole brut algérien a perdu pratiquement 16 % en 2016 alors qu’en 2015 il n’était pas loin des 50 %. En volume et aux prix de l’année précédente, les exportations d’hydrocarbures augmentent de 8,3% en 2016 par rapport à 2015. Une conjoncture difficile qui n’a pas empêché tout de même les hydrocarbures de porter à bout de bras l’économie algérienne. Une économie dont certains rapports, comme celui de la Banque mondiale, prévoient un ralentissement en 2017 sous l’effet de rééquilibrage des finances publiques, et cela n’est pas propre à notre pays, toute la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord s’en trouve concernée.