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Roman- Les vigiles - Tahar Djaout

Date de création: 11-07-2017 09:37
Dernière mise à jour: 11-07-2017 09:37
Lu: 3 fois


VIE POLITIQUE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN- LES VIGILES – TAHAR DJAOUT Les Vigiles. Roman de Tahar Djaout. Quipos Editions, Alger 2014 (Editions du Seuil Paris 1991 et Points Editions Paris 1995), 900 dinars, 223 pages Trois personnages, un lieu, un thème, une intrigue (ou, plutôt, un complot) et, à la fin une morale civilo-politique assez vite récupérée idéologiquement par la Révolution. Côté cour, dans une toute petite ville perdue dans la campagne mais assez proche de la toute grande et puissante capitale, deux anciens combattants, toujours sur le qui-vive, continuent leur combat, se croyant toujours dans on ne sait quel maquis , voulant à tout prix « protéger » le pays de toute tentation de détournements des objectifs de la Révolution de Novembre. Côté jardin, un jeune chercheur quelque peu contestataire - juste ce qu’il faut pour ne pas tomber dans les multiples pièges tendus par l’ordre établi- tentant, dans la discrétion et œuvrant surtout la nuit (voilà qui est louche !), de mettre en plan une nouvelle machine à tisser sur la base de ce que ses ancêtres utilisaient. Les « vigiles » , n’ayant plus à rien à faire, sont là, à surveiller les allées et venues, rapportant tout aux « Autorités » (d’autres super-vigiles plus proches encore de la Capitale).....et élaborant un véritable « complot » pour punir le « contrevenant » , de plus un « étranger »....venu de la grande ville. Quatre parties aux textes dignes d’être étudiés au niveau des grandes Ecoles sectorielles : - Une discussion entre « intellectuels ».....Dans un lieu de « contestaion » underground , un bistrot enfumé et bruyant de la Capitale avec ses propos et ses interrogations assez snobinards (pp 74-75) -La faim, la soif qui poussent, hélas, à l’asservissement et à l’idolâtrie des dictateurs, avec l’acceptation d ‘un ordre des vainqueurs et d’un ordre des vaincus (pp 119-122) -Un interrogatoire de police (imaginé, bien sûr !) avec ses multiples questions allant de la plus grave à la plus ridicule (pp 128-129) -Les tracasseries bureaucratiques (aujourd’hui n’ayant plus cours, heureusement !) au Port d’Alger (pp 141-146) Huereusement la presse (non, pas la presse, plutôt un journaliste) est là.....L’Appareil central réagit et le complot local se transforme assez vite en récompense du chercheur. L’Auteur : Poète, romancier, journaliste. Né en 1954 à Ihil Ibahriyen (Oulkhou) près d’Azzefoune. Une multitude d’écrits journalistiques et des œuvres littéraires (dont Les chercheurs d’os). Décédé le 2 juin 1993, suite à des blessures , victime à la sortie de son domicile (Alger) d’un attentat terroriste islamiste. Extraits : « Il s’était demandé un jour, (....) pourquoi les femelles, elles , ne quittaient pas les hommes stériles. Sans doute parce que, avait-il conclu, les enfants n’étaient jamais perçus comme une descendance de femme, mais seulement comme une descendance d’homme. La femme n’a pas de postérité » (p 17), « La fringale de béton n’est satisfaite que pour quelques années : une denture de ferraille se dresse toujours sur la terrasse, en prévison de l’étage supplémentaire que l’on songe à élever » (p 47), « Ce qui est effrayant chez cette nouvelle génération de dévôts zélés, c’est sa négation même de toute joie, c’est son refus de toute opinion différente , son rêve de soumettre le monde aux rigueurs d’un dogme inflexible « (p 71) Avis : Un livre –clé de la nouvelle littérature nationale, celle des années 90 (adapté au cinéma). Thèmes toujours d’actualité, hélas, dans d’autres habillages. De la critique politique d’abord et sociale ensuite, fortement mais clairemnt annoncée. Et, que d’humour ! Citations : « Notre religion ne s’accommode pas , hélas, de la gaieté dispensée par les essences des fruits fermentés. Nous avons quelques bons siècles de gaieté gaspillée à rattraper » (p 32), « Le rêve de culture et d’élévation du pays s’est englué dans une immense bouffe, s’est noyé dans une kermesse stomacale. Un pays en forme de bouche vorace et de boyau interminable , sans horizon et sans rêves » (p 104), « Ici, la pierre , le foin et les bêtes sont proches ;il suffit de gratter une mince couche pour les voir et les respirer. La seule richesse de la ville est sa lumière qui crépite comme de la chaux vive » (p 142), « La femme ne procrée pas pour la tendresse ou pour le plaisir d’être mère. Elle procrée non pour se perpétuer mais pour perpétuer l’homme qui l’asservit » (p 214)