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Ibn Khaldoun

Date de création: 30-05-2017 16:39
Dernière mise à jour: 30-05-2017 16:39
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CULTURE- PERSONNALITES- IBN KHALDOUN Ibn Khaldoun est issu d’une famille andalouse, originaire de Séville, qui s’est repliée sur Tunis. C’est là qu’il naît le 27 mai 1332, dans un lignage de savants et de hauts fonctionnaires sur plusieurs générations. Il a quinze ans quand le sultan mérinide Abu l-Hassan s’empare de Tunis : c’est l’occasion pour Abderrahman de fréquenter les grands savants de l’entourage du souverain marocain, notamment al-Abili. Il perd ses parents et nombre de maîtres lors de la peste noire de 1348-1349. A vingt ans, il s’enfuit de Tunis pour aller rejoindre à Fès la cour des mérinides. Il y reçoit un emploi, peut fréquenter ses maîtres, mais à vingt-cinq ans, il est soupçonné de complot et jeté en prison : il en sort après 21 mois, à la mort du roi, il intrigue pour l’accession au trône du successeur. Celui-ci l’admet comme secrétaire personnel, avant qu’il ne tombe en disgrâce, dans une fonction de juge. Par la suite, brouillé avec le vizir, il est autorisé à se rendre à la cour de Grenade où il est bien accueilli par le roi et son ministre. Ensuite, pour ne pas susciter la jalousie de ce dernier, il quitte l’Andalousie pour Bijaya, il se réfugie dans les tribus arabes, passe chez les Abdelwadides de Tlemcen, avant de se retrouver entre les mains des Mérinides de Fès. Ces quelques indications, dont on trouvera le détail dans l’ouvrage, suffisent à montrer ce que fut sa vie : dans un climat politique fait de guerres, de rivalités entre les principaux royaumes du Maghreb (Tunis, Tlemcen, Fès) et d’Andalousie (Grenade), d’intrigues pour le pouvoir dans toute la société, cet homme qui est certainement un juriste intègre et un politicien très avisé, se voit constamment sollicité d’occuper de hautes charges, pour être assez vite soupçonné de trahir, sans doute du fait des relations qu’il entretient partout et de sa parfaite connaissance du milieu citadin et tribal. Dans son autobiographie, qui paraît souvent aussi comme une autojustification, il mentionne tous ces faits en les attribuant à la paranoïa des souverains et à jalousie des puissants (jalousie que sa forte personnalité devait susciter), mais on soupçonne que ces accusations n’ont pas peut-être pas toujours été dénuées de fondement. Sans doute a-t-il estimé qu’aucun pouvoir établi ne méritait le risque de sa vie, la seule légitimité reconnue étant celle d’un souverain qui garantit la paix et l’exercice du droit. C’était en réalité rarement le cas, et il est triste de le voir obligé d’assurer sa survie d’homme et de savant au prix de ces panégyriques ampoulés adressés à des personnages peu recommandables. Pendant trois ans et dix mois (1375-1378) à la suite de déboires divers, il se retire près de Frenda en Algérie, à Qal’at Ibn Salâma, et il peut y rédiger la Muqaddima et une partie du Kitâb al-‘Ibar. En 1378, il retourne à Tunis d’où, après quatre années d’honneurs, d’intrigues et de persécutions, il quitte définitivement le Maghreb pour le Caire en 1382, sous prétexte de faire le pèlerinage. Il quitte le Maghreb, mais pas les intrigues. Reçu avec honneur en Egypte, il y dispense un enseignement juridique, il est nommé grand cadi malikite du Caire, et à cette charge comme à d’autres qui lui seront attribuées, il est à de nombreuses reprises destitué, puis renommé, au gré des aléas politiques et des manœuvres de rivaux utilisant diffamation et corruption. Il dit lui-même que la façon rigoureuse dont il applique la loi lui valut de nombreuses inimitiés. Le grand événement de la fin de sa vie sera sa rencontre avec Tamerlan à Damas en 1401. Venu assiéger la ville, le conquérant s’enquiert de lui, le reçoit avec honneur et lui demande oralement et par écrit une information sur le Maghreb. La ville sera ravagée par la suite, Tamerlan se retire, mais Ibn Khaldoun peut revenir au Caire où il sera encore nommé et révoqué comme cadi malikite quatre fois, jusqu’à sa mort en mars 1406. De son personnage, A.Cheddadi remarque qu’il a passé en réalité moins de dix ans (sur cinquante-quatre de vie publique) dans l’exercice de fonctions officielles, mais il était fasciné par le pouvoir : « Il était incapable de concevoir sa vie autrement que dans les hautes sphères du pouvoir. L’alternative pour lui était simple : une vie de cour dans la proximité des rois, ou une vie de retraite, consacrée à la science (p.XX).» © Gilbert Grandguillaume, La Quinzaine littéraire, N°847, 1-15 fév. 2003, p.19-20