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Information scientifique- Production/Diffusion

Date de création: 08-05-2017 16:56
Dernière mise à jour: 08-05-2017 16:56
Lu: 17 fois


SCIENCES- ETUDES ET ANALYSES- INFORMATION SCIENTIFIQUE- PRODUCTION/DIFFUSION Par AHCENE-DJABALLAH Belkacem, Pr associé à l’ENSJSI d’Alger-Ben Aknoun L’Information scientifique va-t-elle bien ou mal ,en Algérie ? On ne sait pas au juste , entre les déclarations officielles toujours optimistes et les observations de terrain toujours meublées de scepticisme , sinon de pessimisme. Le dernier classement international Webometrics (2017) , concernant les sites des web des centres de recherche scientifique, ne laisse place à aucun doute sur la faiblesse (en tout cas de leur visibilité) des centres de recherche algériens , producteurs essentiels et normalement diffuseurs des résultats des réflexions et des résultats . Ainsi, de la 201ème place mondiale (sur 7 353 centres) , 2ème en Afrique et 1ère dans le monde arabe dans l’édition 2016 du Webometrics, le CERIST – phare ou balise de la recherche scientifique en Algérie - chute gravement dans le classement 2017. Il a été relégué au 2 384 ème rang mondial (sur 7 953 centres) , 25 ème en Afrique et 10ème dans le monde arabe, dans l’édition 2017 du classement des sites web des centres de recherche scientifique. Certains parmi les organismes algériens de recherche scientifique comme le CDTA, le CRAAG et le CREAD, ont gagné des places. D’autres, déjà mal classés, en ont beaucoup perdu. Contrairement aux universités algériennes, les sites web des centres de recherches avaient une meilleure visibilité dans le classement Webometrics qui évalue la présence et l'influence des sites web des établissements de l’enseignement supérieur et des organismes de recherche scientifique. Si cela était valable dans les éditions 2015 et 2016 du Webometrics, cela ne semble plus être le cas. La dégringolade est manifeste dans l’édition 2017 du classement Webometrics pour l’ensemble des centres de recherches algériens.. Les classements webometrics des établissements universitaires et scientifiques (universités et centres de recherche) se basent essentiellement sur le contenu diffusé sur les sites web de ces organismes. Texte d’une intervention lors d’une journée d‘étude sur l’information, la communication et la vulgarisation scientifique (questions de méthodes et cas pratiques de campagnes) , organisée à l’Ensjsi/et le Laboratoire Musc, le lundi 10 avril 2017 Tout d’abord, quelques définitions, pour bien situer le cadre de mon intervention plus d’observateur du champ médiatique national que de chercheur spécialisé . Deux définitions qui se complètent : -Celle d’Abrahams Moles, un extrait de son ouvrage « Sociodynamique de la culture » , Paris 1967 : « La science, içi et maintenant, c’est l’édifice redoutable des traités et des cours, c’est l’ensemble des traces écrites de la connaissance. C’est l’œuvre sémantique et, plus prosaïquement, c’est d’abord du papier imprimé ». Il n’avait pas alors prévu le développement rapide d’internet. D’où par extension, on peut parler, avec lui, de papier imprimé ainsi que de textes diffusés électroniquement -Celle d’Albert Einstein datant de 1948 : « Il est très important de donner au public l’occasion de réaliser de façon consciente et intelligible les efforts et les résultats de la recherche scientifique. Il ne suffit pas que chaque résultat soit relevé, élaboré et appliqué par quelques spécialistes en la matière. Limiter l’essentiel du savoir à un petit groupe, c’est étouffer l’âme philosophique du peuple et le conduire à la pauvreté intellectuelle » A travers ces deux citations ou extraits, c’est toute la problématique qui est posée : Il ne sert grandement à rien si les investissements et, surtout, les résultats en matière de recherche (et de progrès) scientifique nationale, ne sont pas immédiatement ou rapidement et quasi-complètement diffusés auprès des publics spécialisés d’abord et auprès du grand public ensuite (en des formes, bien sûr , adaptées), soit pour un cumul et/ou un accroissement des connaissances générales, soit pour être exploités et rentabilisés Là est donc le nœud de notre problématique. Il existe un grand, un large et un immense décalage ou hiatus entre ce qui se fait, ce qui conçoit , ce qui s’obtient comme résultats dans le domaine de la recherche ET ce qui se réalise dans le domaine de la communication On va donc aborder très brièvement 1/ L’état des lieux 2/Les causes 3/Les propositions ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- L’état des lieux : Il y a , en principe, deux (2) niveaux de diffusion . Une diffusion au niveau universitaire et scientifique à travers des publications (papier et/ou numériques) hautement spécialisées produites par les centres de recherche, les laboratoires , les unités d’enseignement....ou par des maisons d’édition créées pour ce faire (ex : Opu, Cerist...) Toutes ces publications ont, en principe, des publics spécialisés et premiers concernés ou ,au minimum, hautement intéressés par la chose scientifique :cadres, enseignants, étudiants, chercheurs nationaux et étrangers....Une certaine élite , intellectuellement parlant ! Depuis plus d’une décennie, nous avons l’utilisation de sites web (je ne parle pas des blogs qui ont une autre signification, plus individuelle) qui accompganent ou précèdent le document papier. . Au niveau du grand et large public, il y a une diffusion par le biais de publications généralistes et/ou de vulgarisation (papier et/ou numérique) HELAS, il y a , en Algérie, peu de publications hautement spécialisées, même si on note des frémissements depuis un certain temps...... « boostées » par une réaction d’orgueil face aux mauvais classements internationaux publiés ça et là, ainsi que par la nécessité d’avoir des publications (papier) éditant les doctorants......obligés un certain temps (et encore aujourd’hui) à quémander des publications étrangères, parfois contre paiement Au final , nous avons encore un nombre encore insuffisant de publications et de sites scientifiques spécialisés....et même si ils existaient, la qualité de l’impression reste assez médiocre, trop austère, peu attractive, bourrée de fautes (français, arabe ou anglais)....tout cela suivi d’un tirage restreint et d’une diffusion incertaine, sinon confidentielle. HEUREUSEMENT, POUR L’INSTANT, pour compenser le vide (relatif), il y a un média de substitution.......la presse écrite généraliste ou spécialisée. Tout ceci particulièrement pour ce qui concerne l’expression et la mise à la disposition du public, soit des résultats de recherche (pour beaucoup d’entre- eux confinés aux sciences humaines et sociales, et souvent médicales) , soit des réflexions . Ainsi c’est ,globalement, le seul pays au monde (peut-être me trompe-je ?) où l’on voit des quotidiens à grande diffusion publier des études scientifiques ou para -scientifiques signées de personnalités universitaires connues. D’un côté, cela a fait et fait encore l’ « affaire » des journaux qui ont, ainsi, de la matière de haut niveau gratuitement et des signatures connues......et cela fait l’ « affaire » de scientifiques qui trouvent à leur disposition, gratuitement et rapidement, des espaces d’expression touchant un large public (dont celui des spécialistes) DE là, de cette diffusion populariste issue du vide, est née une déviation dangereuse : la réflexion scientifique s’en est trouvée BANALISEE et DECREDIBILISEE puisque beaucoup de charlatans, sous couvert de scientificité, se sont « infiltrés » dans le processus de la communication et ont même imposé des démarches a- scientifiques (exemples des dernières affaires du Rhb et des vaccins contre la rougeole ) --------------------------------------------------------------------------------------------------------- Les causes ? En tout cas, celles que je crois importantes : 1/ L’absence , jusqu’il y a peu, de formation en journalisme scientifique, accueillant des scientifiques déjà formés et qui complèteraient leurs connaissances par une formation en journalisme et en communication dans le but d’être versés, pour certains, dans la vulgarisation scientifique au niveau de la presse grand public généraliste ou spécialisée, soit au niveau des unités de recherche et des centres universitaires afin d’aider à la production de publications (et de sites web) dans des « emballages » attractifs , en tenant compte de tout ce qui est imposée par l’Economie moderne des médias 2/ L’absence d’une stratégie de communication multimédias sectorielle propre , entre autres, à la recherche scientifique et l’éparpillement certain des initiatives existantes ; initiatives qui ne manquent pas ces dernières années 3 / L’absence de coordination intra- et inter-sectorielle ---------------------------------------------------------------------------------------- Quelques propositions : 1/ Renforcer (ou encourager) les initiatives de formation en communication et journalisme scientifique tant au niveau de l’ENSJSI qu’au niveau des universités à travers le pays : Formation de journalistes avec, peut-être, un rôle moteur surtout dans le processus de vulgarisation , de recherche et de production des actions de vulgarisateurs, d’animateurs, de médiateurs...c’est-à-dire commencer par le haut de la pyramide , puis descendre doucement mais sûrement) 2/ Mettre en place des cellules de communication au niveau de chaque université et leur attribuer des missions de coordination et de conseils (et, pourquoi pas, de suivi de tout ce qui se réalise déjà ou pourrait se réaliser en matière de communication et d’information scientifiques, tout particulièrement les sites et les revues, dans leur rédaction , impression et diffusion.....) 3/ Soit élargir les compétences de l’OPU en matière de publications scientifiques (hors ouvrages) , c’est-à-dire les revues, les polycopes, les thèses , les mémoires ......ou, alors, créer un office chargé (un passage devenant obligé) de la production et de la diffusion des publications scientifiques. 4/ Enfin, et c’est assez important à mon avis, car c’est un véritable écueil ou barrage bureaucratique et financier qui dure depuis bien longtemps, trop longtemps, tellement longtemps qu’on s’y est habitué comme si cela était normal. Il s’agit de promouvoir une autre réglementation permettant aux Universités, aux Unités de recherche , aux Laboratoires, d’avoir la possibilité de dépenser et de faire des recettes dans le domaine des publications ainsi que l’organisation de journées d’étude , colloques et autres séminaires. Ceci dans le seul but d’avoir des recettes qui permettront un production éditoriale scientifique et la continuation des actions .Bien sûr dans un cadre de cahier des charges et de contrôles. A-D B (ahdjab@gmail.com)