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Roman- Nedjma/Kateb Yacine

Date de création: 06-02-2017 06:58
Dernière mise à jour: 06-02-2017 06:58
Lu: 13 fois


SOCIETE- BIBLIOTHEQUE D’AL MANACH- ROMAN- NEDJMA/KATEB YACINE

Nedjma. Roman de Kateb Yacine. Editions du Seuil, Paris 1956, puis avril 1996 (avec une préface de Gilles Carpentier) , 275  pages, 980 dinars

De Constantine à Bône, de Bône à Constantine, avec un détour par Sétif.....voyage une femme, Nedjma (fascinante « métisse » bel et bien née en Algérie, fille de la tribu par un père qu’elle ne connaît pas et fille d’une étrangère, née de l’adultère et du crime.... ).....et nos  héros avec, la suivant, la poursuivant, la devançant, l’attendant, l’espérant....et elle, insaisissable, s’offrant, échappant.... Ils sont quatre jeunes hommes à la courtiser  (Lakhdar, Mourad, Mustapha et Rachid) , descendants de tribus berbères, dont celle des Keblout (la tribu de l’auteur) , totalement dépossédée puis décimée par la violence coloniale. Ils  errent à travers le pays (nord-est), servant comme manœuvres sur des chantiers .....

Le dur labeur, le mauvais vin , la haschich, les femmes « faciles », les insultes racistes, le chômage, les marchands de sommeil, la prison et les coups.... .dans une patrie occupée, détournée et violée et pas tendre pour ses propres enfants . Une Algérie tragique .Une Algérie déjà (nous sommes en 1956) en guerre !

 

 

L’Auteur : Il n’est plus à présenter. Né à Constantine en 1929 . Poète, romancier, journaliste, homme de théâtre, militant politique (il a participé aux grandes manifestations de Sétif en mai 1945 alors qu’il n’avait que 16 ans, encore lycéen...emprisonné durant quatre mois  ). Grand voyageur .  Grand défenseur de l’amazighité  et de l’utilisation de l’arabe algérien .  Auteur de plusieurs ouvrages et détenteur plusieurs Prix et Distinctions . Décédé en 1989 à l’âge de 60 ans.... à peine.

Extraits : «  Oui, oui, je vous comprends, j’approuve votre présence à la mosquée ;on ne peut pas rêver avec les mégères et les gosses, on ne peut pas être sublime au domicile conjugal, on a besoin de se prosterner avec des inconnus, de se subtiliser dans la solitude collective du temple ; mais vous commencez par la fin ; à peine savez-vous marcher qu’on vous retrouve agenouillés ; ni enfance ni adolescence : tout de suite, c’est le mariage, c’est la caserne, c’est le sermon à la mosquée, c’est le garage de la mort lente » (p 83) , « Les Bônois ont le vin mauvais ; ils ont le coup de tête empoisonné, mais leur football est en décadence ;ils sont plein de contradictions !Ils trichent aux cartes , et pleurent au cinéma. C’est l’influence raffinée de la Tunisie qui est cause de tout cela.. »(p 87), « Ecrasante de près comme de loin, Constantine.....cité d’attente et de menace, toujours tentée par la décadence, secouée de transes millénaires, lieu de résistance et de discorde ouvert aux quatre vents par où la terre tremble et se présente le conquérant et s’éternise la résistance » (p 164), « Deux villes me sont chères : la ville où je suis né.......Et la ville où j‘ai perdu la sommeil .....Le même destin aura voulu que les deux villes aient leurs ruines près d’elles » (pp 185-186)

Avis : Sans commentaire. Surtout ne pas se décourager face au style katébien, à nul autre pareil.....pas facile à suivre, très difficile à imiter. « Un texte fondamental de la littérature algérienne de langue française » dixit Tahar Djaout. Un français des « plus purs »

Citations « Le recueillement et la sagesse, c’est bon pour les braves, ayant déjà livré combat » (p 82), « N’y a-t-il que le crime pour assassiner l’injustice ? » (p 91), « L’enterrement des vérités est la cause des calamités » (p 132), « Il est des cités comme des femmes fatales, les veuves polyandres dont le nom s’est perdu » (p 196)