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Essai- Amar Ouzegane, le révolutionnaire heureux/Mohamed Said

Date de création: 06-02-2017 06:53
Dernière mise à jour: 06-02-2017 06:53
Lu: 11 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’AL MANACH- ESSAI- AMAR OUZEGANE,LE REVOLUTIONNAIRE HEUREUX/MOHAMED SAID

Amar Ouzegane. Le révolutionnaire heureux. Recueil d’articles, préfacé par  Mohamed Said. Editions Alem El Afkar, Alger 2016, 231 pages, 530 dinars.

L’auteur n’y va pas par quatre chemins. Dès sa préface, il raconte qu’encore adolescent, lorsqu’il entendait parler, dans le milieu familial,  de Amar Ouzegane, le nom était accompagné d’épithètes pas toujours sympathiques pour l’époque : Communiste, athée, mécréant......C’était avant la guerre de libération. Plus tard, il apprendra, « incidemment », son engagement dans les rangs de la Révolution armée.....

Un homme mal compris, donc mal jugé ? aujourd’hui encore (de toutes façons, c’est une manie bien de chez nous !) ....par des gens  qui restent agrippés à des périodes de vie spécifiques imposant bien souvent certains engagements. Amar Ouezgane, né en 1910 (et décédé à Alger en mars 1981) , et dont le grand-père paternel est mort les armes à la main aux côtés de Hadj Mohamed Mokrani, est un des rares Algériens  ayant eu, alors, la chance de fréquenter l’école coloniale et d’achever le cycle primaire (ce qui était , pour l’époque une prouesse tant les difficultés étaient nombreuses). Il  s’était engagé assez tôt dans le combat politique . Porteur de télégrammes à 13 ans, à 16 ans, il était déjà secrétaire des Jeunesses syndicalistes des Ptt, puis membre des Jeunesses  Communistes....fondant même un journal, « L’œil des Ptt » qui se vendait clandestinement. L’époque où l’Emir Kahled est exilé, sans retour, en Orient et où le Parti communiste (Pcf) « dénonçait tous les réformistes, qu’ils fussent musulmans ou européens, qui ne soutenaient pas la cause de l’indépendance » (M. Kadache, 2003) . A partir de 1946, son franc-parler, ses désaccords avec les dirigeants communistes français et les Algériens « béni-oui-oui », ainsi que son attachement à la religion et sa défense de l’Islam (« sa mère était membre d’une société secrète maraboutique  »)  l’amenèrent peu à peu à se retirer des responsabilités politiques....et à rejoindre,  quelques années plus tard , la rédaction du « Jeune Musulman » (organe des jeunes de l’Association des Oulémas musulmans d’Algérie) fondé alors par le jeune Ahmed Taleb Ibrahimi. Ce sont donc ses  chroniques, études   et articles qui sont présentés ....dont le contenu nous montre un « nationaliste authentique » (Gilbert Meynier).

Une révélation (p 151. Extrait d’un long article sur « Abdelkader, le Chevalier de la foi », 30 janvier 1953) ) : « Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, son épopée avait inspiré le thème d’un film...L’auteur du scénario était américain, le réalisateur italien et l’acteur choisi algérien.....le Gouvernement général a refusé de laisser tourner le film »

L’Auteur : Un des  premiers journalistes de la télévision nationale, ancien directeur d’Echaâb, ancien Dg de l’Aps, ancien directeur de la Communication aux Affaires étrangères, ancien ambassadeur, ancien ministre de la Communication, président d’un parti politique.

Extrait : « Le lecteur est en présence d’un  homme révolutionnaire, nationaliste, unioniste, serein dans sa foi, fier de ses origines, mais animé d’un puissant sentiment de révolte  contre l’injustice et la discrimination » (p 16)

 

Avis : Plus d’une soixantaine d’articles et d’échos dont une quinzaine de grands papiers (sur 36 numéros parus entre le 6 juin 1952 et le 30 juillet 1954). Un autre style, certes, de son temps, mais un engagement révolutionnaire décidé...sur bien des questions....d’actualité....comme le berbérisme par exemple ....comme l’Islam libre et tolérant....

 Citations : « C’est la mission noble de nos historiens que de défricher le terrain, à la recherche des matériaux encore enfouis dans les cerveaux des survivants . Se  taire, c’est accepter de léguer aux générations présentes et futures une histoire sans témoins, incomplète et falsifiée. C’est permettre à d’autres, sans rapport, de la faire à notre place et de transformer leurs affabulations en vérités officielles. L’histoire n’est pas un conte de fées » (Préface, p 32), « Le fait d’avoir été lucide en 1954 en rejoignant les rangs du Fln , en terminant mon activité révolutionnaire en beauté comme ministre dans l’Algérie indépendante, me suffit pour le jugement de l’Histoire....je suis vraiment un révolutionnaire heureux » (Amar Ouzegane, p 29, extrait de son unique ouvrage, « Le Meilleur combat »), « Un défaut essentiel dont ces jeunes doivent se débarrasser ; le culture trop excessive du passé ,..même le plus glorieux » ( Amar Ouzegane, p 2019, extrait d’un article publié dans « Le Jeune Musulman » n° 9, 31 octobre 1952)