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Essai- Lalla Zouleikha Oudai/Kamel Bouchama

Date de création: 03-02-2017 16:53
Dernière mise à jour: 03-02-2017 16:53
Lu: 12 fois


ïHISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’AL MANACH- ESSAI- LALLA ZOULEÏKHA OUDAÏ/ KAMEL BOUCHAMA

Lalla Zouleikha Oudaï, la mère des résistants. Ouvrage historique et documentaire de Kamel Bouchama (Préface de Amar Belkhodja et une note aux lecteurs de Farouk Zahi) . Juba Editions, Alger 2016, 295 pages, 950 dinars

Elle s’appelait Yamina Echaib, épouse Oudaï, mais toutes et tous l’appelaient Lalla Zouleikha. Lalla ? Un substantif qui nous vient –tradition citadine- du grand respect , voire de vénération vouée aux aînées. Lalla ? Parce qu’elle était  une femme de caractère, « radjel ou nass ».  Lalla ? Parce qu’elle était une nationaliste très tôt engagée , suivant ainsi l’exemple de son père, aux côtés de son époux et des combattants pour la libération du pays du joug colonial. Lalla ? Parce cela n’était guère facile dans une ville comme Cherchell (ville de l’époux) , où se trouvait installée une Ecole militaire bien gardée et gardant toutes les Portes de la ville et ville dominée par des colons. Pourquoi ?Une Cherchelloise bien née, taillée dans le roc des Berbéro-Hadjoutis, cette tribu Hadjoute, éternelle rebelle .

Née à Marengo (Hadjout aujourd’hui) en 1911, elle fut une des rares « indigènes » à décrocher son Certificat d’études (en 1924, à l’âge de treize ans), prenant en même temps conscience de son statut de colonisé ....

Son fils aîné,Lahbib,  ayant « fait l’Indochine », de retour au bercail ,prend le maquis. Il tombera au champ d’honneur en janvier 1957 à Sidi El Kebir, dans la région de Chréa, deux mois après l’exécution de l’époux, El Hadj Larbi   .

Organisatrice hors pair de la résistance , responsable du « nidham » à Cherchell, elle animera les réseaux des soutien (deux cellules, l’une composée de femmes, et l’autre d’hommes) au sein et en dehors de la ville, parfois au nez et à la barbe des services de sécurité

A la suite d’une dénonciation, le 21 mars 1957, elle rejoint définitivement le maquis....et pourtant, la lutte continue.Hélas, elle est arrêtée le 15 octobre de la même année...torturée ( Le nom de son bourreau est connu : le Lieutenant-colonel Le Cointe, devenu par la suite général de corps d’armée),  puis  assassinée, exécutée le 25 octobre à  15 heures. Son corps ne sera retrouvé que plus tard , en mai 1982 ....Elle est enterrée aujourd’hui au cimetière des chouhada de Menaceur.

Pour la petite histoire ,   Assia Djebbar après avoir tourné son  film, en 1977,  « La nouba des femmes du Mont Chenoua » avait  publié (en 2002) un roman à succès sur Lalla Zouleikka, « La femme sans sépulture » .Son nom est entré dans la légende du monde......et un des enfants de Lalla Zouleikha, Mohamed  est devenu......général au sein de l’ANP . Il n’avait que 8 ans à la mort de ses parents .

 

L’Auteur : Homme politique (Fln 100%....avant) , ancien ministre (....un des plus jeunes du gouvernement de l’époque ....à  la Jeunesse et les Sports), ambassadeur, conférencier......et homme de culture, amoureux fou de sa région natale , Cherchell (et de l’Algérie) , auteur d’un grand nombre d’ouvrages (des essais,un roman « La clé d’Izemis » , des ouvrages documentaires et historiques...) , maîtrisant parfaitement l’arabe et le français,  collaborateur de presse impénitent.....et des projets plein la tête.

Extrait « Dans ces combats de tant d’années, il y  avait des dominateurs et des opprimés, il y avait ceux qui avaient raison , en défendant leur droit , et ceux qui n’en avaient point, parce qu’ils exploitaient un pays qui n’était pas le leur » (p 148)

Avis :Un style qui n’a pas changé. Littérature, prose, commentaire, multiples digressions  , rappels historiques remontant à loin, très loin, références vérifiées....et engagé .....le style Bouchama !On s’y perd un peu, mais à la fin, on aime...car on apprend.

 Citations : « Même si on doit me brûler comme Jeanne d’Arc, je ne parlerai pas ! » (Lalla Zouleikha Oudaï, p 20) , « Malheureusement, les Algériennes sont souvent les grandes oubliées de l’histoire de leur pays » ( Mildred Mortimer, professeur, Usa,p 280)