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Récit- La Voyageuse/Ahmed Bakelli

Date de création: 02-02-2017 16:16
Dernière mise à jour: 02-02-2017 16:16
Lu: 74 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’AL MANACH – RECIT- LA VOYAGEUSE/AHMED BAKELLI

La voyageuse. Roman de Ahmed Bakelli. Casbah Editions, Alger 2016, 253  pages, 800 dinars

C’est l’histoire (réelle ?) de Christine, l’épouse de Mathieu, un militaire,  commandant, au début des années 1900 , de l’annexe du territoire militaire de Ghardaïa. Française pure souche...et qui décide de rejoindre son mari.

D’abord un séjour à Alger avec la découverte d’un nouveau pays, mais pas encore réel, se limitant à de vieilles demoiselles vivant presque en vase clos .

D’abord le long et harrassant voyage. Par train, par diligence puis ...à pied. Alger-Djelfa-Laghouat.....et la découverte de paysages nouveaux et , surtout des hommes qui y vivent.

La vie de garnison, malgré tous les avantages, tout particulièrement durant la  période d’ « adaptation » du pouvoir colonial dans la région du M’zab, n’est pas chose facile. C’est ce que raconte (par courrier, à ses nouvelles amies algéroises) Christine qui , peu à peu, découvre et s’imprègne des réalités du terrain car ne voulant nullement être « embrigadée ».  Bien plus que son époux. Bien plus que le caïd de service... Elle aura une très grande sympathie (et plus ?) pour Boudjemâ, le guide local mis à sa disposition,  et à sa famille . Grâce à eux ,elle arrivera même à connaître la vie familiale des habitants et elle se drapera dans le haïk en laine (le « Ahouli ») qui va lui permettre  de circuler dans les dédales des ruelles.....retrouvant , dit-elle, une « certaine conscience de son individualité ».  

C’est donc la découverte de la vie (familiale et sociale ainsi qu’économique et commerciale) du M’zab de l’intérieur.....Une cité cœxistant durablement sans autorité publique......il y a surtout des « espaces publics » organisés, bien huilés. La description des souks du Mzab, lieux de rencontres communautaires, est édifiante.

C’est, aussi, la découverte d’une certaine vie politique(abordée en interne avec prudence) et d’une critique (par Christine) du système colonial en place......avec des populations qui, tout en reconnaissant l’autorité, n’exprimaient aucune allégeance à l’occupant.

 

L’Auteur : Né en décembre 1944 à  Atteuf (Ghardaia), Ahmed Ben Mohamed Bakelli est diplômé de philosophie de l’Université d’Alger. Multiples fonctions dans les secteurs étatique et privé.......Désormais, il se consacre à l’écriture et à la traduction

Extraits : « Appartenir à une cité est une conformation à un processus d’ancrage, que le temps se charge de consolider, par le développement d’us et de traditions communes à l’ensemble de ses habitants....La cité représente une finalité dynamique, à savoir : une mémoire collective quotidiennement fournie, donc une entreprise sans cesse perfectible, en vue de baliser son cheminement vers la constitution d’une conscience collective »  » (p 35), « L’originalité de la cérémonie du méchoui réside dans le fait qu’elle permet , à l’homme, pour quelques instants, de simplifier son rapport à la nourriture présente devant lui » (p 104)

Avis : Récit plus que roman. Un peu ennuyeux, car parfois assez prudent,   mais assez instructif pour ceux qui voudraient connaître un peu plus et beaucoup mieux  les us et coutumes du Sud, en général et le Mzab et ses habitants en particulier

Citations : « A force d’étendre l’amour, nous risquons de le banaliser » (p 18), « La république , c’est le pouvoir du peuple ;donc,sa définition ne peut, en aucun cas, être définitive. Elle ne pourra que rester intimement liée à l’évolution du peuple » (p 89) , « Il n’y a pas plus esseulé que celui auquel on obéit en tout » (p 93), « Le meilleur hommage qu’on puisse rendre à la générosité de son hôte est de manger aussi généreusement » (p 109)