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Journalistes tués 2018-Rsf

Date de création: 27-12-2018 10:55
Dernière mise à jour: 27-12-2018 10:55
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COMMUNICATION- JOURNALISME- JOURNALISTES TUÉS 2018- RSF

 Les violences contre les journalistes ont fortement augmenté dans le monde en 2018, atteignant un niveau jugé “inédit” avec notamment 80 d’entre eux tués, 348 en détention et 60 en otages, selon le bilan annuel de Reporters sans frontières (RSF), publié hier. “Qu’il s’agisse d’assassinats, d’emprisonnements, de prises d’otages ou de disparitions forcées, les violences commises contre les journalistes en 2018 dans le monde sont en nette hausse”, selon RSF, qui révèle que l’année 2018 a été particulièrement meurtrière avec 80 journalistes tués dans l’exercice de leurs fonctions (+8%). “Après trois années de baisse, le nombre de journalistes professionnels tués est en hausse de 15% : 63 homicides contre 55 l’an dernier. Les assassinats très médiatisés de l’éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi ou du jeune journaliste de données slovaque Jan Kuciak ont mis en lumière la détermination sans limites des ennemis de la liberté de la presse.
En 2018, plus de la moitié des journalistes tués ont été sciemment visés et assassinés”, estime l’ONG. “Les violences contre les journalistes atteignent un niveau inédit cette année ; tous les voyants sont au rouge, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. La haine contre les journalistes proférée, voire même revendiquée, par des leaders politiques, religieux ou des businessmen sans scrupules a des conséquences dramatiques sur le terrain et se traduit par une hausse inquiétante des violations à l’égard des journalistes. Démultipliés par les réseaux sociaux, qui portent à cet égard une lourde responsabilité, ces sentiments haineux légitiment ces violences et affaiblissent, un peu plus chaque jour, le journalisme et, avec lui, la démocratie.”
Lors de la publication de la dernière édition du Classement mondial de la liberté de la presse en avril dernier, RSF s’inquiétait déjà de cette haine affichée envers les médias de la part de responsables politiques
et de la volonté des régimes autoritaires d’exporter leurs contre-modèles.
Avec 15 morts, l’Afghanistan est cette année le pays le plus meurtrier pour le journalisme, suivi par la
Syrie (11e) et le Mexique (9e) qui est le pays en paix le plus dangereux pour les journalistes. Autre fait notable : l’entrée des États-Unis parmi les pays les plus meurtriers au monde après la fusillade
sanglante contre la rédaction du
Capitol Gazette. Le nombre
de journalistes détenus dans
le monde est lui aussi en hausse : 348 contre 326 en 2017.
La Chine reste la plus grande prison du monde avec 60 journalistes détenus dont trois quarts de non professionnels.
Le nombre d’otages a lui aussi augmenté de 11% avec 60 journalistes captifs à ce jour contre 54 l’an dernier. Cinquante-neuf d’entre eux sont retenus au Moyen-Orient (Syrie, Irak et Yémen). Un journaliste ukrainien est lui toujours aux mains des autorités autoproclamées de la “République populaire de Donetsk” (DNR). Enfin, RSF a enregistré trois nouveaux cas de journalistes disparus au cours de l’année, deux en Amérique latine et un en Russie.