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Rapport BA 2018

Date de création: 27-12-2018 10:37
Dernière mise à jour: 27-12-2018 10:37
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FINANCES- MONNAIE- RAPPORT BA 2018

 

Les réserves de changes de l’Algérie ont connu une érosion de 15,21 milliards de dollars entre fin 2017 à fin novembre 2018, passant de 97,33 à 82,12 milliards de dollars, a indiqué, en séance plénière à l’APN, fin décmebre 2018, le gouverneur de la Banque d’Algérie présentant le rapport de son institution.
 Même si ces réserves se situaient à un niveau «relativement élevé», leur baisse «ne pourra se poursuivre à moyen terme», met en garde Mohamed Loukal, préconisant une réelle diversification économique ainsi qu’un meilleur développement des exportations hydrocarbures qui «ont enregistré un recul de 8,7% durant les 9 premiers mois de 2018, contre 2,3% pour la même période de 2017. Relevant également la poursuite de la hausse des importations en marchandises, le premier responsable de la BA le lie, entre autres, au niveau élevé des importations des produits alimentaires (6,29 milliards de dollars en 2018), ainsi que la baisse des importations en équipements industriels (9,21 milliards USD). Abondant en chiffres, M. Loukal a indiqué que pour les trois premiers trimestres de 2018, la balance des paiements a connu un déficit de 10,42 milliards USD.
D’autre part, le gouverneur de la BA annonce que le montant des titres émis dans le cadre du   financement non conventionnel, lancé fin 2017 suite à l'amendement de la loi relative à la monnaie et au crédit, s'est établi à 4.005 milliards DA à fin septembre 2018, précisant qu’une nouvelle demande de financement de 1187,2 milliards DA, qu’il qualifie de «non exploités à ce jour», a été inscrite en novembre dernier. Ce montant «sera destiné dans sa totalité au Fonds national d’investissement (735,2 milliards DA), et à hauteur de 452 milliards DA pour la Sonatrach». Le rachat, par la BA, des dettes du Trésor à hauteur de 9,4 milliards DA, représente, quant à lui, des compensations du différentiel sur les prix des carburants cumulés entre 2012 et 2014 et contribuera au financement partiel du programme d’investissement de Sonatrach. Dans la même optique, M. Loukal relève que du total sus cité, une part de 1.470 milliards DA est destinée à couvrir le déficit du Trésor public, et 2.264 milliards DA aux fins de financer la dette publique. Enchaînant, il souligne que le taux de financement non conventionnel par rapport au produit intérieur brut (PIB) représente près de 28%. Sur sa lancée, il indique que le mois de janvier à lui seul a connu une émission de 1.400 milliards DA, dont 900 milliards DA par la BA comme avance destinée à couvrir partiellement le déficit du Trésor public et 500 mds de DA représentant une affectation octroyée à la Caisse nationale des retraites (CNR) à l'effet de régler ses dettes envers la Caisse nationale des assurances sociales.
     Sur sa lancée, il passe en revue les différentes étapes qu’a connues la valeur du dinar, relevant une «stabilité relative» entre juillet et septembre, une période durant laquelle la monnaie nationale a connu un recul de 0,08% par rapport à l’euro et 0,27% par rapport au dollar. Toujours dans le volet monétaire, M. Loukal note la baisse de part des billets passant de 32,9 % en décembre 2017 à 30,8% pour la même période de 2018.
En dépit de cette baisse, ajoute-t-il, la part des billets dans la masse monétaire reste importante, avec quelque 5.000 milliards de dinars. A ce sujet, le premier responsable de la BA rebondit sur l’argent circulant hors circuit bancaire.  Pour lui, le système bancaire est interpellé à se déployer à capter et canaliser toute épargne potentielle aux fins de réduire la liquidité monétaire en circulation, notamment informelle, et d’instaurer la confiance avec la clientèle épargnante dans un cadre d’une relation bancaire professionnelle et sereine. Et M. Loukal de rappeler que l’inclusion financière, à travers une bancarisation soutenue la plus large possible appuyée par des politiques de collecte de la ressource auprès des acteurs économiques et des ménages, a de tout temps été le principe directeur soutenant les axes de modernisation et de développement du système bancaire et de croissance de l’économie nationale. Sur le même sujet, le gouverneur de la Banque d’Algérie a indiqué que le capital minimum requis des banques a été doublé pour passer à vingt milliards de DA contre dix milliards de DA, tandis que le capital minimum requis des établissements financiers passe à 6,5 milliards de DA contre 3,5 milliards de DA, sachant que la précédente décision d’augmentation du capital minimum exigé date de décembre 2008. Cet ajustement du capital minimum «ne préjuge en rien de la solidité du système bancaire algérien, dans son ensemble, de ses capacités de résilience déjà éprouvées face aux chocs externes, et de sa relative rentabilité», a relevé le gouverneur de la Banque d’Algérie devant les dirigeants de la place bancaire et financière. A cet égard, un délai de deux années est accordé aux institutions concernées pour se conformer à cette exigence réglementaire. Bifurquant sur la finance participative, M. Loukal a rebondi sur le règlement relatif aux conditions d’exercice, par les banques et établissements financiers, des opérations bancaires relevant de la finance participative portant sur les produits financiers conformes à la charia, examiné et approuvé par le Conseil de la monnaie et du crédit (CMC). Ces produits, dit-il, sont la «Mourabaha», «Moucharaka», «Moudaraba», «Ijara», «Istisna’a», «Salam», ainsi que les dépôts en comptes d’investissement. Et précise que la mise en place de guichets dédiés à la finance participative devrait s’articuler autour de trois principes fondamentaux : la graduation dans l’application, la consultation dans l’élaboration et l’inclusion de l’ensemble des acteurs économiques et sociaux.