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Risque sismique en Algérie- Cgs

Date de création: 15-12-2018 18:12
Dernière mise à jour: 15-12-2018 18:12
Lu: 23 fois


ENVIRONNEMENT- INFORMATIONS PRATIQUES- RISQUE SISMIQUE EN ALGERIE- CGS

 

 Suite au séisme de Chlef du 10 Octobre 1980, le Centre National de Recherche Appliquée en Génie Parasismique (C.G.S) a été créé par le décret 85-75 du 13 avril 1985 ; il est devenu opérationnel en janvier 1987, sous tutelle du ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme, avec pour missions principales de Développer la recherche dans les différents domaines du génie parasismique, d’Entreprendre les études nécessaires pour l’évaluation et la réduction du risque sismique, de contribuer au développement et à la diffusion de la réglementation technique de la construction et en particulier la réglementation parasismique et, enfin, d’informer et former les cadres techniques nationaux à la pratique du génie parasismique et de la réduction du risque sismique. En un mot, le CGS, au travers d’activités de recherches, d’études d’évaluation et de réduction du risque sismique, de formation et d’information, servait de «pivot» et de référence concernant la réduction du risque sismique au niveau national. Par ailleurs, le CGS a été chargé de réaliser des laboratoires dotés d’installations d’essais performantes pour développer la recherche expérimentale en génie parasismique inexistante en Algérie. (ces laboratoires, situés à Sebala, El Achour, sont opérationnels depuis 2011). Le Centre a un statut d’Etablissement public à caractère Scientifique et Technologique (EPST). Il est organisé en quatre divisions de recherche (Aléa sismique, Microzonage sismique, Génie Sismique, Réglementation et Réduction du Risque Sismique) et deux départements logistiques. (Administration et Finances, Technique). Il compte un effectif global de 140 agents, dont 52 chercheurs et 28 ingénieurs, et dispose d’équipements scientifiques d’une valeur de l’ordre de 2 milliards de dinars. Dans le domaine de la recherche en génie parasismique, le Centre a produit depuis 1987 plus de 350 publications ou rapports de recherche sur les thèmes liés au génie parasismique et à la Réduction du risque sismique en Algérie. Le C.G.S gère le réseau national d’accélérographes déployé à travers les zones sismogénes du nord du pays pour enregistrer les mouvements sismiques.  Ce réseau compte aujourd’hui 300 stations installées qui ont permis la collecte d’environ 900 enregistrements de séismes et de leurs répliques, contribuant ainsi à la constitution d’une première banque de données accéléromètriques nationale. Par ailleurs, un réseau complémentaire de sismographes et d’appareils mobiles a été acquis pour une meilleure caractérisation des séismes qui se produisent en Algérie. Ce réseau, déployé dans la région de Boumerdès pour enregistrer les répliques du séisme du 21 mai 2003, a permis de localiser exactement la position de la faille en mer. Toutes ces études et l’exploitation des enregistrements ont permis au C.G.S d’affiner la carte nationale de zonage sismique ainsi que la détermination des forces sismiques de calcul figurant dans les règles parasismiques algériennes RPA. En matière d’élaboration de la réglementation technique de la construction, le C.G.S a procédé aux différentes révisions des règles parasismiques algériennes (1988, 1999 et 2003). Il a élaboré 28 DTR (Documents Techniques Règlementaires) relatifs à la conception, au calcul et à l’exécution des constructions et a procédé à l’actualisation (révision) de certains d’entre eux. Par ailleurs, il a produit 4 guides techniques relatifs aux maisons individuelles en zones sismiques, aux méthodes de réparation et de renforcement des bâtiments, aux constructions sur sols gonflants (Wilaya d’Illizi) et à l’information du public sur la conduite à tenir en cas de séisme. Dans le cadre de l’élaboration des plans d’occupation des sols (POS), le C.G.S s’est vu confier et ce, depuis 2001, une mission d’audit technique des études géotechniques d’urbanisation réalisées par les laboratoires. Ces audits ont permis d’améliorer progressivement la qualité des résultats notamment en relation avec les prescriptions du règlement parasismique. Les informations collectées ont aussi permis de créer une banque de données géotechniques. A ce jour,  plus de 600 études géotechniques ont été auditées.
La réalisation des laboratoires du CGS est  pour beaucoup dans l’évolution de règles parasismiques. Les équipements installés comportent, entre autres, une table vibrante (ou simulateur de séismes) capable de reproduire des séismes réels et d’étudier leurs effets sur des modèles réduits de structures pesant jusqu’à 60 tonnes ainsi qu’une dalle d’essai et un mur de réaction permettant d’étudier dans le détail des modèles de structures à échelle réelle soumis à des charges dynamiques. L’exploitation de ces laboratoires permettra de développer l’approche expérimentale, indispensable à une meilleure compréhension des causes et des mécanismes complexes à l’origine de l’endommagement des structures (et en particulier des systèmes constructifs utilisés en Algérie) soumises aux effets dynamiques d’origine sismique. Les résultats de cette expérimentation permettront en particulier aux chercheurs nationaux d’adapter la réglementation parasismique aux conditions spécifiques qui contrôlent la construction en zone sismique et de réduire les pertes humaines et matérielles des événements à venir. Au regard des performances techniques de niveau international des équipements installés, ces laboratoires sont uniques en Afrique et dans le monde arabo-islamique. Il est à signaler que ce projet de laboratoires avait fait l’objet d’un parrainage des ministres arabes de l’Habitat et de l’Urbanisme, réunis à Alger en avril 1982. Ce parrainage s’est traduit, par la suite, par l’octroi d’un prêt du FADES de 11 millions de dollars US pour l’acquisition des équipements. Dans ce cadre, ces laboratoires ont une vocation et un caractère arabe et méditerranéen, et ont une potentialité à servir à une échelle régionale, voire internationale. Il y a lieu également de signaler que c’est en tenant compte de la réalisation de cet investissement stratégique que l’Algérie a proposé et obtenu la création du «Centre Arabe pour la prévention du risque sismique et des autres catastrophes naturelles», avec siège à Alger, en escomptant une forte interaction de ces deux institutions au profit de toute la région arabe. La disposition de ces nouveaux moyens de recherche expérimentale donne à la recherche nationale en génie parasismique et au domaine de la construction une nouvelle dimension et de nouvelles perspectives de développement.


Les bâtiments déjà construits auxquels s’intéresse le CGS pour étudier leur vulnérabilité au séisme sont les bâtiments dits ‘’stratégiques’’, c'est-à-dire ceux qui, non seulement ne doivent pas s’effondrer en cas de séisme, mais ne doivent subir (éventuellement) que des dommages légers et rester fonctionnels (opérationnels) pour permettre aux services qu’ils abritent de participer pleinement à la gestion de crise et aux opérations de secours, sauvetage et mise à l’abri.  Il s’agit des bâtiments administratifs principaux, des casernes de la protection civile et des services de sécurité, des hôpitaux et infrastructures de santé, centres de télécommunications, etc. Au vu des coefficients de sécurité beaucoup plus importants pour ce type de bâtiments par rapport aux ouvrages courants, et vu que la plupart d’entre eux ont été construits avant la promulgation des règles de construction parasismique, la majorité d’entre eux sont classés comme «vulnérables» et font l’objet de recommandations en fonction de critères technico-économiques et de faisabilité, telles que les bâtiments à démolir et reconstruire, à renforcer, en donnant une esquisse de renforcement, avec coût approximatif, à développer ultérieurement par un bureau d’études spécialisé et à évacuer par les services ayant une ‘’fonction stratégique’’ et à affecter à une fonction ‘’non stratégique’’». Pour ce qui est des ouvrages de travaux publics, il y a lieu de signaler qu’un règlement parasismique pour les ouvrages d’art ‘’RPOA 2008’’ a été promulgué en 2009 et sert depuis lors à la conception et au calcul de dimensionnement des ponts neufs en zone sismique. Auparavant, il était tenu compte de l’effet des séismes par le biais de formules forfaitaires donnant de manière simplifiée les forces horizontales de calcul dues au séisme. Les ponts sont aussi classés, entre autres, en fonction de leur importance dans l’acheminement des secours en cas de séisme majeur dans la région considérée et de considérations liées à la redondance des moyens de communication terrestres.

Pour l’ensemble des constructions neuves faisant intervenir les acteurs traditionnels de l’acte de bâtir, à savoir, le propriétaire ou maître de l’ouvrage, l’entrepreneur, le bureau d’études concepteur et maître d’œuvre en charge du suivi de la réalisation, et le CTC (Organisme de contrôle technique de la construction), les règles parasismiques et les autres règlements techniques applicables sont globalement respectés, avec néanmoins quelques insuffisances au niveau de la qualité d’exécution des ouvrages. Concernant les constructions dites ‘’individuelles’’, celles ayant eu, conformément à la loi 04-05 d’août 2004 modifiant la loi sur l’urbanisme et l’aménagement de 1990, un permis de construire régulier avec des plans d’architecture et de structure signés par un architecte et un ingénieur génie civil agréés, se voient, à priori, créditées d’une bonne probabilité de conformité aux règlements de conception et calcul en vigueur. Restent des doutes légitimes quant à la qualité d’exécution du fait que les ‘’auto-constructeurs’’ font rarement appel au concours de techniciens ou ingénieurs pour assurer le suivi de réalisation. Pour ce qui est des constructions illicites, donc réalisées sans permis, elles font rarement, ou insuffisamment, appel aux professionnels. C’est un pari risqué, car elles constituent le gros contingent des constructions vulnérables au séisme.