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Stambouli Nadjib- Le Comédien

Date de création: 19-12-2016 12:05
Dernière mise à jour: 19-12-2016 12:05
Lu: 38 fois


CULTURE- BIBLIOTHEQUE D’ALAMANACH- STAMBOULI NADJIB- LE COMEDIEN

 

Le comédien. Roman de Nadjib Stambouli. Casbah Editions , Alger 2016, 181  pages, 800 dinars

On nous dit qu’au départ,  le roman avait un autre titre, « Monsieur pluriel ». Pas attrcatif pour un soutien bien qu’il allait « comme un gant » à l’histoire.

L’histoire ? Quelle histoire ! Simple en apparence mais , au fond, bien compliquée. L’auteur, journaliste confirmé et observateur initié de la scène culturelle .....algéroise en général et théâtrale en particulier mais aussi, passé par d’autres rubriques, de la scène sociale nationale. Il raconte la vie d’un comédien , Hamid Maroufa mais Farid Foussi pour la scène, pris dans une valse-hésitation douce-amère entre réalité et fiction. Côté cour,  la vraie vie quotidienne- pas très difficile -  de Hamid , entre scène,tournées , copains (des « intellectrifiés ») ..et Rosa, une journaliste critique culturelle ,   son aimante  bien-aimée.Côté jardin, Farid qui , peu à peu , réussit, en douceur mais en profondeur, à imprimer sa force à l’autre, le citoyen, l’écartelant entre mensonges, délires et chimères. Une double vie dans laquelle « il  se sent très à l’aise ». Il passe son temps à (se) mentir , tout en pensant sincèrement qu’il dit la vérité. C’est ce qu’il ressent qui est le plus important pour lui. Heureusement que Rosa est là qui, fine mouche ou psychologue s’ignorant, découvre les failles de plus en plus béantes et diagnostique le mal. Avec une couple d’amis (encore des journalistes !), elle va  tout faire pour arracher son amis au vertige affolant de sa paranoïa. Il sera sacré meilleur acteur de l’année.....Il sera guéri. Mais, mais quel parcours du combattant, fait de bureaucratie et , aussi  (on n’y coupe pas !), de harcèlement sexuel....administratif. On aura tout vu !

Certes , c’est l’histoire d’un comédien en proie au syndrome de la « bouffée délirante »....mais c’est, tout aussi bien, l’histoire d’une bonne partie du pays , partagé, écartelé, consciemment ou non,  entre une vie fantasmée faite de héros (qui ont vaincu une puissance mondiale)et une vie réelle banale (liée au prix du baril de pétrole) .

L’Auteur : Né en 1953. Nadjib Stambouli est parti faire du journalisme ...après des études en sciences économiques. Editorialiste –Chroniqueur , Directeur de rédaction dans des hebdomadaires et des quotidiens (Algérie Actialités, Ruptures, l’Hebdo Libéré, Les Débats et le Jour d’Algérie ) .  Déjà deux   ouvrages dont un recueil de chroniques en 2004 (Marsa Editions), « Impacts » et un second  présenté dans Médiatic (3 décembre 2015) , « Ma piste aux étoiles », Casbah Editions .

Extraits : « Un artiste qui n’est pas inventif ferait mieux de changer de vocation » (p 86), « Il ya de grands comédiens , avec un immense talent, qui se suffisent de leur rôle , qui est de composer des rôles. Ils s’y consacrent pleinement et se concentrent sur leur métier dont ils maîtrisent tous les volets.....Moi, j’appartiens à l’autre catégorie, pour laquelle le théâtre est un tout, donc on se mêle de tout et on s’implique dans tout, y compris dans l’écriture » (p 90)

Avis : Peut se lire d’un seul trait. Comédiens Algériens, attention, ne vous immergez pas trop. Risque de contagion.

Citations : « La vraie beauté n’a d’autre gloriole à titrer d’une splendeur , quand le regard de l’être aimé suffit comme complément » (p 13), « Une femme est toujours plus intéressée par l’ex, par l’amoureuse d’hier que par l’éventuelle maîtresse d’aujourd’hui » (p 20) , « Le baiser est le seul élément dans la vie qu’on reçoit lorsqu’on le donne » (p 72), « Le vrai luxe n’est pas synonyme d’avoir beaucoup d’argent, mais de ne pas éprouver le besoin d’en parler » (p 85), « On a beau être excellent copieur dans les examens, on n’en est pas moins piètre plagiaire en matière de sentiments » ( 106)