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Récit Lucrèce Luciani- "BiblioBled...."

Date de création: 20-11-2018 11:02
Dernière mise à jour: 20-11-2018 11:02
Lu: 6 fois


CULTURE- BIBLIOTHÈQUE D’ALMANACH- RÉCIT LUCRÈCE  LUCIANI- « BIBLIOBLED.... »

BiblioBled ou Vous êtes un livre ! Récit de Lucrèce Luciani. Editions Frantz Fanon, Tizi Ouzou 2018, 500 dinars, 112 pages

 

Sauvée de la solitude par des livres ! Des livres que l’on ne lit pas tous et toujours mais seulement et simplement les avoir avec soi, autour de soi,  pour combler on ne sait quels vides.

 L’histoire d’une dame qui se retrouve quelque part dans un village perdu de la Haute Kabylie : « Redjouana, un village immense, déployé sur les toboggans d’ubac et d’adret, accroché à toute vitesse sur les flancs de sept ou huit collines qui regardent Tizi-Ouzou ».  Une nature aux spectacles saisissants, à la topographie déroutante et à la beauté qui coupe le souffle et qui vous font oublier toutes les petites et grandes difficultés et autres misères et laideurs matérielles.

L’histoire d’un amour , que dis-je , d’une passion pour le livre, d’où qu’il vienne  , et quel que soit son état. La vie avec et pour sa « bibliothèque » dans un pays où le terme n’a pas le même sens. Pour les uns , c’est tout un contenu d’œuvres de l’esprit ....Pour les autres (nous !) ce n’est qu’un meuble de bois « toujours sombre avec maints rayonnages et portes vitrées à l’avant ...et, à l’intérieur , point de livres . Pas l’ombre ou le reflet d’un seul».

Réaction : elle crée sa « Bibliobled » ...dans un hangar jouxtant la demeure familiale et entouré d’oliviers.  Assez vite rempli de ses « trésors de guerre » ramenés ou ramassés au fil des visites, des randonnées et des signalements ....Une « petite île, si petite qu’il n’en existe pas de semblable ». Les lecteurs ne manquent pas, car la bibliothèque est ouverte à tous ...même aux oliviers car, il faut le savoir, « cette Kabylie où elle va et même où elle est , est le seul endroit au monde où les oliviers –jeunots comme centenaires -  lisent »

 

L’Auteure : Née en 1952. Psychanalyste et écrivaine française. Plusieurs livres à son actif. A passé sa jeunesse au Maroc et vit, aujourd’hui, entre l’Algérie et le Maroc.

Extraits : « Qui n’a pas vu les oliviers de Kabylie n’a jamais vu d’oliviers ......En Kabylie, et spécialement dans cette région de Tizi-Ouzou, l’olivier existe en tant que tel. Pour lui-même. A chaque fois différent » (p 34), « Olivette : clos planté d’oliviers, bibliothèque : lieu planté de livres » (p 90),  « Le soir elle est au lit avec les livres. Ils lui écrivent une histoire à chaque fois différente et il arrive que l’un deux , gagné par le sommeil, pique brusquement du nez dans l’oreiller d’à côté »  (p 98)

Avis : Un peu déroutant.......Il faut aimer ceux et celles qui aiment les livres....et ceux et celles qui aiment la Kabylie.

Et, toujours, des « digressions » qui font tache dans un aussi gentillet    livre consacré à l’amour de la nature et du livre.  Assez courtes cependant pour ne pas être relevées....comme des messages subliminaux : sur « ceux du Fln , ces horribles oiseaux de malheur... », sur l’habitat : « les inévitables et à profusion fils barbelés algériens... » (p 48), sur l’Algérie : « Tu parles d’un pays. L’erreur c’est sans doute d’y être » (p 93), « Ce pays impossible » (p 102), sur......sur....

Citations : « Le champ kabyle d’oliviers écrit un entier poème avec ses vers alignés, ses rimes sonores , son rythme balancé » (p 35) , « Heureusement que le sourire est là, que faire sans lui ? » (p 40), « Livre, je t ’aime tant/Que je voudrais te tatouer/Comme les sirènes nues/Sur les corps des marins » (p 46) , « Pourquoi chez tant d’auteurs, y a –t-il autant d’appel à la tristesse, mélancolie voire de désespoir autour de cette pratique de la littérature qu’est la lecture ? » (p 99) , « On n’est pas du tout en dehors de la vie et du monde quand on lit et écrit.On est au contraire en plein dans le monde, dans la vie, on n’y est jamais autant que on litécrit » (p 100)