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Khadra Yasmina- L'Ecrivain

Date de création: 19-12-2016 11:53
Dernière mise à jour: 19-12-2016 11:53
Lu: 32 fois


CULTURE- BIBLIOTHEQUE D’AL MANACH- KHADRA YASMINA- L’ECRIVAIN

L’Écrivain. Une enfance algérienne. Roman (- Mémoires) de Yasmina Khadra. Editions Julliard (Pocket), Paris 2001, 2010 et   2016 , 286 pages, 550 dinars.

On ne connaît (très) bien un écrivain (romancier, essayiste, poète...) et son œuvre qu’après avoir (très) bien connu son parcours, et tout particulièrement tout ce qui lui a permis de grandir, de se développer puis de « créer ». Ou, tout ce qui a contecarré son évolution . La période de l’enfance  et   celle de la prime jeunesse sont , peut-être,  les plus riches....en informations.

Donc, on ne peut saisir le style et le caractère de Yasmina Khadra qu’en connaissant ce que fut l’enfant et le jeune Moulessehoul Mohammed.

Adoré de son père (un officier de l’Anp)  et l’adorant, ayant une enfance presque heureuse à Oran,au sein d’une famille heureuse bien que pas très unie (le père est un coureur de jupons) , il est « jeté » dans une des premières écoles des Cadets de la révolution, celle de Tlemcen (avec pour commandant de l’école le capitaine Abbas Gheziael). Une école où les gamins (fils de chouhada, fils de militaires ou de très proches de militaires)  sont, au nom de la Révolution, élevés « à la dure » ,au rythme d’une véritable caserne, au départ avec des moyens comptés (« Une vie insipide, plus proche de l’élevage que de l’éducation ;l’apprentissage par excellence du renoncement » ) .Les rapports avec le père se distendent, d’autant qu’il ne cache plus ses (re-)mariages.

Après Tlemcen, et après la réussite à l’examen de sixième, c’est le départ pour l’école de Koléa (« Matricule 129 ») ...un établissement  qui prépare au bac et à la carrière d’officier. Ce qui restait de bons  rapports avec le père s’envole (tout en préservant le minimum de respect dû au géniteur....et à la hiérarchie) avec un autre (re-) mariage et le divorce avec la mère et , pis encore,  l’expulsion (par le père) de la villa alors occupée par la famille. Une vie difficile s’annonce pour la famille abandonnée.

Heureusement, il y a les copains des écoles (il y a , d’ailleurs, aujourd’hui encore chez les anciens ,  un véritable esprit « cadets de la Révolution » , à l’image des Enarques à un autre niveau) . Heureusement , il y a des enseignants (Algériens et/ou étrangers)  compréhensifs et formateurs, sachant découvrir les intelligences et éveiller les esprits....à autre chose que la discipline militaire.Grâce à eux (amis , comme Ghalmi, et enseignants, comme Mme Jarosz), et à la lecture des classiques de la littérature universelle et nationale (ce qui était disponible, bien sûr !) le sens littéraire du jeune Mohammed, « l’émotif, l’écorché vif , immédiatement interpellé par les sujets tristes »)  va exploser (« premier texte en prose récompensé en 1966 »)...ce qui ne plaît pas tant à certains « supérieurs » trouvant toujours « anguille sous roche » chez celui qui pense, allant parfois jusqu’à réprimer sévèrement et injustement .

Heureusement, il a rencontré (quel hasard ?) ....à la caserne, Slimane Benaïssa qui montrait une pièce avec et pour les militaires......et , devinez qui d’autre , Houari Boumediène himself (quel hasard ?) , en visite anonyme à Koléa . Il l’avait encouragé à continuer à  écrire  (« Un poète parmi nous, n’est-ce pas merveilleux ? ») ...Et, il a croisé, aussi, ...Said Makhloufi (du Fis-dissous)

Après la réussite au bac....Mais  c’est ,ici, une toute autre histoire

 

L’Auteur : Né en janvier 1955 à Kenadsa, élève de l’Ecole des cadets de la Révolution,  ancien officier de l’Armée nationale populaire, Yasmina Khadra , de son vrai nom Moulessehoul Mohammed, est , aujourd’hui , un écrivain très connu . Lu dans des dizaines de pays , il est traduit en plusieurs langues. Il a , à son actif, plus d’une trentaine d’œuvres dont deux sont autobiographiques (« L’Ecrivain » en 2001 , « L’imposture des mots  » en 2002) . La plupart sont des romans dont certains ont été adaptés au cinéma comme « Morituri », « L’Attentat »,  « Ce que le jour doit à la nuit »  et « Les hirondelles de Kaboul » et au théâtre  et même en bandes dessinées.........ceci sans parler des ouvrages (dont des romans policiers) publiés sous pseudonyme au milieu des années 80 et au tout début des années 90, inventant même un  personnage fameux, celui  du Commissaire Llob (« Le Dingue au bistouri » et « La foire aux Enfoirés ») . A noter qu’il a co-signé, aussi, des scénarii de films.....qu’il a été un certain temps directeur du Centre culturel algérien à Paris......et qu’il a même tenté une courte « aventure » politique  lors des dernières présidentielles!

Extraits : « Aucune force ne peut retenir un enfant qui court retrouver sa famille. Surtout lorsqu’il sait que les retrouvailles ne durent que l’espace d’une accolade » (p 45)

Avis :Présenté à titre exceptionnel....Avant de lire Yasmina Khadra , lisez cet ouvrage....pour mieux comprendre sa « mégalomanie » , son caractère difficile (il assume)  mais aussi son humanité et son humanisme et .....ses « déchirements » internes  , tous expliqués. Vous allez, aussi , enrichir  votre français....et pour les apprentis écrivains, trouver , peut-être, la formule du succès

Citations : « Croire en quelque chose, c’est d’abord et surtout ne jamais renoncer » (p 128), « Si la cupidité durcit le cœur, la famine le fossilise » (p 2016) , « Dans l’institution militaire, ce qui n’est pas à l’ordre du jour est désordre, donc à réprimer impérativement « (p 234), « L’armée, chez nous ou ailleurs, est le cimetière des arts et des lettres. On ne peut pas écrire avec l’épée de Damoclès suspendue sur la nuque » (p 272)