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Roman- Corruption - Chekirou Salah

Date de création: 11-11-2016 16:05
Dernière mise à jour: 11-11-2016 16:05
Lu: 130 fois


FINANCES – BIBLIOTHEQUE D’AL MANACH - ROMAN- CORRUPTION – CHEKIROU SALAH

Le tycoon et l’empire des sables. Roman de Salah Chekirou. Edité à compte d’auteur (ACA) , Alger 2006, 255 pages, 480 dinars.

Le roman finit comme finissent toutes les histoires  romancées basées sur une réalité  dont les auteurs n’osent pas citer , par leurs noms réels, les héros, les « méchants » et les institutions ou organismes ,  soit par peur de représailles (sous toutes les formes) , soit par souci de ne pas nuire aux descendances, soit par peur d’on ne sait quel procès ou autre chasse aux sorcières (sous toutes les formes).......Donc, « les faits relatés dans cette histoire auraient pu être réels et la cellule de renseignements et d’investigations financières , Cerif, n’a jamais existé », écrit l’auteur en guise d’épilogue.

C’est donc l’histoire (se passant en Algérie, mais aussi à l’étranger , tout particulièrement en France) d’un jeune pharmacien , fils d’un ancien « haut responsable », qui se transforme, du jour au lendemain, en homme d’affaires international important (jet privé , hôtels de luxe , whisky et « pépées » à gogo.... ) en magnat (un « tycoon ») . Sous couvert d’activités multiples (banque, compagnie d’aviation civile, chaînes de télévision ...à l’étranger, immobilier...)  il brasse des  milliards de dinars (tous provenant des épargnes institutionnelles  devenues généreuses ...et de citoyens alléchés par un taux d’intérêt très élevé) vite  transformés (par des voies « amicales » compréhensives ) en euros et en dollars et transférés à l’étranger .  Grâce à une stratégie de com’ (cadeaux, voyages organisés en faveur de la presse , des vedettes internationales, et  des épouses et amies des amis, facilités bancaires, prêts à faible taux d’intérêt, cartes bancaires internationales, recrutement d’ « enfants de... », sponsorings sportifs et politiques ...) qui ne regardait pas à la dépense, il s’attire  toutes les bonnes grâces. Presque le sauveur d’une économie nationale à la recherche, il est vrai, de « golden boys » pouvant « booster » le secteur privé.

A-t-il franchi la « ligne rouge » tracée par ses parrains et ses « mystérieux bailleurs et facilitateurs  de fonds » ? Les fins limiers des « services » sont chargés de l’enquête ...Le scandale éclate assez vite , entraînant ,dans son sillage, la mort (inexpliquée ) de certains  enquêteurs, l’effondrement de l’ «  empire des sables » ,  la ruine de bien des familles et des épargnants, le chômage de milliers de travailleurs. Sur une ardoise estimée à 4 milliards de dollars, plus de 2 milliards de dollars avaient, en fin de parcours, disparu. Mais, c’est là le thème d’un autre roman, peut-être !...Pas si sûr, l’auteur s’étant « exilé » , par la suite, au Canada, et si mes souvenirs sont bons son livre aurait  même été retiré des librairies ....et il aurait même été relevé de ses fonctions (il était cadre dans une entreprise publique de communication)  .

L’Auteur : Né en 1954 à Redjas (wilaya de Mila) , études et journalisme (Université d’Alger) excellent bilingue (arabe et français), il a longtemps dirigé la rédaction du journal l’Unité  (Jfln)  puis l’entreprise éditrice de cet hebdomadaire. Directeur de l’édition au sein de l’Anep durant les années 2000 . Réside actuellement au Canada où il se consacre , entre autres , à l’écriture. Auteur de plusieurs romans pour la plupart dans le genre « fiction (très)  réaliste »

 Avis : De la fiction qui a puisé ses éléments de travail dans la réalité....bien amère.

 Extrait : «  De nombreux immigrés versés dans le monde des affaires se plient en quatre devant les personnes liées au pouvoir de l’autre côté de la Méditerranée » (p 171)

Citations :  « Le pouvoir manipule tout dans ce pays. Rien ne lui échappe. Il manipule les partis, la vie associative, comme il a bien manipulé l’école et la religion. On connaît le résultat » (p 189) , « L’histoire de Khortall est loin d’être un conte de fées ; elle se confond plutôt avec l’histoire de Frankenstein, ce monstre de laboratoire qui, dès qu’il a reçu le souffle de la vie, s’est retourné contre son propre créateur » (p 211)