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Essai- Vigné d'Octon

Date de création: 26-10-2016 12:51
Dernière mise à jour: 26-10-2016 12:51
Lu: 107 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHÈQUE D’AL MANACH- ESSAI- VIGNÉ D’OCTON

La gloire du sabre. Essai de Paul Vigné d’Octon (préface de Abdelaziz Bouteflika. Editions Anep 2006, 177 pages, 330 dinars

Personne n’avait lu ou même entendu parler de Paul Vigné.Il est vrai que sa voix et ses écrits ,malgré leur nombre et leur puissance, ont été assez vite étouffés et il n’en est resté que de faibles échos dans les rares livres consacrés à l’histoire coloniale , celle de la France en particulier.  Certains de ses ouvrages sont même carrément portés « disparus » ou n’ont pas été répertoriés ....Ainsi, « La sueur du bournous » qui a pour sous-titre « Les crimes coloniaux de la IIIè République », publié en 1911,  est introuvable...... à la BN d’Alger

Publié en 1900, le titre « La gloire du sabre » a donné une fausse idée du contenu, avec  un titre trompeur . Hors , il s’agit ,en vérité,  du procès en règle de la colonisation : « Que maudite soit donc la  gloire du sabre, quand le sabre n’est pas tiré pour la défense de la patrie, que maudites soient les guerres coloniales... » écrivait le préfacier d’alors, Urbain Gohier.

Une lecture extrêmement difficile au vu des exemples fournis : des documents officiels et des témoignages  directs présentés sur l’esclavage, les massacres de masse, le sadisme et  l’hypocrisie colonialistes qui sont difficilement soutenables. Ils  justifient à eux seuls l’équivalence posée dans les années cinquante : colonisation= décivilisation . Les défenseurs actuels (tout particulièrement français)  de l’action civilisatrice de la colonisation, où qu’ils soient,  deviennent ce qu’ils sont, au fond, de simples clowns racistes, à l’ignorance crasse,    ne connaissant rien à l’histoire....de leurs pays, car il n’y a pas que la France qui est épinglée : La Grand-Bretagne, l’Italie, l’Allemagne.....

L’Auteur :Né en 1859 et décédé en 1943, Paul Vigné d’Octon , libre penseur et athée, ami de Jules Guesde, a été lontgtemps député à l’Assemblée nationale française, à partir de 1895 . Médecin, psychologue, ayant séjourné en Afrique où il a servi en tant que médecin militaire (Guadeloupe, Sénégal, Guinée....)  , à travers ses interventions, ses articles de presse et des livres (près d’une vingtaine de romans, dont l’un couronné par l’Académie française,  et des essais)  , il a continuellement dénoncé « les infamies de la guerre coloniale et les crimes de la colonisation ».Une voix claire et passionnée que rien ne pouvait arrêter.

Extraits : « Pendant la période active de conquête :massacres, viols, incendies, pillages, vols de territoires et traite de chair humaine. Une fois la pacification ( ?) faite , le but poursuivi consiste à achever ce qui a survécu des peuples conquis par l’importation de l’alcoolisme, de la syphilis, de la tuberculose, de toutes les diathèses (ndlr : « ensemble d’affections qui frappent une même personne , et auxquelles on attribuait une origine commune) et de toutes les tares qui sont le triste apanage des nations épuisées » (p 68)

 Avis : «  L’acte d’accusation dressé par Paul Vigné d’Octon , nourri de son expérience en Afrique où il servi en tant que médecin militaire, de témoignages directs et de documents officiels, est encore plus implacable que le « Discours sur le colonialisme » et « Les Damnés de la terre » . Sa virulence est telle que ces derniers apparaissent parfois comme de simples euphémismes » (Préface signé de  A. Bouteflika, p 10) . Le livre a connu cinq ré-éditions en huit ans . C’est tout dit !

Citations : « Ah ! la guerre , l’affreuse guerre coloniale, lâche et bête, comme je la maudissais à haute voix.. » (p 62),  « Les Américains du Nord vivent sur les alluvions de cadavres déposés par la série interminable des massacres qui ont précédé la formation des Etats-Unis  » (p 77), « L’existence coloniale......je la dirai, cette vie, telle qu’elle est , impure, sadique, sanglante, abêtisante, remplie de cauchemars et de fièvre, faite d’héroïsme incessant quand on lutte contre le ciel, contre le soleil, contre la pestilence des fleuves, pleine de bestiale lâcheté quand on se bat contre les hommes « ( 175)