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Essai- CHerif Abdedaim

Date de création: 26-10-2016 12:49
Dernière mise à jour: 26-10-2016 12:49
Lu: 53 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHÈQUE D’AL MANACH- ESSAI – CHERIF ABDEDAÏM

Constantine. La saga des Beys (1518-1848). Essai  historique de Chérif Abdedaim.  Anep Editions, Alger 2015, 229 pages, 950 dinars

En 314 ans d’ « occupation » turque (1516-1830)  ,Alger a connu 102 « responsables » , Arroudj Barberousse fondateur de la « République d’Alger » y compris : 67 pachas (de 1518 à 1659) , 5 aghas (de 1659 à 1664)  et 30 Deys (de 1671 à 1830)  : un tous les trois ans en moyenne générale. Constantine a eu un peu plus de chance, certainement due à l’éloignement : en 281 ans (de 1848 à 1567) , elle a connu 46 beys : un tous les 6,1 ans. Une relative stabilité , d’autant que certains ont connu , malgré tout des règnes assez longs : 23 ans pour Keliane Bey dit Bou Kemia, de 1713 à 1736 , et 22 ans pour le dernier, El Hadj Ahmed Ben Mohamed Chérif (1826- 5 juin 1848) .....et bien moins d’une année pour beaucoup (à peine un  mois pour Kara Moustafa Bey, en 1818, un débauché, aussi cupide que vindicatif réservant à ses « ennemis » des morts parfois étranges et cruelles. Ses scandales et ses « relations » furent découvertes par hasard par des envoyés du dey d’Alger)  .....Les exécutions se faisaient au «  yatagan ». On eut même une « invention » :la « chattabia » , un instrument original servant de « guillotine », « créé » par un  des plus cruels des beys, M’hammed Ben Daoud El Mili Bey dit Bou Chattabia, 1818-1819, un ancien agha de la nouba de la garnison de Mila, un homme vieux, grossier et barbare, faisant peu cas de la vie des hommes.......Il estimait  que les « Arabes » n’étaient pas dignes d’avoir la tête tranchée avec le yatagan  et il avait ordonné qu’on se servît d’une herminette, sorte de hache, ce qui lui valut le surnom,  qui a fonctionné presque à chaque changement ou révolution de palais. Plusieurs bey sont donc décédés de mort violente, certains ont été assassinés, d’autres emprisonnés, d’autres, enfin, plus rarement, morts de leur belle mort, une mort naturelle.

Constantine était organisée administrativement en quatre régions, avec leurs commandements indépendants les uns des autres : Est (les Hanencha) ,  Nord ou Sahel (les Fardjioua et les Zouagha)  , Ouest de Sétif aux Portes de fer (les Beni Abbas)  et Sud (les Douaouda) . On avait aussi des caids ou  des cheikhs , tous  grands chefs ayant chacun sous sa coupe un certain nombre de tribus.....de quatre à une trentaine environ selon les populations

Parmi les plus remarquables beys (en dehors que Ahmed Bey qui a mené une forte résistance contre l’invasion coloniale) , il y a Salah Bey Ben Moustafa (1771-1792, soit un règne de  21 années ) qui, jeune militaire , avait attiré , par ses aptitudes guerrières, l’attention d’Ahmed El Kolli qui le maria à une de ses filles.  Ami, puis beau-père de Ahmed Zouaoui Ben Djelloul, proche des Ben Gana , infatigable en tant que bey , grand organisateur de sa province, il tenait surtout à ne pas laisser l’esprit de révolte gagner ses sujets .Il connut un fin tragique .....lui aussi. Mais,  il reste considéré , encore aujourd’hui, comme le « bey des beys » (un poème lui fut dédié....et on dit que les Constantinoises....et presque tout l’Est algérien, portent la m’laya noire en signe de deuil)

L’Auteur : Journaliste chroniqueur (Nouvelle République), psychopédagogue de formation et assez proche des maîtres de la musique andalouse. Auteur de plusieurs ouvrages , surtout des essais

 

Extraits : « On l’appelait jadis la « forteresse africaine » , citée en proverbe lorsqu’on parlait de fortification, car bâtie sur un rocher que le vide entoure encore de tous les côtés, comme la bague enserre le doigt, sauf cependant le côté ouest. Jamais un ennemi n’y pénétra de force » (p 5)

Avis : Un véritable grand  reportage qui tient en haleine.  Du roman historique comme on en redemande.

Citation : « Toute la puissance d’Alger à sa belle époque reposait sur la milice des janisaires, toute sa richesse sur les corsaires. Ces conditions suffisent à expliquer que le gouvernement n’ait jamais pu être fort. La guerre sainte , qui était son principe le plus ferme ne fut que prétexte à des exactions : à l’extérieur par la course ; à l’intérieur par une administration purement fiscale. Le jour où la décadence de la course et de la milice des janissaires fit disparaître le prétexte même, l’Alger turque ne put se maintenir et son pouvoir ne fut plus considéré que comme de l’oppression » (pp 10-11)