Nom d'utilisateur:
Mot de passe:

Se souvenir de moi

S'inscrire
Recherche:

Récit Saad Taklit- "Djebel Tafat. Bougâa...."

Date de création: 29-10-2018 10:54
Dernière mise à jour: 29-10-2018 10:54
Lu: 90 fois


HABITAT- BIBLIOTHÈQUE D’ALMANACH- RECIT SAAD TAKLIT- « DJEBEL TAFAT. BOUGAÂ.... »

Djebel Tafat. Bougaâ de 1830 à 1962. Histoire et légendes. Récit de Saâd Taklit. Editions Dahlab, , Alger 2012, 1 200 dinars, 509 pages.

 

Une ville, un douar, une région, une famille sous la protection de Ma Tafat, la sainte patronne de Bougaâ,  une sainte femme enterrée à 1613 m d’altitude sur le lieu même de sa retraite où il y a médité jusqu’à sa mort.

L’histoire , entre autres, de la famille Taklit....recueillie , par l’auteur, auprès de l’arrière-grand-père (décédé en 1981 à l’âge de cent ans). La vie rurale , de 1830 jusqu’au déclenchement de la guerre de libétarion nationale, du village de Bougaâ (Lafayette de 1893 à 1962) . Lui-même (le grand papy) tenait une partie du récit de son père, né vers 1830. Une époque où tout se transmettait par voie orale. Une tradition si expérimentée , tout du moins au niveau des familles et des tribus, qu’il a une grosse part de véracité, tant l’esprit clanique dominait . certes , on enjolivait un peu mais la substance restait là. Pour la péroiode de guerre, jusqu’en 62, c’est l’auteur lui-même qui rapporte les faits. Certes encore jeune : 6 ans en 54 et 13 en 62  mais , à ces âges de l’enfance et de l’adolescence, et à cette époque, on est déjà adulte à 8-10 ans, sinon moins.....et la vie , bien pénible, créée par les conditions coloniales, était vécue « en direct » et les faits enregistrés sans peine ( !).  Le reste a été affaire de témoignages recueillis ça et là auprès d’acteurs directs ou indirects d’événements .

On a, donc, l’histoire de « Khali Ahmed au temps de la pénétration française ». C’est l’arrière-arrière- granbd-père. Hammam Guergour, à l’époque , n’était une bourgade d’une centaine d’âmes, en partie des agriculteurs et des éleveurs ( Karl Marx s’y est  rendu pour uencure thermale) . Mais une bourgade qui était une étape presque obligatoire sur la route de Sétif. C’était , d’ailleurs, l’intinéraire préféré car plus sécurisé, des romains de l’antique Sitifis. 1840 :les premières incursions de soldats français et l’occupation restreine......Les paysans comencent à être dépossédés de leurs terres les plus fertiles et refoulés vers les terrins incultes, caillouteux, en pente et à faible rendement. Premier village construit autour de Sétif : Ain Arnat en 1853.C’est l’opération de cantonnement.

Ensuite, c’est « Ami Lakhdar au temps de la pleine colonisation ». C’est , aussi, le temps glorieux ( !) du Caïd....représentant de França, la « bienfaitrice »,  et de son Chaouch, et du colon tout-puissant. C’est le temps de la « participation » à la guerre , en 1870, entre la France et la Prusse . Près de 14 000 musulmans d’Algérie y participèrent, presque tous « enrôlés «  de force. ....Une calamité. Dans la contrée, seuls deux des engagés volontaires sont revenus vivants (dont Ali l‘emtoké)  mais mutilés .....Ajoutez-y la famine, les maladies, l’exploitaion en tant que travailleur agricole ou khammès, les multiples interdictions de tous genres (dès 1874, une liste de 27 infractions spéciales est dressé spécifiquement à destination des indigènes), la séchersse, les sauterelles, l’injustice, le racisme, la répression pour n’importe quoi.....et la superstition avec ses histoires de voyantes, de djinns.....

Puis, c’est « Da Amar au temps du code de l’Indigénat ». 1881 : l’époque où la ôpulation européenne comence à preogresse. Plus par les naissances que par les arrivées de colons sur le territoire algérien. Sur le plan social, le régime de l’indivison a brisé les liens traditionnels fde la solidarité tribale....et l’instauration de la propriété individuelle aura également des réprecussions sur les successions. .....dont les colons et les spéculateurs profiteront largement . Le spremières lmmigartiosn (130 000 algériens entre 1914 et 1918 pour travailler comme ouvriers dans les usines d’armement).  

Le temps de « la fin des  illusions »  est venu......La guerre 39-45 (134 000 algériens y ont participé) ......Le marché noir, la spéculation caïdale et administrative, un hiver 45 très rude, la famine le règne de la « kahoua » ...le 8 mai 45 et les massacres de Sétif, de Kherrata et de Guelma et la « chasse » au « bougnoule »...partout...par les milices de colons , des soldats sénégalais..... 

Enfin, « la années de braise : Said se souvient » : La guerre de libération nationale commence . Racontée par l’auteur lui-même, avec des yeux d’enfant mais avec une conscience en éveil de l’importance des événements en cours. Une guerre avec ses héros et ses actes d’héroïsme, ses lâches et ses traîtres, ses exécutions sommaires, ses engagements clairs et ses hésitations , avec, aussi, des « retournements de veste » inattendus ,  ses moudjahidine et ses harkis, ses soldats de l’armée coloniale sanguinaires et des européens pleins d’humanité comme Berbis , l’instituteur, « un homme  juste » (et dont l’épouse collectionnait alors  tout ce qui s’écrivait sur Kateb Yacine),  très fier des résultats de l’examen d’admission en classe de 6ème, en juin 1961, de ses petits élèves musulmans......Avec, aussi, ses « marsiens » et ses harkis « repentis ».....soit pardonnés , soit exécutés. 

Bougaâ.........une ville au pied du Djebel Tafat, construite là où, il ya bien longtemps, il y avait un immense champ de mûriers ! Un dernier attentat perpétré contre un Européen , fin novembre 1961. Soixante-dix neuf de ses fils qui se sont sacrifié pour l’Algérie indépendante......durant la seule guerre de libération nationale

 

 

 

L’Auteur : Né à Bougaâ (wilaya de Sétif) en avril 1948. Lycée Mohamed Kerouani de Sétif, études universitaires à la faculté de Droit et des Sciences économiques d’Alger. Premier livre.

Extraits : « La mise sous surveillance permanente de la population a déjà commencé ; elle va durer plus d’un siècle » (p 103), « La tournée du Caid obéit à des règles protocolaires précises . L’improvisation n’est pas de mise. Ce serviteur zélé du pouvoir colonial est un personnage puissant et influent. Son pouvoir est très étendu. Les habitants doivent lui réserver un acceuil digne de son rang ; aucune négligence n’est tolérée. Les femmes sont invitées à lancer des « you-you » dès qu’il aura franchi l’entrée du douar. Quant au festin qui doit être servi, il est déjà prêt » (p 107), « Malgré sa nudité, la statue (de Ain Fouara , à Sétif) ne choque pas.Oui, c’est une nudité candide, innocente, dont seuls les grands artistes possèdent le secret » (p 188), « En guise de remerciements pour leur dévouement à la patrie (lors de la Grande Guerre avec 173 000 militaires « indigènes » dont 85 000 engagés....et 25 000 tombés à Verdun) , les autorités françaises poursuivent une politique de discrimination à leur égard. Le sacrifice est le même mais la reconnaissance, la récompense , est différente » (p 213), « Le 8 mai 1945 a montré , dans le sang et les larmes, qu’il n’y aura aucune possiblité de solution pacifique au problème algérien » (p 320), « Ceux qui décident de rester aux côtés de l’ armée coloniale, l’ont décidé en toute liberté. Ils ont fait leur choix en leur âme et conscience........Les plaies ne seront plus jamais refermées » (p 347)

 Avis : Agréable et très facile à lire . Style clair et simple.....et, une fois n’étant pas coutume aucune « coquille » . De plus une histoire , basées sur des faits réels, celle d’une famille et d’une région, et, aussi, un peu de l’Histoire nationale, qui défile ,de manière chronologique mais prenante, parfois passionnante. On se sent tous concernés.

Ouvrage un trop épais...ce qui pourrait décourager les lecteurs , surtout les non-natifs de Bougaâ. 

Citations : « Les colons ne veulent rien lâcher, pas même un brin de leurs minces privilèges . Ils ne voient dans l’indigène qu’un ennemi à qui il faut disputer la terre. Instinctivement, ils le haïssent, le poursuivent sans cesse, le dépouillant quand ils le peuvent. Pour le colon, l’arabe indigène  est d’une race abâtardie, immorale ; il doit être chassé, impitoyablement » (p 110) , « Le caïd est le maître, il fait ce qui lui plaît !Il règne en véritable seigneur.......Il pénètre directement dans l’escroquerie en dépouillant ses compatriotes de ce qu’ils ont de plus précieux, la terre » (p 133), « Vers la fin des années trente, le jeune algérien n’a ni passé  ni avenir. Il a faim » (p 276),  « A leur tour, elles (les cellules de l’oragnisation civile du Fln) seront décapitées mais, aussitôt celles-ci détruites, d’autres naîtront pour prendre le relais. C’est comme un arbre ; vous avez beau scier le tronc, d’autres branches repouusent.....et le cycle continuera , jusqu’à l’indépendance » (p 357).