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El Moudjahid hebdo( Arabe)

Date de création: 09-10-2016 15:20
Dernière mise à jour: 09-10-2016 15:20
Lu: 125 fois


COMMUNICATION- PRESSE – EL MOUDJAHID HEBDO (ARABE)

 

© Youssef Farhi, El Watan, mardi 4 octobre 2016

 

A la veille de son soixantième anniversaire, la version arabe disparaît, fin mars 2016 après son 2903e numéro dans l’indifférence générale, comme un quelconque SDF.

 

Quelle triste fin pour le mythique El Moudjahid, «Porte-parole du FLN» et «Seul organe de la Révolution algérienne» après l’arrêt, en août 1957 des trois éditions A, B et C de Résistance algérienne. El Moudjahid — aucune relation avec le quotidien actuel — a vu le jour en 1956 sous la houlette de ce qui deviendra, après le Congrès de la Soummam, le 20 Août 1956, le premier Comité de coordination et d’éxécution (CCE). On peut donc considérer que Abane Ramdane, Krim Belkacem, Benyoucef Benkhedda, Larbi Ben M’hidi, Saâd Dahleb et Abdelmalek Temmam formèrent le premier «comité de rédaction» d’El Moudjahid.

 

Six numéros ronéotypés en langue française paraissent à Alger de juin 1956 à février 1957. Le 7e numéro, en préparation, est saisi par les paras du général Massu lors de la grève nationale des Huit Jours à la veille de l’examen de la «question algérienne» par l’Assemblée générale des Nations unies (ONU). Toutes les éditions nationales ont été ronéotypées.

Les éditions imprimées en français et en arabe l’ont été en France, au Maroc et en Tunisie. El Moudjahid réapparaîtra en format tabloïd, imprimé en arabe et en français, le 5 août 1957 à partir du n°8, à Tetouan, au Maroc. A cette occasion, Benyoucef Benkhedda, en présence de Saâd Dahleb, confirma officiellement qu’El Moudjahid sera désormais le «Porte-parole du FLN» et seul «Seul organe de la Révolution algérienne».

 

Au sein du 2e CCE, le 28 août 1956 à Tunis, Ferhat Abbas, assisté de Saâd Dahleb, est chargé de la propagande et de l’information. Abane Ramdane quant à lui, est chargé d’El Moudjahid à Tunis, assisté de Ahmed Boumendjel et de Brahim Mezhoudi. Après la disparition de Abane Ramdane en décembre 1957, Ahmed Boumedjel assura la direction d’El Moudjahid jusqu’à la fin août 1958.

 

Lors de la formation, le 19 septembre 1958 au Caire, du premier Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) présidé par Ferhat Abbas, M’hammed Yazid est chargé de l’information jusqu’en septembre 1962. Il va personnellement prendre en charge le journal, dont la rédaction francophone est confiée à Rédha Malek, assisté de Mahiedine Moussaoui, Frantz Fanon, Pierre Chaulet, Hocine Bouzaher... et la rédaction arabophone à Abdallah Cheriet et Mohamed El Mili, assistés de Ali Alia, Lamine Bechichi, Serge Michel et Zahir Ihaddaden qui était en charge du journal au Maroc.

 

De nombreux dossiers et études sont publiés en arabe et en français par El Moudjahid : la Plateforme du Congrès de la Soumam, les camps de concentration, le napalm en Algérie, l’Algérie saharienne… Dans l’éditorial «bulletin de naissance» du premier numéro, il est souligné qu’«en s’intitulant El Moudjahid, cette brochure ne fait que consacrer ce nom glorieux que le bon sens de notre peuple a, dès le 1er Novembre 1954, attribué aux patriotes qui ont pris les armes pour une Algérie libre, indépendante et démocratique».

 

Après le cessez-le-feu du 19 Mars 1962, les équipes des deux éditions d’El Moudjahid vont rejoindre Rocher Noir, siège de l’Exécutif provisoire, à Boumerdès. L’édition française (n°93) est tirée à l’imprimerie Zaragoci à Blida. L’édition nationale (n°122), par manque de moyens d’impression à Alger, est imprimée à Constantine.

 

Après la formation, le 28 septembre 1962, du premier gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire (RADP), l’édition francophone est confiée à Belkacem Benyahia (de septembre 1962 à avril 1964) puis à Mourad Bourboune (d’avril à juillet 1964). Elle cesse de paraître le 19 juillet 1964, sur ordre d’Ahmed Ben Bella, secrétaire général du FLN et président de la République, pour devenir «un organe spécialisé dans l’étude des problèmes théoriques et idéologiques du parti du FLN». Elle ira aux oubliettes et le titre sera récupéré pour remplacer celui du quotidien Le Peuple. L’édition arabophone sera confiée par Ben Bella à Menouar Merrouche, puis récupérée en 1965 par Mohamed El Mili, Mohamed Si Fodil, Salah Khomri, Nadir Boulagroune, Cherif Amrane et Tahar Bouaika.

Au départ de ce dernier à la retraite, El Moudjahid restera sans direction jusqu’à sa disparition en catimini, sans fanfare ni tambour, le 29 mars 2016 ! Un peu comme ont disparu Révolution africaine et Algérie Actualité... Mais comme l’a si bien affirmé notre ami Zahir Ihaddaden, El Moudjahid «constitue et constituera un document de référence incontournable pour l’écriture de l’histoire de la Révolution algérienne».

 

Youcef Ferhi (mardi 4 octobre 2016)