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Singes magots Djurdjura

Date de création: 12-09-2018 17:55
Dernière mise à jour: 12-09-2018 17:55
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ENVIRONNEMENT- ENQUETES ET REPORTAGES- SINGES MAGOTS DJURDJURA

(c) El Watan/ Mustapha Benfodil, lundi 3 septembre 2018

Le singe magot (Macaca sylvanus), appelé aussi macaque de Barbarie ou macaque berbère, est un mammifère sauvage de l’ordre des primates. C’est une espèce endémique, c’est-à-dire qu’elle est fondamentalement liée à un territoire. Ce singe vit essentiellement en Algérie et au Maroc, et, dans de moindres proportions, à Gibraltar.

«Seul macaque vivant hors d’Asie, le magot ou “macaque de Barbarie”, qui peut peser de 15 à 20 kilos, était autrefois répandu en Afrique du Nord. Mais, disparu depuis 1900 de Tunisie, il ne vit plus aujourd’hui qu’au Maroc dans les zones montagneuses du Rif (Nord) et du Moyen Atlas, ainsi qu’en Algérie, surtout dans les massifs de Kabylie.

Environ 230 macaques de Barbarie — introduits d’Afrique du Nord — vivent aussi à Gibraltar où ils constituent une célèbre attraction touristique», indique l’AFP (dépêche du 3 mai 2017). Et de souligner : «Aucun recensement à l’échelle du Maroc n’a été réalisé, mais selon les estimations, les magots seraient au total entre 3000 et 10 000 aujourd’hui, contre 17 000 il y a 30 ans, selon des études scientifiques.»

«En Algérie, ils étaient estimés à 5500 il y a 30 ans.»

Selon la direction du Parc national du Djurdjura (PND) que nous avons sollicitée pour les besoins de cette enquête, une étude a été commandée en 2010 par le PND afin d’évaluer la population de singes magots présente au sein du parc et ses zones périphériques. Intitulée «Etude d’inventaire des troupes du singe magot», celle-ci a recensé un peu plus de 4600 macaques qui vivent dans le massif du Djurdjura.

Dans cette même zone géographique, ils sont répartis sur 102 troupes (groupes de singes dans le jargon scientifique). Les troupes comptent entre 17 et 120 individus, selon que l’on soit en altitude ou dans des zones moins élevées. Le secteur d’Aït Ouabane du PND, connu pour sa forêt dense, concentre à lui seul 45% des effectifs de singes magots présents dans le Djurdjura. Considéré comme une espèce menacée, l’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature, a classé le singe magot sur sa liste rouge. «Le singe magot est le seul parmi les 20 espèces différentes de macaques à être présent en Afrique, plus précisément au Maroc et en Algérie. Il est classifié comme espèce en danger sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN (…).

Le singe magot peut également se retrouver à Gibraltar et il est souvent la cible de trafics illégaux en Europe», peut-on lire sur le site de cette ONG. Dans notre pays, le singe magot fait partie des espèces protégées en vertu du décret n°83-509 du 20 août 1983 «relatif aux espèces animales non domestiques protégées».

Il est également couvert par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites), dite convention de Washington, ratifiée par l’Algérie. A noter enfin que les troupes de singes qui vivent en Algérie sont réparties sur sept sites : le Djurdjura, l’Akfadou, les gorges de la Chiffa, le Pic des singes (Parc national de Gouraya), Chaabet El Akra (Kherrata), les Babors et Djebel Guerrouche (Jijel).