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Actes colloque Tiniri- "Les assisses de la Soummam...."

Date de création: 12-09-2018 17:40
Dernière mise à jour: 12-09-2018 17:40
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HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ACTES COLLOQUE TINIRI- « LES ASSISES DE LA SOUMMAM..... »

Les assises de la Soummam, 60 ans après, quelles leçons ? Actes du colloque international,Tiniri/ Akfadou, 25-26 août 2016 organisé par le  Forum de Solidarité euro-méditerranéenne, Forsem ( Publication coordonnée par Tahar Khlafoun).  El Ibriz Editions,Alger 2018, 1 000 dinars, 223 pages

1956 ! L’Algérie en guerre. Un combat à théoriser et à organiser.  Des conditions de vie (et de survie) extraordinairement difficiles. Des questions de logistique, choix du lieu, finances, prise en charge et    sécurité des congressistes........ étant des préoccupations majeures compte tenu du puissant quadrillage du territoire par l’armée française.....l’une des plus puissantes armées dans les années 50, avec des milliers de soldats y compris les troupes que la France s’était engagée de mettre à la disposition de l’Otan.

D’abord, le contexte général du déroulement du Congrès. Quatre communications :

 Gilbert Meynier (absent pour raison de santé)  avec une intervention présentée par D. Aït-El-Djoudi, intitulée : « Algérie 1956 : Enterrement du politique et paroxysme de la violence »......montrant que vont   coexister , souvent conflictuellement, un pouvoir des maquis (et une Aln maîtresse du terrain) avec un exécutif issu du Congrès.......et, d’autre part, la Délégation extérieure installée au Caire.

Belaid Abane a présenté une communication sur  « les primautés soummamiennes du politique et de l’intérieur : D’Ifri au Caire, une vie éphèmère ». Des principes qui, selon lui, ont connu la mauvaise fortune et le même sort, la même trajectoire que ceux de Ramdane Abane : ascendante (1955) , puis déclinante puis marginalisée puis éliminée pour l’un  ou mises au rancart  pour les autres dès 1957

 

Gilles Manceron s’est , pour sa part, penché sur l’analyse de textes pour dégager les « conceptions, définitions et débats sur la nation algérienne  en France et en Algérie durant la période coloniale et la guerre d’indépendance »

Tahar Khalfoun, dans sa communication sur « l’impact de l’histoire commune sur la construction de l’Algérie et la France », décrypte les relations particulières entre les deux pays depuis 1962, relations oscillant entre tensions et détentes . Le poids du passé colonial, de la guerre, la recherche d’identité....

 

Ensuite le Congrès lui-même . Cinq communications: 

Jean –Charles Jauffret, abordant la question des « appelés français en guerre d’Algérie en 1956 », année –tournant d’une guerre (devenue sanglante...et traumatisante pour des hommes engagés dans un conflit qu’ils ne comprenaient pas  ) non encore reconnue comme telle , confirme que l’Aln avait l’initiative sur le terrain.

Dalila Ait-El- Djoudi a exploité les archives militaires du Shat (Vincennes/France) et ceux du musée de l’Armée , d’Alger, pour présenter «  l’Aln et ses transformations politico-administratives après le congrès de la Soumman ».

Lahouari Addi (absent et son intervention présentée par Tahar Khalfoune ), est revenu sur son sujet favori : le principe de la  primauté du politique sur le militaire posé par le Congrès de la Soummam ; principe rejeté au cours de la guerre... et banni après l’indépendance.

Hamou Amirouche (Colorado University/Usa) a présenté « Abane, le rassembleur », s’appensantissant sur l’origine des conflits opposant Abane aux militaires et à la Délégation extérieure, avant d’évoquer les raisons de son assassinat en 1957

Ali Guenoun a analysé –une assez courte intervention - la question sensible des « cadres kabyles de la wilaya III et la direction de la guerre après le congrès »..... une rencontre « œuvre prépondérante des dirigeants originaires de Kabylie » dit-il  .....leur prétendue « hégémonie » et les conséquences fâcheuses de cette supposée domination

Neuf communications et des débats  au total qui ont montré que les résolutions du Congrès ont incontestablement jeté un jalon fondateur dans l‘édification de l’Etat algérien......mais qui, aussi, ont insisté sur la réhabilitation nécessaire du politique sur le militaire.....à compléter par sa primauté , aussi sur le religieux. Ils ont démontré aussi, que seule une approche critique de l’histoire (trop longtemps « sous   contrôle » ) permettra aux jeunes d’aujourd’hui de ne plus ignorer (ou de ne plus mépriser) leur passé récent ou lointain. Pas seulement colonial. Il faudrait aussi, que l’Histoire à l’école ne soit plus la « mal-aimée »  des matières.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Auteurs : C’est en partenariat avec l’Assemblée de wilaya de Bejaia, le Forsem de Lyon et l’association Med Action d’Akbou que la Commune d’Akfadou a organisé un colloque avec la participation de chercheurs en histoire, de témoins et  d’acteurs qui ont pris part au Congrès de la Soummam le 20 août 1955. Une rencontre née d’une initiative citoyenne (Ardjoune Omar, Zenadji Yazid et Mehenni Haddadou) ...et animée par Dalila Aït-El Djoudi (Docteur en Histoire militaire et études de défense, enseignante en histoire-géographie) et Tahar Khalfoune(Juriste et universitaire à Lyon)  . Conférenciers programmés : Gilbert Meynier (Historien, spécialiste de l’histoire du monde arabe et particulièrement de l’Algérie) , Belaïd Abane (Médecin et politologue) , Gilles Manceron (Historien), Tahar Khalfoune, Jean Charles Jauffret (professeur des universités à l‘Iep d’Aix en Provence) , Lahouari Addi, Dalila Aït-El –Djoudi, Hamou Amirouche, Ali Guenoun...

Participation aux débats d’ancien officiers de l’Aln dont Si Meziane Asselate et Rachid Adjaoud

Extraits : « Les combattants du 1er novembre 1954 avaient tout misé sur un recours à l’action armée à valeur libératrice et purificatrice définitive. Pendant les trois premières années de la guerre, l’idée d’un Dien Bien Phu algérien fut un fantasme répandu » (Gilbert Meynier, p 33), « Le droit colonial est ...... « indécolonisable », puisque l’Algérie demeure encore aujourd’hui, plus d’un demi-siècle après son indépendance, de tradition juridique française » (Gilles Manceron, p 107), « S’il est bien vrai que la langue et la culture française ont profondément pénétré la société algérienne, c’est sans la conquérir pour autant » (Tahar Khalfoune , p 109)

Avis : On n’arrêtera jamais de tenter –à n’importe quel prix.....du livre- d’en savoir plus sur les héros de la guerre de libération nationale, sur Novembre, sur le congrès de la Soummam, sur Abane, sur le Mouvement national......pour encore mieux saisir et comprendre  les conséquences contemporaines des erreurs commises ....L’écriture de l’Histoire en marche !

Citations : « Akfadou est plus qu’une commune, c’est de l’histoire »  (Présentation ,  Dalila Aït El Djoudi et Tahar Khalfoune, p 7),   « Tout regard sur l’histoire coloniale de l’Algérie est aussi un regard sur l’histoire de France » (Présentation ,  Dalila Aït El Djoudi et Tahar Khalfoune, p 7) , « L’amnésie , aussi, est constitutive de mémoire » (Gilbert Meynier, p 37), « La violence française coloniale (en Algérie) y fut industrielle et massive ; la violence algérienne , artisanale et plus éparse, fut une violence réactionnelle, dans un contexte de domination, de violence  (re)conquérante et répressive, de discrimination et de racisme portant la marque du colonial » (Gilbert Meynier, p 39), « Chercher à définir l’ « identité » d’une nation est un leurre, car une nation n’est pas un individu, mais un ensemble d’individus divers qu’on peut regrouper de différentes façons....Où que ce soit, la polarisation des débats sur la notion d’ «  identité » nationale est toujours néfaste » (Gilles Manceron, p 95), « Sur les plans culturel et sociétal, il existe avec l’Algérie une histoire commune et conflictuelle qui fait que tout regard sur cette ancienne colonie est en même temps un regard sur la France » (Tahar Khalfoune , p 127)