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Congrès de la Soummam, 20 août 1956

Date de création: 22-08-2018 18:10
Dernière mise à jour: 22-08-2018 18:10
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HISTOIRE- GUERRE DE LIBERATION NATIONALE-CONGRÈS DE LA SOUMMAM , 20 AOÛT 1956

 

 «La preuve est faite que la Révolution algérienne n’est pas une révolte de caractère anarchique, localisée, sans coordination, sans direction politique, vouée à l’échec. La preuve est faite qu’il s’agit, au contraire, d’une véritable révolution organisée, nationale et populaire, centralisée, guidée par un état-major capable de la conduire jusqu’à la victoire finale. La preuve est faite que le gouvernement français, convaincu de l’impossibilité d’une solution militaire, est obligé de rechercher une solution politique. Voilà pourquoi le FLN, inversement, doit se pénétrer de ce principe : la négociation suit la lutte à outrance contre un ennemi impitoyable, elle ne la précède jamais». Extrait de la plateforme du Congrès de la Soummam, 20 août 1956.

Il y a 62 ans, le 20 août 1956, un petit village du nom d’Ifri, dans la vallée de la Soummam, est entré dans l’Histoire pour avoir abrité le premier congrès de la Révolution. Un haut fait de notre lutte contre le colonialisme, décidé deux ans après son déclenchement, et un an, jour pour jour, après l’offensive du nord-Constantinois menée par Zighoud Youcef. Le 20 août 1956 allait aussi coïncider avec l’assemblée générale de l’ONU. Quant au lieu, il y a eu quelques divergences. Initialement, le congrès devait se tenir à Djebel Béni Salah, près de Souk Ahras, ensuite il fut décidé que le congrès se tienne dans la région de Zarroura, à l’ouest de Skikda, mais les conditions sécuritaires et d’approvisionnement ne s’y prêtaient pas. La décision fut prise alors de le tenir dans la mintaqa III, qui est le Centre du pays, pour permettre à tous les congressistes d’être présents. Le congrès se tiendra bel et bien dans la région de la Soummam près du douar dit Ouzellaguen qui se trouve sur Djebel Azrou à côté d’Oued Soummam.
C’est une région très protégée naturellement assurant des conditions sécuritaires normales. Selon les historiens les avant-projets de textes étaient prêts dès le mois de mai 1956 dans un lieu sûr au Djurdjura. Une délégation des Aurès devait ramener les documents, mais tomba dans un accrochage près de Tazmalt, occasion qui permit aux forces coloniales de saisir les textes. Sans pour autant dévoiler le lieu et la date. Mieux, avec cette découverte, pour l’ennemi le congrès s’est déjà tenu à Tazmalt. Un quadrillage systématique dirigé par le général Dufour enserra la région.  Et si rien n’a filtré sur la date de la tenue du congrès, c’est parce qu’elle est restée confidentielle. Parmi les absents, la délégation extérieure du FLN qui n’a pas assisté, pour des raisons sécuritaires, et la délégation des Aurès en raison de la mort de Si Mostefa Ben Boulaïd. Le congrès, qui durera une quinzaine de jours, entama ses travaux le 13 août 1956 présidés par Larbi Ben M’hidi, le secrétariat fut confié à Abane Ramdane.

Abane Ramdane,  l’homme par qui le succès arrive 

Abane Ramdane, l’un des principaux architectes, a vu son vœu de doter l’action armée d’une charte se réaliser.......la plateforme du Congrés de la Soummam. Une lecture de ce document fait apparaître que cette charte a doté la Révolution de véritables structures et de projets à la fois idéologiques et politiques qui faisaient  défaut au lendemain du déclenchement de la Révolution de Novembre 1954. Elles se divisent en trois parties: la situation politique de l’époque, les perspectives générales et les moyens d’action et de propagande.
Comme elle a fait état du succès de la résistance armée, souligné le soutien indéfectible du peuple et consacré l’indivisibilité de la nation algérienne, mais aussi son indépendance et sa souveraineté dans tous les domaines.  Le Congrès de la Soummam dont la présidence a été confiée à Larbi Ben Mhidi, avait, outre la réaffirmation de la nécessité de la lutte armée, fixé les conditions d’un cessez-le-feu : pas avant la reconnaissance de l’indépendance, de l’intégrité du territoire, Sahara compris, et cela bien avant le démarrage des négociations.  Dans le chapitre réservé aux perspectives politiques, la charte a défini une doctrine politique claire : «Le but à atteindre, c’est l’indépendance nationale. Le moyen, c’est la révolution par la destruction du régime colonialiste».
Le congrès de la Soummam organisé au cœur de l’Algérie, où la France claironnait que ce qu’elle appelait «événements d’Algérie» étaient le fait de bandits loin de représenter la population, ses promoteurs ont montré à la France coloniale et au monde entier que la révolution déclenchée le 1er Novembre 1954 n’était pas le fait d’égarés de la société, mais un mouvement coordonné, mené par une direction politique avec pour objectif le recouvrement de l’indépendance.  D’ailleurs, en conclusion, il est mentionné: «La Révolution algérienne du 1er Novembre 1954 est sur la bonne voie.» La lutte sera encore difficile, âpre, cruelle.

 

Un musée ­­pour perpétuer le Congres historique de la Soummam

Sorti des limbes en 1984, le musée du Moudjahid d’Ifri-Ouzellaguene, à 65 km à l’ouest de Bejaia, est assurément le monument le plus populaire des attractions historique de la wilaya, gagnant un surcroît d’intérêt au fil des années.  Il est bâti  au coeur même du site, qui en aout 1958, a accueilli, le Congrès historique de la Soummam.Chaque année ce sont plus de 15.000 visiteurs qui affluent vers le site.
Le site est, situé à 8 km au nord de la localité d’Ighzer Amokrane, au coeur d’une forêt dense et dans un endroit en altitude offrant une vue dominante et précise sur le quatre coins de la région, parfois sur plusieurs dizaines de kilomètres.
L’on comprend, le choix, au demeurant, d’y organiser ce congrès historique, le lieu permettant alors de contrôler tout mouvement suspect voire anodin de l’armée coloniale. Outre un imposant mémorial, placé au milieu du site, le musée se compose d’une immense esplanade, surmonté par des gradins et au-dessus desquels s’offre singulièrement deux maisonnettes qui avaient fait office de salles des congrès en 1958. Nichées tout en hauteur, elles semblent narguer le temps et l’espace, pour mieux témoigner, sans influence, de la complexité et des enjeux de l’époque.  En contrebas, tout a fait à l’opposé, sur le côté latéral gauche, se dressent les statues grandeurs natures, des héros, dont Abane Ramdane, Krim Belkacem, Zighoud Youcef, Larbi Ben M’hidi, Lakhdar Ben Tobbal, et Amar Ouamrane, réunis en posture décontractée sur le parvis, magnifient et vivifient les lieux, faisant accroître à leur retour et la reprise de leurs travaux.  En face, y sont érigés deux blocs d’expositions, et une salle de projections qui s’attachent à valorise cette histoire et à lui donner par ailleurs une portée éducative, les écoliers étant souvent les invités qui se relie le plus sur les lieux le long de l’année.

RAPPELS

MEMBRES PRESENTS :
Larbi Ben Mhidi, représentant de l’Oranie, président de séance.
Abane Ramdane, représentant le FLN, secrétaire de séance.
• Amar Ouamrane, représentant l’Algérois.
Krim Belkacem, représentant la Kabylie.
Zighoud Youcef, représentant le nord-Constantinois.
Bentobbal, adjoint de Zighoud.

MEMBRES ABSENTS :
• Mostefa Ben Boulaïd, représentant les Aurès-Nememchas tombé au champ d’honneur le 22 mars 1956
• Si Cherif, représentant le Sud (excusé après avoir adressé son rapport à la réunion.)

ORDRE DU JOUR :
1 - Raisons et objet de la réunion :
2 - Compte-rendu :
a - Organique : Découpage, Structure, P. C.
b - Militaire : Effectifs, Unités, Composition, Armement.
c - Finances : Recettes, Dépenses, Caisse.
d - Politique : Etat d’esprit des Combattants et du peuple.
3 - Plateforme politique.
4 - Uniformisation :
a - Organique, découpage, structure, mutations, P. C.
b - Militaire, unités, grades, insignes, décorations, soldes et allocations familiales.
c - Politique, les commissaires politiques et leurs attributions.
d - Administration ; Assemblées du peuple.
- Le FLN : Doctrine, Statuts, Règlement intérieur, les organismes de direction CNRA- CCE et commissions.
• ALN : Terminologie (Moudjahid, Moussabil, Fidaï), Phase actuelle, extension et développement offensif.
• Rapport FLN - ALN : Rapport intérieur-extérieur, la Tunisie, le Maroc, la France.
• Matériel.
• Calendrier de travail : Militaire, Politique ONU, Gouvernement provisoire.
• Divers : Kabylie - Aurès, etc.