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Roman Yasmina Khadra- "Khalil"

Date de création: 18-08-2018 19:36
Dernière mise à jour: 18-08-2018 19:36
Lu: 13 fois


DEFENSE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN YASMINA KHADRA- « KHALIL »

Khalil. Roman de Yasmina Khadra. Casbah Editions, Alger 2018, 990 dinars, 260 pages

 

Vendredi 13 novembre 2015. A Paris, il y a une grande rencontre internationale de football  qui se prépare au Stade de France. C’est la fête et ça trinque fort dans les terrasses parisiennes.

Vendredi 13 novembre 2015, venant de Belgique en voiture, conduite par Ali, simple convoyeur, quatre jeunes gens : Deux frères venus d’on ne sait où, des amis d’enfance de Molenbeek, Driss et Khalil,  (nés en 1992), du même quartier, du même immeuble, de la même école, avec le même échec scolaire.....Les quatre sont envoyés à Paris en kamikaze « pour transformer la fête en un deuil planétaire ». Rien que ça !

Les quatre sont pourvus de ceintures bourrées d’explosifs et leurs « formateurs » (une cellule terroriste dirigée par un « Cheikh », imam révéré,  sous couvert d’une association dite caritative, « Solidarité fraternelle ») leur ont assigné des objectifs précis.

Pour Khalil, chargé de « se faire exploser » dans une station de métro à une heure de pointe (après le match) , c‘est le grand flop.......le système de mise à feu n’ayant pas fonctionné.....mais il découvrira  , par la suite, lors de son repli (sa fuite solitaire )  , qu’il allait être « explosé » téléphoniquement. Heureusement ( ?) pour lui, le téléphone utilisé (bien caché dans la ceinture) était obsolète. Driss son ami, son frère,  qui avait pour mission de cibler les supporters à la sortie du stade, mourra, abattu par les services de sécurité.Lesdeux autres frères , les illustres inconnus venus d’on ne sait où, étaient chargés d’intervenir à l’intérieur du stade....Ils n’iront pas plus loin que l’entrée du stade.

C’est là que le vrai roman commence. Khalil n’ayant pas été soupçonné donc non inquiété ni recherché par la police va tenter de remonter le temps et la filière pour tenter de comprendre son « engagement » (« servir Dieu et se venger de ceux qui l’avaient chosifié ») et la « trahison » (le coup « tordu du téléphone) . Retoiur au pays (la Belgique) . Il sera vite récupéré par Lyès,  l’ « émir » du coin, lui aussi ami d’enfance mais plus âgé   qui, au départ, « n’avait ni dieu ni prophète » mais s’était vite retrouvé « émir ,preux chef de guerre ».

Une autre mission lui est confiée : un attentat au paysd’origine , le Maroc. Entre-temps, sa sœur jumelle Zahra  – qu‘il adore - meurt dans un attentat terroriste islamiste à Bruxelles. Les deux personnes qu’il chérissait  et admirait n’étaient donc plus là : «  La mort de Driss avait laissé un gouffre en moi, et celle de Zahra les ténèbres qu’il abrite » .

Découvrant que , derrière lui , «  il n’y  avait que des regrets », commence alors une cogitation sur son passé, sur le sens de l’ « engagement » , sur  le pourquoi du comment. C’est  la découverte du « vrai devoir qui est de laisser vivre » ! ......Une fin surprenante, non décrite mais à deviner. Du grand Khadra. Observateur et analyste méticuleux de la société.....et philosophe. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ Auteur:   Moulesshoul Mohamed est né en 1955 à Kenadsa(Béchar)
En 1964, il entre à l'Ecole nationale des cadets de la Révolution, à Tlemcen puis à 
Koléa. Après 11 ans d'internat scolaire, il entre, en 1975, à l'Académie militaire de Cherchell. . En septembre 2002, alors Commandant, il  quitte l'uniforme : 
Il avait déjà écrit 
"Houria" à l'âge de 17 ans, puis d'autres romans dont deux en France, en 1986 et en 1989. 
A partir de 1989, sous le pseudonyme de Yasmina 
Khadra, il "entre " dans la clandestinité littéraire et il crée son fameux et célèbre personnage, le Commissaire Llob
Plusieurs succès littéraires reconnus mondialement .Son livre, "Les hirondelles de Kaboul" (1984) lui 
ouvre les portes du cinéma. 
Mardi 22 mars 2006, Yasmina 
Khadra se voit décerner, à Paris, le 16ème Prix Tropiques de l’Agence française de développement (Afd) pour son livre « L’Attentat», sorti en septembre 2005 et dont les droits ont été vite achetés pour la réalisation d’un film aux Etat-Unis. Ce livre avait déjà été distingué avec le 52ème Prix des Libraires 2006, lors de la 26ème édition du Salon du livre de Paris. Autre livre à succès : « Les sirènes de Baghdad ». 
Mardi 13 novembre 2007, il est désigné, par le Président de la République, Directeur du Centre culturel algérien de Paris.....qui connaîtra une assez belle activité.

Plus d’une vingtaine de romans. Une œuvre traduite en 46 langues dans plus de 50 pays. Plusieurs prix internationaux. Certains romans adaptés au théâtre, au cinéma et en bandes desinées...... candidat à l’élection présidentielle de 2014.......et, auteur de quelques moments de « colère », tout particulièrement contre  les journalistes ou les institutions littéraires ,d’ici et d’ailleurs,  qui  critiquent sa production ou ne reconnaissent pas sa valeur.

 

 

 

Extraits : « Nous avons un cerveau pour réfléchir. Ce qui est mal est mal, rien ne le justifie et rien ne le minimise. Une personne raisonnable n’obéit qu’à sa conscience » (p 81) , « J’étais la lie de l’humanité, un putain de zonard sans devenir qui ne savait où donner de la tête  et qui  attendait que le jour se lève pour courir se  refaire dans une mosquée. Et la mosquée ,plus qu’un refuge, m’a recyclé comme on recycle un déchet (p 88), « Les gens ne font pas attention aux catastrophes qu’ils provoquent avec des mots déplacés. Les vrai criminels , ce ne sont pas ceux qui se font sauter au milieu de la foule, mais ceux qui ont rendu la boucherie possible » (pp 141-142), « On ne tue pas desinnnocents parce qu’un enfoiré de raciste a dit des conneries » (p 142), « A Bruxelles, il suffit au ciel de se dégager pour que les rues arborent un air de fête. Mais qui prendrait l’éclaircie pour une rédemption ? Cette ville m’a toujours menti. Cela faisait longtemps que je ne prenais  plus ses promesses pour argent comptant » (p 177)

Avis :  Un roman inspiré des attentats terroristes islamistes du 13 novembre 2015 en France (dont le mitraillage de terrasses de cafés et de restaurants et un massacre au sein de la salle de spectacles « Le Bataclan »). Un roman qui essaye d’aller à la recherche de la vérité  - non pour démonter certaines théories insensées (émises à l’époque) ,mais pour démontrer que la réalité peut être  autre - à travers le personnage de Khalil, le narrateur . Mais , à mon avis, on ne peut pas tout excuser ; encore moins lorsque la violence et le meurtre sont érigés en solution de problèmes. Et, encore bien moins lorsque la religion est utilisée comme alibi.

Citations : « Ce qui se passe est l’aboutissement logique d’un processus aussi vieux que l’instinct grégaire : l’exclusion exacerbe les susceptibilités, les susceptibilités provoquent la frustration, la frustration engendre la haine et la haine conduit à la violence. C’est mathématique » (p 91 « Les terroristes et les racistes sont des frères siamois.Si les premiers sont entrés en action, les seconds n’attendent que l’heure de passer à l’acte » (p 93), « L’existence est ainsi faite ;il y a des gens aisés et des gens lésés, des gens à qui tout réussit et des canards boiteux » (p 226), « La curiosité est la mère nourricière des tentations, et les tentations sont traîtresses » (p 229), « La colère est une fuite en avant, le rejet brutal de notre inaptitude à faire la part des choses, la faillite outragée du bon sens. Tout ce qui échappe à notre contrôle envenime la raison et ne fait qu’assombrir davantage les jalons de notre perdition. Les guerres ne sont que peine perdue et les damnés exaltés sont complices de leurs malheurs » (pp 239-240)