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Adjani Isabelle

Date de création: 18-08-2018 19:19
Dernière mise à jour: 18-08-2018 19:19
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CULTURE- PERSONNALITE- ADJANI  ISABELLE

 

 

Née d’un père algérien, Mohammed Chérif Adjani (1923-1983), né à Constantine, engagé à l’âge de seize ans dans l’armée française durant la Seconde Guerre mondiale, fils de Saïd Adjani, originaire d’Iferhounène, établi vers 1920 à Constantine et d’une mère allemande, d’origine bavaroise, Augusta Emma Schweinberger, dite Gusti, morte en février 2007. Dans une interview donnée en 1985, Isabelle Adjani explique pourquoi sa mère avait l’habitude de dire que son mari était d’origine turque : elle avait honte de ses origines algériennes. Elle lui demanda également de changer son prénom Mohammed en Chérif car cela faisait plus « américain ».

Cette éloignement de ses origines algériennes, Isabelle Adjani, va le cacher jusqu’à 1988, après les événements du 5 octobre, qui ont bouleversé le champ politique en Algérie. Ce jour-là, la comédienne révéla pour la première fois au public français sur un journal télévisé ses origines algériennes.  Au cinéma, Isabelle Adjani n’avait jamais joué dans des rôles d’algérienne ou maghrébine. Elle effectue son premier voyage en Algérie en novembre 1988 pour soutenir la jeune démocratie née d’octobre 1988.

On se souvient de sa première sortie médiatique le 2 novembre à l’Université de Bouzaréah à Alger, à l’invitation de la ligue des droits de l’homme d’Ali Yahia Abdenour. Elle monte à la tribune et déclare à l’époque qu’elle était « fière de participer à la naissance d’une démocratie ». Lors de son passage à Alger, elle a insisté pour voir Matoub Lounès alors hospitalisé à l’hôpital Maillot à la suite de la tentative d’assassinat dont il a été victime de la part d’un gendarme en 1988. Très rebelle comme lui elle refusa une protection de l’Etat algérien durant sa visite en Algérie.  Cette position démocrate à l’époque très proche de celle du RCD et symbole du combat pour la démocratie n’était pas du goût des responsables politiques à Alger à l’époque. Isabelle Adjani qui s’est engagée dans un combat pour le soutien de la démocratie était opposée au pouvoir et favorable à une transition démocratique. Elle s’est notamment illustrée en manifestant son soutien à l’arrêt du processus électoral en Algérie pour stopper l’avancée des islamistes. Une position qui était très contestée à cette époque par le président français François Mitterrand, ce qui perturba durant une décennie les relations entre Alger et Paris.  

Après cet épisode politique, Isabelle Adjani s’est plongée dans un silence médiatique concernant l’Algérie. Elle refusa toute évocation sur la situation en Algérie notamment durant la décennie noire et les massacres des populations. Aucune réaction « officielle » aussi après l’assassinat de Maatoub Lounas avec qui elle était très liée.  

 

Isabelle Adjani qui n’avait pas de racines en Algérie a refusé d’accompagner les différents présidents français en déplacement en Algérie : Chirac en 2003, Sarkozy en 2007, Hollande en 2012 et Macron  en 2018. Très rebelle elle refuse toute récupération politique. 

. Adjani qui passait par une période difficile, avait zappé toutes les initiatives de rapprochement entre elle et l’Algérie. 

 

Elle avait refusé l’invitation du président Bouteflika pour faire partie d’une rencontre avec l’élite de la communauté algérienne vivant en France lors de sa visite en France en 2000. 

Elle refusa également d’accompagner les dizaines d’artistes franco-algériens et français invités par la Présidence algérienne lors de l’opération cinéma de l’été organisée par l’opérateur Ait Adjadjou en 2001. L’objectif de cette opération c’était d’améliorer l’image de l’Algérie en France écorchée par les médias parisiens. 

Ce jour-là, il y avait des artistes franco-algériens comme Yamina Benguigui, Samy Nacery, Said Amadis, Faudel ou encore les artistes français nés en Algérie durant la colonisation : à l’image de Roger Hanin, Alexandre Arcady, Robert Castel et Serge Benhamou. Ce jour-là tout le showbiz franco-algérien du cinéma était à Alger sauf Isabelle Adjani.   

Elle refusa également de servir d’égérie pour le groupe Khalifa et refusa tous les ponts d’or que lui avait offerts Moumen Khalifa entre 2002 et 2003. Une opportunité qui avait été saisie en revanche par les deux stars françaises : Catherine Deneuve et Gérard Depardieu. D’ailleurs, le président Bouteflika s’était interrogé sur l’absence de la star française d’origine algérienne au dîner offert par la Présidence à ses deux hôtes français après le match OM-Algérie. Moumen Khalifa avait expliqué à l’époque que la comédienne était malade qu’elle ne pouvait pas venir. Mais en réalité, Adjani était opposante à toute rencontre avec les officiels algériens.