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Farès Nabil

Date de création: 31-08-2016 21:16
Dernière mise à jour: 31-08-2016 21:16
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CULTURE- PERSONNALITES- FARES NABIL

Décédé mardi 30 août 2016 en France (Paris), Nabil Farès est né le 25 septembre 1940 à Collo (Skikda) , lieu où résidait sa famille en raison des la carrière politique (et de notaire)  de son pèr. , Nabil Farès a grandi dans une famille de lettrés ; son grand-père puis son père lui transmettront cet amour pour la littérature et la culture. Après des études au lycée de Ben Aknoun d'Alger, il adhérera à l’ALN en 1960, avant de rejoindre la France pour continuer ses études.Fils de Abderrahmane Farès, chef de l’exécutif provisoire de l’Algérie indépendante, Nabil Farès décide de quitter l’Algérie pour s’installer en France. Là-bas, il poursuivra ses études et obtiendra un doctorat d’État en sociologie en 1971, ainsi qu’une maîtrise en philosophie. Il enseignera par la suite la littérature à Paris et à Alger, et avant de finir sa carrière comme professeur à l’université de Grenoble.
Nabil Farès commence à publier ses romans au début des années 1970, avec l’apparition de Yahia, pas de chance,  un jeune homme de Kabylie (Le Seuil, 1970), réédité et traduit en kabyle par Achab Ramdane en 2009. Le roman abordait les thèmes de l’indépendance, des désillusions, des déceptions politiques, de la recherche de soi et de son identité… Charles Bonn dira à ce propos que cet ouvrage a signé “la naissance de Farès à la littérature, Yahia, pas de chance est la relation des naissances successives de Yahia au monde, et de ses sauts dans le vide, de ses arrachements comme de sa disponibilité. Yahia est l'homme de l'irréversible, du temps”. Les œuvres qui ont suivi abordaient encore les thèmes chers à l’écrivain ; la décolonisation, la guerre, l’indépendance, l’exil avec notamment le Chant d'Akli (1971), Un passager de l'Occident (Le Seuil, 1971), Mémoire de l'absent (Le Seuil, 1974) ou encore l'Exil et le Désarroi, (François Maspero, 1976). Avec l’arrivée des années de sang, l’auteur traitera les thèmes de la religion, de l’extrémisme, de la guerre civile. Il tentera également de réhabiliter la richesse du terroir kabyle et ses contes, à travers des œuvres comme L'Ogresse dans la littérature orale berbère (Karthala, 1994), ou était une fois l'Algérie (Editions Achab, 2011), qui, tout en puisant de la tradition orale, évoquait la tragédie de la décennie noire à travers le personnage de Slimane. Il confiera d’ailleurs dans un entretien accordé au site Lematin.dz, que ce livre, qui sera malheureusement son dernier, parlait en réalité une tragédie : “Nous tenons au conte merveilleux dans la façon dont on raconte aux enfants les premières histoires pour les amener à penser(…) Mais, quand, dans le monde que l’on vit, des personnes que l’on côtoie qui sont des humains se comportent comme des ogres, il y a quelque chose qui bascule.” Il était par ailleurs auteur de pièces théâtrales dont Histoire de Malika et de quelques textes importants comme la Nuit de Benjamin, Textes écrits contre un pays défunt, Corps tombés de guerres obscures, la Vie d'Héphaïstos, Complainte des enfants du XXIe siècle.