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Essai J.P Sartre- Anticolonialisme

Date de création: 29-08-2016 15:56
Dernière mise à jour: 29-08-2016 15:56
Lu: 134 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’AL MANACH- ESSAI J.P SARTRE- ANTICOLONIALISME

Positions anticolonialistes. Essais de Jean-Paul Sartre (Préface de Fatima Beldjord) .Editions Anep, Alger 2012,  122 pages, 200 dinars

Ce ne sont pas les penseurs français de l’anticolonialisme qui ont  manqué. Francis Jeanson, André Mandouze, et aussi le « froid » Raymond Aron, chacun selon son style et ses moyens . On a même eu , dès le début du XXè siècle, Paul Vigné d’Octon dont les ouvrages (« La Gloire du Sabre » et « La sueur du Burnous ») ont fait l’objet d’un « incroyable refoulement » .Albert Camus, lui,  avait préféré « (sa) mère » à « la Justice », « amorçant aisni l’immense et  terrifiante régression inféconde de la pensée française... » 

Mais , Jean Paul Sartre est, à coup sûr, le plus grand penseur français de l’anticolonialisme....Déjà, dès mars 56 avec un article : « Le colonialisme est un système »....

Le recueil : quatre textes qui, au-delà de leur valeur littéraire et philosophique, ont eu une portée politique extraordinaire et dont les échos intellectuels demeurent encore vivaces .D’autant qu’ils ont accompagné  (comme préfaces) des textes encore aussi lumineux  et qui ont participé , à leur manière et par leur influence, aux bouleversements sociétaux ayant aider à mieux comprendre , pour mieux le combattre et le balayer, le colonialisme :

. « Orphée noire »  pour « L’Anthropologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française » de Léopold Sédar Senghor....une poésie « qui est , de nos jours, la seule grande poésie révolutionnaire ». « Ni satirique, ni imprécatoire : c’est une prise de conscience »

. Préface au « Portrait du colonisé » de Albert Memmi....qui « fait découvrir que le système colonial est une forme de mouvement , née vers le milieu du siècle dernier et qui produira  d’elle-même sa propre destruction »

. « Une victoire » , pour « La Question » de Henri Alleg, un texte puissamment révolté qu’il conclut en notant que « pour sauver la France de la honte et les Algériens de l’enfer,il n’y a qu’un moyen, toujours le même, le seul que nous ayons jamais eu, le seul que nous aurons jamais : ouvrir les négociations, faire la paix »..

. Préface aux « Damnés de la terre» de Frantz Fanon.....qui « a montré la route : porte parole des combattants, il a réclamé l’union, l’unité du continent africain contre toutes les discordes et tous les particularismes »

jamais fait de tels commentaires, et

 

 

L’Auteur : . Après l'Ecole Normale Supérieure, Jean-Paul Sartre passe l'agrégation en 1929 - c'est à cette période qu'il fait la connaissance de Simone de Beauvoir. Il est nommé professeur de philosophie au lycée du Havre, puis à Neuilly en 1937.

Seconde Guerre Mondiale : soldat, prisonnier, résistant et auteur engagé, Pendant la guerre, il rédige son premier essai qui deviendra son oeuvre philosophique majeure,
"L'Être et le Néant", où il approfondit les bases théoriques de son système de pensée. Recruté par Albert Camus en 1944, il devient reporter dans le journal "Combat"
.

Dans les années qui suivent la libération, Jean-Paul Sartre connaît un énorme succès et une très grande notoriété comme chef de file du
mouvement existentialiste
qui devient une véritable mode.. Dans "l'Etre et le Néant", il aborde les rapports entre conscience et liberté. L'ouvrage s'articule autour des thèmes de la conscience, de l'existence, du pour-soi (manière d'être de l'existant), de la responsabilité de l'être-en-situation, de l'angoisse lorsque la conscience appréhende l'avenir face à sa liberté, de la liberté d'échapper à l'enchaînement des causes et déterminations naturelles, du projet lorsque la conscience se projette vers l'avenir.

Pour Jean-Paul Sartre, Dieu n'existant pas, les hommes n'ont pas d'autres choix que de
prendre en main leur destinée
à travers les conditions politiques et sociales dans lesquelles ils se trouvent.

Le théâtre et le roman sont pour Jean-Paul Sartre un moyen de diffuser ses idées grâce à des
mises en situation concrète (Huis clos, Les mains Sales, La nausée…). Il mène une vie engagée en se rapprochant du Parti communiste
en 1950, tout en gardant un esprit critique, avant de s'en détacher en 1956 après les événements de Budapest.

Jean-Paul Sartre garde cependant ses convictions socialistes, anti-bourgeoises, anti-américaines, anti-capitalistes, et surtout anti-impérialistes. Il mène jusqu'à la fin de ses jours de multiples combats : contre la guerre d'Algérie et la guerre du Viêt-Nam, pour la cause palestinienne, les dissidents soviétiques, les boat-people.... Il refuse le prix Nobel de littérature en 1964 car, selon lui,
"aucun homme ne mérite d'être consacré de son vivant".

.Fatima Beldjord est universitaire, psychanalyste. Signataire, en mars 2001, d’un « Appel des intellectuels algériens » (dont Dib, Boudjedra, Benoune, Chaulet, Soufi, Djeghloul, H. Remaoun, Z. Drif....) soutenant l’Armée et s’élevant contre la campagne lancée à ’étranger contre l’Anp



 

Extraits : «  Jean Paul Sartre , un passionné de la liberté actionnelle des personnes et des peuples avant que n’advienne le temps des « nouvbeaux philosophes » à l’ écriture glacée , grinçante comme un billet de banque neuf et aussi vieux que le « veau d’or » (Fatima Beldjord, p 7), « Parce qu’il (le Noir) a,  plus que tous les autres , souffert de l’exploitation capitaliste, il a acquis , plus que tous les autres, le sens de la révolte et l’amour de la liberté «  (p 55), « En lisant le dernier chapitre de Fanon, (vous vous persuaderez qu’) il vaut mieux être un indigène au pire moment de la misère qu’un ci-devant colon » (p 121) 

 Avis : « Lire les préfaces de Jean Paul Sartre avec les yeux de Paul Vigné d’Octon et de l’Emir Khaled, de Jaspers et de Merleau –Ponty, de Frantz Fanon et de Malek Bennabi, avec les yeux, aussi, de Jean Paul Sartre lui-même, rompant publiquement à la fin de sa vie , en mars 1980, dans les colonnes du Nouvel Observateur, avec l’athéisme démiurgique qui est la tare indélibile de l’existentialisme sartrien » (Fatima Beldjord, p 8)

Citations : « Le poème est une chambre obscure où les mots se cognent en rondes, fous.Collisions dans les airs : ils s’allument réciproquement de leurs incendies et tombent en flammes » (p 27), « J’ai toujours pensé que les idées se dessinent dans les choses et qu’elles sont déjà dans l’homme, quand il les réveille et les exprime pour s ’expliquer sa situation » (p 70), « La torture est cette haine, érigée en système et se créant ses propres instruments » (p 84), « La torture est une vaine furie, née de la peur » (p 88), « Aux colonies, la vérité se montrait nue ; les « métropoles » la préféraient vêtue » (p 97) , « Nous ne devenons ce que nous sommes que par la négation intime et radicale de ce qu’on a fait de nous «  (p 108), « L’Européen n’a pu se faire homme qu’en frabriquant des esclaves et des monstres « (p 117),