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Essai M. Boudia - "Mohamed Boudia, un homme hors du commun..."

Date de création: 09-07-2018 11:40
Dernière mise à jour: 09-07-2018 11:40
Lu: 17 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI M. BOUDIA- « MOHAMED BOUDIA,UN HOMME HORS DU COMMUN.... »

Mohamed Boudia, un homme hors du commun.Un homme assassiné deux fois.  Essai de Boudia Mohamed, El Ibriz Editions, Alger 2015, 500 dinars, 70 pages.

Il est mort le 28 juin 1973 (à l’âge de 41 ans)  assassiné (explosion d’une bombe à mercure placée sous le siège  sa voiture) par les services secrets israéliens.....à  Paris où il résidait dans une certaine clandestinité. On le connaissait homme de culture , écrivain, comédien , homme de théâtre et de presse, mais aussi, pour les plus avertis (et les plus âgés, la trentaine en 62), militant actif – en compagnie de son ami Mohamed Zinet- au sein de l’Ocfln, dès 1955, conjuguant animation culturelle et activité politique pour la cause indépendantiste en France même, aux côtés  de Mourad Bourboune, entre autres (il fut arrêté en 1958 et emprisonné assez longtemps en France , aux Baumettes puis à Angers.Il s’évada de prison en 1961  pour se rendre en Tunisie).

Après le coup d’Etat du 19 juin 1965, recherché en Algérie par la police pour ses idées trop marquées de gauche, il se voit obligé de se réfugier......en France. Il participera à la création de l’Orp en 1967. Et, très proche de Georges Habbache (du Fplp) , une  nouvelle aventure , celle du combat pour la liberté des autres, en l’occurrence les Palestiniens (avec le  Rassemblement unitaire des révolutionnaires (RUR), allait commencer........dans le plus grand secret. Il va devenir « l’homme aux cent visages » auquel on attribua (en même temps qu’à Carlos avec lequel il était effectivement en contact) , après les évènements de Munich (Jo de 1972) qui vit la prise d’otages et la mort d’athlètes israéliens,  tous les attentats perpétrés en Europe.

Il ne tarda donc pas à être dans la « ligne de mire » de tous les services secrets, israéliens et/ou européens et même américains. Mais, bien qu’étroitement « pisté », il arrivait à déjouer tous les traquenards tendus....et à éliminer bien des agents du Mossad.

Bien sûr, après son assassinat, le dossier de l’enquête, bâclée,  fut assez vite « classé » et la presse européenne , surtout celle de droite et pro-sioniste,  « tricota » à l’envie, développant les thèses les plus farfelues, toutes évitant de mettre en cause les services du Mossad en territoire étranger: « Boudia victime d’une mauvaise manipulation d’un engin explosif », « Elimination par les services de sécurité du régime de Houari Boumediène ».....C’est seulement le 2 juillet 1973 que les israéliens reconnaissent ouvertement leur crime.

Mohamed Boudia décédé, il sera assez vite vengé par un groupe de  jeunes palestiniens, le « commando Mohamed Boudia » ....avec un attentat-suicide à la voiture piégée dans un centre de loisirs de Tel Aviv. La première opération « kamikaze ». Carlos entreprendra aussi une série d’attentats.

A noter que « les dirigeants algériens ont refusé , après sa mort, qu’il soit enterré en Algérie.....et ce n’est qu’ « avec l’avènement de Chadli Bendjedid qu’on permit le rapatriement de son corps et il fut inhumé au cimetère d’El Kettar, presque incognito ». Plusieurs vies, plusieurs morts !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Auteur : Un homonymed u héros.  Né à Ouled Ben Abdelkader (Chlef) en 1944. Etudes primaires et secondaires à Oran, Ecole normale nationale d’enseignement technique d’El Harrach, Professeur d’enseignement technique théorique, Directeur de collège. Retraité, il préside le café littéraire de Chlef.....Passe-temps , l’écriture : déjà auteur d’une dizaine d’ouvrages, des romans, de la poésie.... (en France, en Belgique, en Algérie...)

Extraits : «   C’est le seul qui a su allier le militantisme politique et l’activité culturelle.......Il était journaliste, écrivain et dramaturge »(p 12), « Il ne dissociait jamais le combat politique du combat culturel, car pour lui, c’était une arme des plus redoutables » (p 13), « Mohamed Boudia était un humaniste. Il faisait bien la différence entre les sionistes et les israéliens » (p 25) 

Avis : Un hommage à un monument des  causes de libération nationale . Un texte plus militant qu’essai complet et rigoureux. On  a vu bien mieux sur le personnage et la personnalité de Boudia.....mais, c’est toujours ça.Comme toujours , je n’apprécie guère les digressions inutiles comme celle consacrée à « l’élevage et l’entraînement des pigeons voyageurs » par les services secrets britanniques (pp 29-30) ......et  les jugements que je trouve hâtifs comme « L’avènement de la soi-disant (Sic !) « démocratie » et du pluralisme (re-sic !) ainsi que la création de la presse indépendante ( !?)» (p 64)....oubliant que c’est avec l’avènement de la « démocratie » que le corps de Mohamed Boudia fut, enfin, rapatrié dans son pays natal et inhumé à El Kettar.

Citations :  « C’était un poète, un homme de théâtre , un écrivain et un militant hors du commun » (p 17), «  La course au pouvoir a , de tout temps, été à l’aube de plusieurs injustices vis-à-vis de héros et de gens qui pouvaient donner un plus à l’essor tant politique que scientifique et social à un pays nouvellement indépendant et qui avait besoin des facultés de tous ses enfants » (p 61), « Mohamed Boudia a été assassiné par deux fois. La première par ses propres compatriotes et la seconde par les services secrets israéliens » (p 63)