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Presse écrite- El Khabar

Date de création: 05-07-2018 10:45
Dernière mise à jour: 05-07-2018 10:45
Lu: 4 fois


COMMUNICATION- GESTION-PRESSE ECRITE- EL KHABAR

 

©www.bourse-dz.com, 30-1-2018

 

Le patron de Cevital Issad Rebrab convoitait El Khabar pour sa forte rentabilité mais surtout l’importance de ses actifs fonciers qu’il a d’ailleurs gardés en contrepartie des 400 milliards de centimes versés aux actionnaires de l’entreprise éditrice du journal après l’annulation de la transaction par la justice, il les loue à leurs désormais anciens propriétaires.

En effet, l’entreprise éditrice du quotidien arabophone El Khabar, second deuxième grand tirage du pays  et véritable faiseur d’opinion, à savoir la Spa El Khabar a toujours réalisé d’exceptionnels profits et ce, tout au long des années antérieurs à sa vente au magnat de l’huile et du sucre en 2016 –transaction annulée par la justice parce que la législation algérienne stipule qu’personne ne peut disposer de plus d’un titre, Rebrab étant déjà propriétaire du journal arabophone Liberté –.

 

Ainsi, la Spa El Khabar a dégagé des bénéfices de 27 milliards de centimes de dinar en 2010, 19 milliards de centimes en 2011, 24 milliards de centimes en 2012, 40 milliards de centimes en 2013, 29 milliards de centimes en 2014 et 38 milliards de centimes en 2015, soit près de 180 milliards de centimes en six ans. A l’exception de l’Expression, qui est un cas à part, aucun autre journal algérien n’a réussi autant de performances durant cette période, affichant un taux de profitabilité oscillant entre 15 et 30% et une rentabilité financière allant de 30 à 45%. Et ce, malgré la multiplication par deux de sa masse salariale entre 2010 et 2015, passant de 20 à 38 milliards de centimes. Mieux, le journal était assis sur des réserves de l’ordre de 39 milliards de centimes en 2015. Un confortable matelas financier qui s’ajoutait à ses actifs fonciers (bâtiments et terrains), comptabilisés à 8,2 milliards de centimes et valait dix fois plus. C’était une belle affaire pour Cevital d’autant que le journal fait partie d’un groupe qui dispose de sociétés d’impression possédant des actifs fonciers plus importants ainsi qu’une chaîne de télévision. Et quand bien même cette dernière était déficitaire, constituant un fardeau pour le groupe, l’ensemble des actifs valait la peine.

Dans ce contexte, et outre le fait que l’argument des actionnaires pour le vendre prétendant des difficultés financières était fallacieux, il convient de souligner que le Tribunal de Bir Mourad Raïs qui a annulé la transaction avait un argument solide. La loi relative à l’information promulguée en 2012 a interdit l’appropriation de plus d’un titre de la presse. La corporation des journalistes qui s’était mobilisée pour défendre ce rachat du journal par Cevital était en fait en retard d’un combat puisqu’il fallait se mobiliser plutôt pour la suppression de cette disposition du projet de loi relative à l’information avant sa promulgation en 2012. Mais, passons, à l’époque, la vente, au moins celle des principaux journaux, n’était pas envisageable. Ce qu’il faut retenir est que toutes les jurisprudences dans tous les pays qui disposent d’une législation anti-trust et cette disposition limitant la propriété dans le secteur de la presse à un seul titre en est une même si elle est exagérée, considèrent que le véhicule d’investissement importe peu du moment que la personne qui le contrôle se met dans une position dominante. C’est-à-dire, l’on ne peut se cacher derrière la multitude de sociétés qu’on possède pour dominer un marché. Puisque l’argument de Rebrab était justement que la société utilisée dans la transaction du rachat d’El Khabar (Ness Prod, filiale de son groupe Cevital) était indépendante de l’entreprise éditrice du journal Liberté dont il contrôle presque à 100%.

Il convient, enfin, de signaler que la plus belle année de l’entreprise éditrice du journal El Khabar en termes d’expansion économique a été 2013 avec 193 milliards de centimes de chiffre d’affaires.