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Hémodialyse- Contribution HaddoumF./Liberté

Date de création: 31-03-2016 15:44
Derničre mise ŕ jour: 31-03-2016 15:44
Lu: 112 fois


SANTE- INFRASTRUCTURE- HEMODIALYSE- CONTRIBUTION HADDOUM F./LIBERTE

© Farid Haddoum/ Liberté, dimanche 21 février 2016

Contribution

Le formidable essor de l’hémodialyse en Algérie

C’est une délicate mission pour nous de raconter les débuts de la dialyse et de décrire son développement dans les différentes régions d’Algérie, de 1973 à nos jours. Nous débuterons par des remerciements éternels à tous ceux qui ont participé activement à la naissance de l’hémodialyse (HD) et nous leur dédions, sans en nommer aucun, cet article en hommage à l’œuvre réalisée.
Les débuts de l’HD en Algérie : C’est en 1960 à Évian (France), lors du premier congrès mondial de néphrologie, que la communauté médicale va découvrir et prendre conscience que la transplantation et l’HD sont devenues possibles.
Les médecins algériens n’étaient pas en reste, ni à l’écart des progrès en cours, en matière de dialyse. J’en veux pour preuve l’introduction de la technique de dialyse péritonéale (DP), dès 1970 dans le service d’hématologie du CHU Mustapha d’Alger. Ils avaient déjà introduit et “adopté” la technique de DP, en cours en France (Derot – Tanre – Legrain).
C’est à l’hôpital des maladies infectieuses El-Kettar d’Alger que les premières séances de rein artificiel ont débuté dès 1974. L’équipe médicale algérienne avait appris la technique de dialyse en France. C’étaient tous des médecins réanimateurs, d’autres allaient le devenir, certains se sont orientés, par la suite, vers la néphrologie naissante. Le rein artificiel venait tout droit des USA, le consommable venait des USA, de France et des Pays-Bas.
Ces faits nous ont été transmis par les collègues présents.
Ce sont les “fruits” de leur seule mémoire ou de quelques notes conservées. Nous n’avons pas de photos de l’époque ni d’articles de journaux. Contrairement aux premières greffes rénales, de 1986, les débuts de l’HD n’ont pas été médiatisés.
L’information s’est vite propagée : le rein artificiel est maintenant disponible à Alger !

Les premiers centres d’HD en Algérie
En 1978, deux centres d’HD ont vu le jour, l’un à Alger au CHU Mustapha en réanimation polyvalente (premier centre en Algérie) et le second à Constantine en réanimation polyvalente au CHU Ben Badis.
Au fur et à mesure que les premiers néphrologues algériens formés revenaient, de nouveaux centres voient le jour.
Ainsi de 1978 à 1983, 10 autres centres vont naître tout autour d’Alger, à Tizi Ouzou, à l’Est (Béjaïa, Sétif, Jijel, Annaba et Batna), puis à l’Ouest (Tlemcen et Oran).
Une formidable épopée pour ces néphrologues méritants, ils ont su affronter tous les obstacles et surmonter les nombreux défis, ils ont réussi à “ouvrir” ces centres sans se soucier de leur progression dans la carrière !
Un hommage doit être ici également rendu à tous les médecins généralistes, aux autres spécialistes et aux infirmiers qui ont travaillé à leurs côtés ! Ce programme national venait d’être lancé, il se poursuivra de 1983 à nos jours.

Le formidable essor de l’ -HD en Algérie
Le développement de l’HD est résumé par ces chiffres, ils parlent d’eux-mêmes ! Les 48 wilayas ont toutes plusieurs centres d’HD. Les régions du Sud et du grand Sud ont plusieurs centres : Tindouf, Tamanrasset, Djanet, Aïn Salah, Reggane, Illizi, Adrar !
Depuis 2010, il n’y a plus aucune zone d’insécurité sanitaire en matière d’HD en Algérie. Dès 2004, les caisses de sécurité sociale ont progressivement conventionné un grand nombre de centres privés d’ HD. Ainsi en 2014, on comptait 165 centres privés. Les 200 centres publics d’HD majoritaires dans le Nord, certes, sont également présents dans toutes les daïras du Sud, à l’exception de Bordj Badji Mokhtar et d’Aoulef dans la wilaya d’Adrar. L’ouverture prochaine, dans ces lointaines daïras, est prévue pour 2016 au plus tard. Ces données chiffrées permettent de mesurer le chemin parcouru depuis les années 1980, les efforts fournis, l’investissement financier, l’engagement politique et l’obstination de toutes les équipes médicales, qui ont fini par porter leurs fruits durant ces 40 années.
Peu de pays d’Afrique ont réussi ce “maillage national” des centres d’HD et une couverture quasi totale en néphrologie. Il reste à l’État d’axer ses efforts sur un plan financier pour réduire le coût de l’HD qui s’élevait en 2014 à plus de 400 millions d’euros. En mettant fin au monopole d’importation des équipements et consommables en HD, détenu par un seul opérateur depuis 15 ans, il pourra réduire la facture d’au moins 60%. Rendez-vous est donné aux lecteurs pour une autre histoire de la néphrologie, de la DP et de la transplantation rénale en Algérie.

F. H.
Chef de service de néphrologie, CHU Mustapha Alger.