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Témoignages,Ali Mebtouche- "Histoire d'un berger de Kabylie..."

Date de création: 05-07-2018 09:33
Dernière mise à jour: 05-07-2018 09:33
Lu: 6 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHÈQUE D’ALMANACH- TÉMOIGNAGE ALI MEBTOUCHE- « HISTOIRE D’UN BERGER DE KABYLIE..... »

Histoire d’un berger de Kabylie pendant la guerre d’Algérie. Témoignage de Ali Mebtouche. Editions La Pensée (L’Harmattan, Paris 2007), Tizi-Ouzou, 2016. 600 dinars, 176 pages

Berger, puis soldat mobilisé au sein de l’armée française pour aller combattre ,durant trois années, en Indochine, puis revenu au pays sous-officier bardé de médailles , soucieux d’exploiter un tel statut pour conforter sa place économique et sociale dans la société   .....il se retrouve brusquement prisonnier des harkis qui le malmènent et le torturent . Il arrive à s’évader......

Recruté par l’Aln, il rejoint le maquis (« il n’avait pas le choix ») et devient un de ses plus valeureux combattants......Hélas , cela ne va pas durer très longtemps, se retrouvant jalousé en raison de ses exploits (car, aussi, devenu sous-lieutenant puis lieutenant ) mais aussi et surtout pour la belle jeune fille qu’il vient d’épouser.  Une  querelle intestine habituelle qui, avec ses dérapages incontrôlés ,  va avoir de  lourdes conséquences.....sur tout le monde . A partir de l’ « enlèvement »  de l’épouse par le sous-lieutenant amoureux de la belle  et les pires exactions commises sur la belle-famille,  la vie va alors basculer . Après les durs combats pour la libération du pays du joug colonial, le héros va devenir .....harki ; un harki sanguinaire ......D’un extrême à l’autre !

 

 

L’Auteur : Né à Ait Aissa –Mimoun (Tizi Ouzou). Scolarisé durant la guerre à l’âge de treize ans jusqu’à l’âge de quinze ans, il a émigré en France à l’âge de dix-neuf ans.

Extraits : « Si la France métropolitaine était devenue un pays laïc depuis 1905, la France et l’Algérie n’avait jamais pratiqué la laïcité. Au contraire, elle s’était servie de l’Islam , en s’appuyant sur les chefs religieux les plus rétrogrades pour diviser et régner sans inquiétude au milieu d’un peuple arriéré , fanatisé par la religion » (p 34) , « Même s’ils (les villageois des montagnes)  étaient en désaccord avec les méthodes appliquées par le Fln, ils soutenaient la lutte de ce dernier , d’abord par peur des représailles, mais aussi par principe, car beaucoup de gens n’aimaient pas jouer le rôle de traître qui dénonce ses frères à l’ennemi. Souvent, ils étaient pris entre deux feux » (p 47) , « Souvent, durant la guerre d’indépendance, des luttes de pouvoir se produisaient entre les hommes du Fln. Quelques-uns d’entre-eux n’hésitaient pas à éliminer purement et simplement leurs compagnons, par jalousie et surtout pour pouvoir prendre leur place dans l’administration, à la fin de la guerre » (p 119).

Avis : Une vie bouleversante et bouleversée, réelle en totalité ou en partie, assez bien romancée certes et  prenante . Dommage, trop de  digressions politiques (avec des remarques à l’emporte-pièce)  et cultuelles avec un dernier chapitre (de trop !) sur la période post-indépendance sentant fort un certaine rancœur . Une « grosse » dent (de la haine) contre les marabouts et le maraboutisme  en Kabylie ? Des déceptions quelque part ?

Citations : «  Pendant la guerre d’indépendance, tout le monde soupçonnait tout le monde » ( p 41) , « Si les marabouts avaient fait régner le peur grâce à la religion, ils étaient devenus encore beaucoup plus forts depuis l’arrivée des Français en Algérie. La France s’appuyait sur eux pour fanatiser encore davantage le peuple paysan » (p 83) , « Si la guerre d’indépendance allait bientôt mettre fin à cent trente ans de colonialisme français, cette même guerre avait ouvert les yeux au peuple soumis à la domination de ces marabouts qui, depuis des siècles, dépouillaient les plus démunis par la tromperie de leur pseudo-religion » (p 94)