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Banque d'Algérie- Rapport 2014

Date de création: 31-03-2016 15:09
Dernière mise à jour: 31-03-2016 15:09
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FINANCES- CONJONCTURE- BANQUE D’ALGERIE- RAPPORT 2014

Les travaux de mardi 22 mars 2016, à l’Assemblée populaire nationale en séances plénières, présidés par Mohamed Larbi Ould Khelifa, ont été consacrées à la présentation au débat général du rapport annuel de l’évolution économique et monétaire du pays par le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Laksaci.

Les indicateurs des tendances principales pour l’année 2014 évaluent les recettes budgétaires à 5.719,0 milliards de DA, en diminution de -4% avec des dépenses budgétaires totales de 6.980,2 milliards de DA, soit une hausse de 15,9% par rapport à l’exercice précédent, pour des recettes des hydrocarbures estimées à 59,2%, ce qui couvre 48,5% des dépenses budgétaires totales. Les recettes hors hydrocarbures ont atteint un montant global de 2.330,6 milliards de DA, en progression de 2,2% contre 5,8% en 2013.
Les dépenses de fonctionnement et d’équipement ont été budgétisées respectivement à 4.714,4 milliards de DA et 2.914,7 milliards de DA dans la loi de finances de 2014. Elles ont été consommées à hauteur de 95,2% pour les dépenses de fonctionnement et à hauteur de 85,6% pour les dépenses d’équipement. Quant aux dépenses d’équipement, elles enregistrent leur plus forte hausse depuis le début des années 2000, soit 601,3 milliards de dinars (31,8% de croissance). Cette forte progression résulte pour l’essentiel de la croissance des dépenses des secteurs des mines et de l’énergie, de l’habitat et de dépenses diverses. Le déficit budgétaire, qui a été réduit en 2013 à 0,4% du PIB, affiche en 2014 un déficit de 7,3% du PIB. Ce déficit est enregistré en dépit d’un niveau de prix du pétrole demeuré relativement élevé (100,8 dollars le baril contre 109,5 dollars en 2013). Il s’explique surtout par une forte augmentation des dépenses publiques, de près de 956 milliards de dinars (15,9%), les recettes budgétaires totales n’ayant reculé que de 238 milliards de dinars (-4,0%).
Ce sont les éléments d’appréciation des paramètres macroéconomiques et financiers sur lesquels a été établi le rapport annuel de la Banque d’Algérie pour l’année 2014 et les projections pour 2015 en termes d’évolution économique et monétaire du pays.   
C’est dans ce sens que le gouverneur de la Banque d’Algérie a soutenu que le niveau des réserves officielles de change (or non compris), qui se sont contractées à 178,938 milliards de dollars à fin décembre 2014, contre 185,273 milliards de dollars à fin septembre 2014, reste adéquat, d’autant que le niveau des réserves ainsi accumulées dépasse les seuils d’adéquation habituels pour les pays émergents. Cela permet à l’Algérie de préserver, dans une certaine mesure, la stabilité extérieure face au choc externe.
Par ailleurs, le niveau historiquement bas de la dette extérieure (3,735 milliards de dollars à fin décembre 2014 contre 3,666 milliards de dollars à fin septembre 2014) limite les implications financières de ce choc.
Aussi, la position financière extérieure nette, appréciable à fin 2014, devrait contribuer à atténuer l’effet du choc externe en 2015.

Poursuite de la gestion prudente de la politique monétaire

Dans son exposé de la situation économique et monétaire, le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Laksaci, enregistre la poursuite constante de la consolidation de l’équilibre des tendances financières et monétaires depuis 20010, sous l’effet des réformes financières bancaires entreprises. Il a toutefois insisté sur le caractère de vulnérabilité de la situation financière du pays face aux chocs externes, évoquant la baisse des prix mondiaux de pétrole, se traduisant par un recul du baril de pétrole algérien à 55,76 dollars en moyenne durant les neufs premiers mois de 2015, contre 106,65 dollars/baril pour la même période de 2014, soit une réduction de près de 40,4%, en plus d’une baisse de 3% de la quantité exportée, en l’espace d’une année, impactant fortement les ressources du Trésor algérien. Cela confirme, selon Laksaci, l’ampleur du choc externe qui pèse sur l’économie nationale, très vulnérable à la ressource hydrocarbures.     
Le solde global de la balance des paiements affiche, enfin, un déficit  de 20,82 milliards de dollars au cours des neuf premiers mois de 2015, contre un déficit de seulement 3,02 milliards de dollars durant la même période de l’année passée.          
Ce déficit record a fait que les réserves officielles de change (hors  or) se sont fortement contractées à 152,70 milliards de dollars à fin septembre 2015 contre 159,03 milliards de dollars à fin juin 2015 et 178,94 milliards de dollars à fin décembre 2014. Ce qui induit une dépréciation de 19,57% du cours moyen du dinar contre le dollar américain et de 2,16% par apport à l’euro.         
Mais la contraction des ressources financières n’a pas empêché  la progression des crédits à l’économie qui ont cru de 13,35% durant les trois premiers trimestres de 2015 dont le rythme d’expansion des crédits à l’économie ne semble pas être soutenable sans recours de certaines banques au refinancement auprès de la Banque d’Algérie.
Quant à l’inflation, elle a atteint 5,3% en septembre 2015, un taux qui ne peut s’expliquer ni par l’inadéquation de l’offre à la demande,  ni par l’expansion de la masse monétaire, qui s’est accrue à un taux historiquement bas, ni encore par l’évolution des prix mondiaux des produits de base importés, s’est interrogé Mohamed Laksaci. Et pour faire face à ce nouveau type d’inflation, la Banque d'Algérie, a soutenu son gouverneur, continue de soutenir la stabilité du taux réel de change et d’assurer une gestion prudente de sa politique monétaire.
Il a, à ce titre, expliqué qu’il convient de rechercher les causes profondes de cette inflation dans les dysfonctionnements du marché, notamment celui des produits agricoles frais, caractérisé par une traçabilité limitée des transactions et une faible régulation.    

• Solidité du secteur bancaire
La situation du secteur bancaire s’est nettement améliorée durant les dix dernières années. Les différentes reformes ont renforcé la gestion des risques bancaires. Les indicateurs de solidité du système bancaire sont appréciables, certains se sont même améliorés au cours des quatre dernières années alors que d’autres, en particulier les ratios de solvabilité qui, depuis le 1er octobre 2014, intègrent la couverture des risques opérationnels et de marché, sont en baisse tout en restant à un niveau confortable.

• Indicateurs de l’intermédiation bancaire
Le système bancaire est constitué, à fin 2014, de 29 banques et établissements financiers siégeant à Alger. Les banques et établissements financiers agréés sont constitués par 6 banques publiques, dont la caisse d’épargne, 14 banques privées à capitaux étrangers, dont une à capitaux mixtes, 3 établissements financiers, dont deux publics, 5 sociétés de leasing dont 3 publiques, 1 mutuelle d'assurance agricole agréée pour effectuer des opérations de banque qui a pris, à fin 2009, le statut d’établissement financier.
Sous l’angle de la typologie des opérations bancaires, les banques collectent les ressources auprès du public, distribuent des crédits à la clientèle directement ou par le biais de l’achat de titres d’entreprises, mettent à la disposition de la clientèle des moyens de paiement et assurent la gestion de ces derniers.

• Activité des établissements financiers
L’activité des établissements financiers reste relativement faible à en juger par l’évolution du total de leurs actifs qui est passé de 66,1 milliards de dinars à fin 2011 à 70,3 milliards de dinars à fin 2014.
Les ressources des établissements financiers à fin 2014 sont constituées des fonds propres, à concurrence de 44,2 milliards de dinars (capital 33,7 milliards de dinars, réserves 5,5 milliards de dinars), des emprunts obligataires émis (10,5 milliards de dinars) et des emprunts interbancaires (0,5 milliard de dinars).

• Ressources collectées
L'activité collecte des ressources à vue et à terme des banques a progressé de 17,8% en 2014 contre 8,1% en 2013 et 6,5% en 2012. En incluant les dépôts affectés en garantie d’engagements par signature (crédit documentaire, avals et cautions) qui ne sont pas inclus dans la masse monétaire au sens de M2, la hausse des dépôts s’établit à 17,1%, soit une forte hausse après des hausses plus faibles en 2013 et 2012 (7,6% et 7,5%).

• Crédits distribués
L’année 2014 a enregistré une progression soutenue des crédits distribués par les banques. Durant cet exercice, le Trésor n’a pas procédé à de nouveaux rachats de créances non performantes.