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Roman Chawki Amari- "Le faiseur de trous"

Date de création: 20-06-2018 18:57
Dernière mise à jour: 20-06-2018 18:57
Lu: 42 fois


CULTURE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN CHAWKI AMARI- « LE FAISEUR DE TROUS »

Le Faiseur de trous. Roman de Chawki Amari. Editions Barzakh, Alger 2007. 550 dinars, 138 pages.

 

 Le Sahara. Entre Laghouat, Tam, Adrar , Bordj Badji Mokhtar , Illizi et Djanet. L’Agaggar. Le Tidikelt, le Tassili N’Ajjer . Le désert. Les routes, la grande route sans fin  ...parsemée  de trous. Le soleil. La chaleur. Le désert. Mais aussi , des hommes. Ils y vivent. Ils vont et viennent. Pour fuir on ne sait trop quoi. Pour retrouver quelque chose d’autre. De l’humanité peu-être ? De la solitude et le calme, peut-être ? Ils y espèrent en tout cas.

Et ils sont, ne vous y fiez pas, nombreux. On les croise souvent . Ce sont ces personnages que l’auteur  décrit : Aissa et Moussa les cantonniers qui passent leur temps, dans la bonne humeur,  (c’est leur mission sacrée) à boucher les (maudits, car destructeurs des amortisseurs et des pneux des véhicules ) trous de la grande route.....mais seulement les trous de leur wilaya. Trabelsi , le routier qui essaie de commercialiser tout et rien ....tout heureux de savoir qu’il lui était née une fille. Yassina, la « restauratrice » , propriétraire d’un « café » au milieu de nulle part  et sa protégée et compagne, l’encore  belle Rimiti (surnommée ainsi en raison de  3 – ou ,peut-être, 4 ou bien plus - mariages au compteur et une ribambelle de gosses éparpillés) , Ammi Fota , un vieux retraité de la Sonelgaz (femme morte et cinq enfants partis en Europe), vieil intellectuel francophone,   devenu gérant de camping ( !?),  Lakhdar, le jeune gendarme toujours en patrouille et   toujours taciturne,   pensant certainement à Guelma sa ville natale, Afalawas le beau Targui de Tazrouk, le  village habité le plus haut d’Algérie...et toujours énervé contre l’Etat « qui est partout mais qui semble être contre tout ».Et, il y a Akli, venu du Nord , troueur impénitent, creusant et creusant encore des trous. Des petits, des moyens et des grands. Des verticaux et des horizontaux. Cherchant sous le  sable de l’histoire. Cherchant sans cesse des restes  de civilisation(s) proto-berbères et/ou sahariennes, la région supposée en être le  berceau et le carrefour .Que sont-elles devenues, mises à part les peintures rupestres et  quelques rares tumulus.A -t-il trouvé le  secret ? Ou, a-t-il  trouvé qu‘il n’y a rien à trouver  ? Questions restées sans réponse comme d’ailleurs pour les autres destinées humaines rencontrées.Le Sahara est si grand....et seul ce qui est liquide (eau, gaz, pétrole) intéresse  tous les autres « troueurs ». D’ailleurs, il finira restaurateur....à Oran .Spécialisé dans  les mets..... sahariens.

 

 

L’Auteur : Né en 1964, géologue de formation, caricaturiste,  illustrateur et journaliste-chroniqueur (Chronique « Point Zéro »/ El Watan-quotidien)......connu et reconnu pour son talent et son impertinence . Auteur de  romans , de  recueils de nouvelles, de récit... .... Plusieurs ouvrages collectifs

 

Extraits : « Quest-ce qu’un dromadaire sinon le contraire d’un trou ? Une grosse bosse, c’est un trou à l’envers. Inversez un dromadaire et posez-le par terre. Ça fera un gros trou dans le sable. Ou pas. » (p 9)

 Avis : Une narration nonchalante mais magique qui fait découvrir et aimer le Sahara

 Citations : « On aime les femmes quand elles sont filles et on les déteste –à moins qu’on soit fou d’elles- quand elle sont femmes «  (pp16-17) , « Il suffit de voir la carte du Sahara, aucune route ou presque n’est orientée est-ouest, elles sont toutes nord-sud. On n’échange pas avec ses voisins, mais avec ses contraires. Ceux du Nord quand on est du Sud » (p 40),