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Grine Hamid/Toufik, général- Entretien à Tsa

Date de création: 24-12-2015 05:29
Dernière mise à jour: 24-12-2015 05:29
Lu: 223 fois


VIE POLITIQUE- DOCUMENTS ET TEXTES REGLEMENTAIRES – GRINE HAMID/ TOUKIK, GENERAL- ENTRETIEN A TSA

Hamid Grine, ministre de la Communication, a donné le samedi 5 décembre 2015 au site électronique TSA (Tout Sur l’Algérie) l’entretien qui suit :

Le général Toufik a brisé le silence pour dénoncer la condamnation du général Hassan par le tribunal militaire d’Oran. Quelle est votre réaction ?
Je suis étonné qu’un ex-officier supérieur, qui connaît très bien ses droits et ses devoirs, notamment le devoir de réserve, se laisse aller à dénoncer une décision de justice. Il est le premier à savoir qu’on ne commente pas une décision de justice. Pour moi, cette déclaration, loin d’être neutre, est extrêmement violente. Je peux même parler d’hyperviolence. Les propos du général Toufik sont d’une extrême violence. J’ai beaucoup de respect pour le général Toufik et pour tous ceux qui ont servi l’État à un certain moment de l’histoire de l’Algérie. Mais en contestant la justice, l’ex-officier supérieur remet en cause l’État de droit et la souveraineté du pouvoir judiciaire.

Quelles ont été les motivations du général à la retraire selon vous ?
Ça ne m’intéresse pas de connaître ses motivations. Un ex-officier supérieur est tenu par l’obligation de réserve. En commentant une décision de justice, il met de la violence qui peut semer des troubles. Moi j’appelle le général Toufik et tous ceux qui ont occupé des postes au sein de l’État à être responsables de leurs mots. On ne peut pas dire n’importe quoi, surtout en cette période. J’appelle à plus de sagesse et de pondération. J’invite tout le monde à plus d’éthique et d’amour pour ce pays. Parce que si on aime l’Algérie, on doit s’en tenir aux valeurs républicaines et les défendre. Ces mêmes valeurs nous interdisent de mettre de la violence dans notre société.

La lettre traduit une crise grave dans les institutions de l’État, selon l’opposition…
Je suis fier d’appartenir à ce gouvernement et de servir l’État algérien à la tête duquel il y a le Président Abdelaziz Bouteflika. Franchement, je ne vois pas de crise. Certains l’évoquent, c’est de bonne guerre parce que nous sommes dans une vraie démocratie. C’est bon qu’il y ait des avis divergents, seulement cela doit se faire dans le respect de l’autre. Ce que j’ai dit sur la presse est encore plus valable pour les hommes politiques. Parce que les médias, en fait, ne font que reprendre les propos des hommes politiques. J’appelle donc les hommes politiques à plus de retenue. Ils ont une grande responsabilité. La violence n’est pas seulement physique, elle est aussi verbale. Et vous ne pouvez pas savoir les dégâts collatéraux que cette déclaration (la lettre du général Toufik, NDLR) pourrait avoir sur la société algérienne. Si un homme de son statut dénonce la justice, comment empêcher un jeune, qui n’a pas la conscience du général Toufik, de ne pas commettre des dérives ?

La violence verbale émane aussi des partis du pouvoir…
Moi je condamne toute sorte de violence verbale, d’où qu’elle vienne. Mais on peut nuancer. Je n’ai pas entendu les partis de la majorité insulter. J’ai entendu des partis microscopiques qui n’ont même pas de députés à l’APN insulter le Chef de l’État, le secrétaire général du FLN, des ministres du gouvernement… Je parle en tant que ministre de la Communication. Nous sommes en train de mener une campagne pour professionnaliser la presse autour de l’éthique et de la déontologie. J’aimerais que la classe politique écoute cet appel : critiquez, argumentez, mais n’outragez pas, n’insultez pas, ne diffamez pas...

Le groupe des ‘‘19-4’’ pense que le Président est séquestré. Quelle est votre réaction ?
Ils pensent ce qu’ils veulent et ce qu’ils pensent, ce n’est pas la réalité. Le passé n’autorise personne à insulter, à diffamer. Bien au contraire : le passé est une obligation morale à peser nos mots. Il faut être responsable de ce qu’on dit. On doit respecter ce que l’on a été dans le passé. Ces gens-là, ces anciens moudjahidine, ces illustres combattants, sont nos modèles. Si eux-mêmes ne donnent pas l’exemple à nos enfants, où va-t-on aller comme ça ? Il ne faut  pas fracasser nos idoles.

Ils ont une reponsabilité historique, ces gens-là. On peut demander à voir le Président mais sans employer des termes agressifs.
On a dit ‘‘séquestrer’’ mais autre chose aussi. Le Président Bouteflika est le premier qui mérite le respect et l’admiration. Je le dis pour ce qu’il fait depuis 15 ans. Si nous sommes dans un pays stable, c’est grâce au Président Bouteflika. Si certains veulent déstabiliser le pays, ils trouveront 40 millions d’Algériens en face.

Est-ce que vous réagissez au nom du gouvernement ?
Je réagis en tant que ministre de la Communication parce qu’il y a des situations, des termes, des prises de position qui me révoltent. Je suis un ministre engagé à 100% et je ne conçois pas l’engagement comme de la tiédeur.
L’action politique nous engage. Je tiens juste à préciser que nous avons lutté contre toutes les formes de violence avec des campagnes de communication : violences contre les femmes, violences contre les enfants, violences routières et violences dans le sport.  
Et depuis toujours, nous luttons contre la violence verbale.