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Christianisme- Noêl

Date de création: 24-12-2015 05:11
Dernière mise à jour: 24-12-2015 05:11
Lu: 188 fois


CULTURE- RELIGION- CHRISTIANISME- NOËL

D'où vient le rite de Noël ?

© François Gauvin/ Le Point.fr , 2 décembre 2015

C'est la plus connue des fêtes chrétiennes, pour les croyants qui fréquentent la traditionnelle "messe de minuit" comme pour les amis du Père Noël. Noël, qui commémore la naissance de Jésus, n'a pas dans le christianisme l'importance théologique de Pâques, la fête du "Christ Seigneur" ressuscité. Ce que semble indiquer le Nouveau Testament, qui consacre à l'événement à peine quelques versets. L'évangile de Jean résume l'événement de la naissance du Fils de Dieu en une phrase aussi essentielle que concise : "Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous." Le Dieu chrétien se fait modestement homme, et c'est à cette humanité que répondent les brèves allusions de l'évangile de Matthieu et, surtout, le récit de la Nativité tel que le propose celui de Luc (2 : 1-21), qui inspire toujours les chrétiens lors de Noël.

L'histoire, on la connaît : Marie et son époux Joseph sont contraints d'aller à Bethléem en raison d'un décret de l'empereur – les Romains occupent le pays – imposant un recensement aux populations de Judée. Mais la jeune femme, qui est enceinte, accouche dans les faubourgs de la ville, non loin de bergers et de leurs troupeaux. L'enfant est déposé dans une mangeoire – ou une crèche, les deux mots sont d'anciens synonymes. Voilà comment Dieu partage sa natte avec les bêtes – autre leçon de modestie

Sol invectus

Plusieurs textes apocryphes, c'est-à-dire non reconnus par l'Église – donnent toutefois d'autres versions de la Nativité. Ainsi le "Protoévangile de Jacques", un texte du IIe siècle. Plus dramatique que le récit de Luc dont il reprend les grandes lignes, il est truffé de paradoxes qui soulignent l'atmosphère irréelle de la friction des mondes divin et terrestre. Jusqu'au feu qui s'empare des mains de la sage-femme, Salomé, au moment où ses doigts pénètrent la chair de la Vierge. « Et la sage-femme entra et dit : "Marie, dispose-toi ; car ce n'est pas un petit débat qui se présente à ton sujet.' Et Marie, ayant entendu cela, se disposa. Et Salomé mit son doigt dans sa nature. Et Salomé poussa un cri et dit : "Malheur à mon iniquité et à mon incrédulité, parce que j'ai tenté le Dieu vivant. Et voici que ma main, dévorée par le feu, se retranche de moi" ; […] Et voici qu'un ange du Seigneur se tint devant elle, lui disant : "Salomé, Salomé, le Maître de toutes choses a exaucé ta prière. Approche ta main de l'enfant et prends-le dans tes bras, et il sera pour toi salut et joie." »

Vers le IVe siècle, Noël est fêtée souvent avec la fête de l'Épiphanie, où l'on célèbre l'adoration de Jésus nouveau-né par les fameux « Rois Mages ». C'est seulement en 354 que le pape Libère (mort en 366) fixe la date de cet événement au 25 décembre. Il s'agit vraisemblablement d'un "recyclage" de la fête romaine du Sol invinctus (« le Soleil invaincu »). Les chrétiens occidentaux (catholiques, protestants) et certaines Églises orientales ont conservé cette date. Les Églises orthodoxes fêtent aussi Noël le 25 décembre, mais selon le calendrier julien, qui correspond à notre 7 janvier.

Adventus Domini

Au VIe siècle, le pape Grégoire (540-604) s'inspira du Carême pour instituer l'Avent (du latin adventus Domini, "Venue du Seigneur"), soit quatre semaines de préparation à Noël. Dans le nord de l'Europe comme au Québec, l'Avent est symbolisé par une couronne surmontée de quatre bougies, une pour chaque dimanche, allumées l'une après l'autre dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Et la crèche ? Sa création remonterait à saint François d'Assise (v 1182-1226), fondateur de l'ordre des franciscains, qui souhaitait ainsi rappeler que la présence du Christ appelle la modestie, loin de l'opulence des prélats.

En terre, en bois, en papier, véritable mise en scène animée parfois, la crèche s'est ainsi imposée dans les églises comme dans les foyers catholiques, les protestants du nord de l'Europe lui préférant l'arbre de Noël. Mais aujourd'hui, l'un et l'autre sont devenus les symboles planétaires d'une fête devenue aussi religieuse que commerciale, la coutume étant de l'accompagner d'une distribution de cadeaux… Et n'est-ce pas la firme américaine Coca-Cola qui dans les années 1930, a inventé « notre » Père Noël, avec sa tunique rouge, sa belle barbe blanche et son traîneau ?