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Serri Sid Ahmed

Date de création: 28-11-2015 19:43
Dernière mise à jour: 28-11-2015 19:43
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CULTURE- MUSIQUE- SERRI SID AHMED

Décédé samedi 14  novembre 2015 à l’mage de 89 ans, Sid Ahmed Serri est une légende de la musique arabo-andalouse, un genre musical qu’il aimait passionnément, à la folie

. Sid Ahmed Serri, 63 ans de carrière est un «cheikh» jurant avec l’acception gérontologique ou d’un pléonasme, mais au sens d’un paradigme superlatif  d’un grand homme.

 

Ahmed Serri a eu un âpre parcours. L’itinéraire d’un enfant pas du tout gâté. Il s’était construit tout seul. Un self-made-man de la musique arabo-andalouse. «Je suis né presque avec l’amour de cette musique», se souvenait-il.

Et ce, au sein des associations comme El Andaloussia, El Hayat, ou encore El Djazaïria sous les auspices de Abderrezak Fakhardji. Il avait démontré qu’il avait chanté, joué, recherché et évolué avec son âme «sœur», la musique, dans les venelles de sa Casbah natale (le 2 novembre 1926).

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Comme Hadj M’rizek qui le fascinait, cheikh Slimane Hannani, le trouvère disparu mais retrouvé, Kaddour Bachtobdji, son repère, Edmond Nathan Yafil, l’incontournable, Mohamed Benteffahi, dont il est le digne héritier, Abderezzak Fakhardji, le maître incontesté, Mohamed Ben Ali Sfindja, le précurseur, Bakir Messekdji, l’ultime conservateur des qcid (texte ancien)…

Et puis, El Boudali Safir.

Dans le livre biographique intitulé «  Sid Ahmed Serri, le chant du rossignol », dont l’auteur est le journaliste Hamid Tahri, paru aux éditions Quipos, en 2013, on découvre des photos du «kid» Sid Ahmed Serri, alors âgé de 9 ans, coiffé d’un tarbouche, à la moue juvénile et insouciante ; là, celle du maître Sfindja aux moustaches «turques» en 1890 ; là-bas, officiant aux côtés de la diva Fadela D’ziria en 1955, ou encore à côté, la photo de Messali Hadj, un leader nationaliste auquel il vouait une admiration. C’est qu’Ahmed Serri a œuvré pour l’indépendance de son pays, l’Algérie.

Depuis l’indépendance de l’Algérie, il n’a pas cessé d’appeler à sauvegarder le patrimoine musical national.

Quant au caractère sacré de la musique andalouse, il précisait : «Peut-on apporter une nouvelle touche à une symphonie de Mozart ou de Beethoven ? Dans le chaâbi, il y a une qacida qu’il faut apprendre et le chanteur est libre de l’interpréter comme il le veut. Il n’y a pas de règles absolues dans le chaâbi, sauf pour la musique classique.

C’est sacré, on n’y touche pas. On ne peut apporter un changement dans un morceau existant déjà.» Sid Ahmed Serri est issu d’une famille de mélomanes. Il éprouve dès son plus jeune âge une forte passion pour la musique.

En 1945, il adhère successivement aux associations El Andaloussia, puis El Hayat qu’il quitte pour entrer à l’association El Djazaïria, où il est admis dans la classe de musique dirigée par Abderrezak Fakhardji.

Ses dons de chanteur le classent alors parmi les meilleurs et lui ouvrent, dès 1948, les studios de la radio, puis ceux de la télévision qui lui permettront de se faire connaître du grand public.

Lorsqu’en 1952 son professeur est nommé au Conservatoire d’Alger, les dirigeants d’El Djazaïria (devenue depuis peu El Djazaïria El Mossilia par la fusion de leurs associations) confient la classe supérieure à Sid Ahmed Serri, qui passe ainsi du statut d’élève à celui de professeur, statut qu’il conservera jusqu’en 1988, si l’on excepte une période d’interruption due à la guerre de Libération nationale et à la restructuration de l’association au lendemain de l’indépendance de l’Algérie.

En guise de legs testamentaire

Il dispense également des cours au Conservatoire d’Alger, ainsi qu’à l’Institut national de musique et à l’Ecole normale supérieure. Entre 1988 et 1992, il s’attelle à la création et au développement d’une nouvelle association musicale, «El Djazaïria-Eth Thaâlibya». En 1989, il est choisi et élu à l’unanimité par ses pairs comme président national de l’Association de sauvegarde et de promotion de la musique classique algérienne.

En avril 2006, il est élu président de la Fédération nationale des associations de musique classique algérienne. Sid Ahmed Serri est l’auteur, en collaboration avec Rachid Mahi, d’un recueil de noubate andalouses, éditées en 1997, puis rééditées en 2002 et 2006 par l’Entreprise nationale des arts graphiques (ENAG).

Il a écrit en outre de nombreux et divers articles et études publiés dans la presse et les revues algériennes. Entre 1998 et 2002, il réalise l’enregistrement sur CD de l’intégralité de son répertoire de musique classique algérienne.

Sid Ahmed Serri a été le premier artiste lyrique à recevoir, en avril 1992, les insignes de l’Ordre du Mérite national.