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Badji Mokhtar

Date de création: 28-11-2015 19:38
Dernière mise à jour: 28-11-2015 19:38
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HISTOIRE – GUERRE DE LIBERATION NATIONALE- BADJI MOKHTAR

Badji Mokhtar est né à Annaba le 17 Avril 1919 au sein d’une famille instruite. Son père était fonctionnaire au tribunal de Souk Ahras où il effectua ses études primaires et secondaires.

Après cela, il s’engagea dans les rangs des Scouts Musulmans où il apprit les principes du militantisme organisé et grandit dans l’amour de la patrie.

En 1940, avec un groupe de nationalistes, il créa à Souk Ahras la première cellule des jeunes rattachés au Parti du Peuple Algérien (PPA).

Badji Mokhtar poursuivit son activité politique dans les rangs du Mouvement des Amis du Manifeste et de la Liberté (AML) . Ensuite, il adhéra au Mouvement pour le Triomphe des Libertés et de la Démocratie (MTLD) après sa création en 1946. L’abnégation et le courage de cet ancien scout lui valurent d’être sollicité par des dirigeants nationalistes influents.

Grâce à son dévouement, il sera désigné parmi les membres de l’Organisation secrète (OS) et fera preuve d’un comportement exemplaire.Il fut ensuite nommé responsable de la cellule de l’Organisation Spéciale (OS) à Souk Ahras en 1947 jusqu’à son arrestation le 1er avril 1950, dans le cadre de la campagne menée par les appareils de répression coloniale contre les membres de l’Organisation après la découverte de celle-ci.

Au cours de son interrogatoire, Badji Mokhtar subit toutes sortes de tortures et fut condamné par le tribunal de Guelma à trois années de prison qu’il effectua à la prison de Chlef puis Blida où il rencontra les dirigeants de l’Organisation Spéciale emprisonnés avec lui : Ahmed Ben Bella et Ahmed Mahsas.

Mis en liberté en 1953, Badji Mokhtar rejoint Souk Ahras pour reprendre ses activités politiques au sein du parti et des scouts.

En mars 1954, Badji Mokhtar participa à la création du Comité Révolutionnaire pour l’Unité et l’Action(CRUA), l’ancêtre du FLN, ainsi qu’à la réunion des 22(les initiateurs de la Révolution) tenue à Alger en juin 1954 à l’issue de laquelle il sera désigné responsable de la zone frontalière (Souk Ahras- El Kala). Il devait, ainsi, encadrer les préparatifs de la révolution dans cette région où il supervisa en tant que commandant du secteur de Souk Ahras l’entraînement des militants, la fourniture de caches, de ravitaillement, d’armes et de munitions…

Badji Mokhtar, qui sera à la tête du groupe qui avait attaqué la mine d’El Bernous en début du mois de novembre 54 et le minage du pont du chemin de fer d’Aïn Tahmamine, sera repéré et encerclé avec son groupe par l’ennemi colonial dans la ferme de Dali Bennchouaf près de «M’Djaz Sfa» à sept kilomètres du djebel Beni Salah dans la wilaya de Guelma le 18 novembre 1954.

Le moudjahid Abderrahmane Bensaïd, ancien membre de l’OS, a relaté le récit que lui avait fait, le moudjahid et proche collaborateur de Badji Mokhtar, Zine Maârouf, blessé lors de l’accrochage de la ferme où le chahid avait trouvé la mort.

Mort avec 7 martyrs dont Chaïb Dzair (17 ans), la première femme martyre de la Révolution

Selon ce témoignage, Badji, en compagnie de 7 autres membres de l’ALN, dont la jeune Chaïb Dzaïr âgée seulement de 17 ans, la première femme martyre de la Révolution, se préparait à recevoir un groupe de moudjahidine de la région de Annaba, pour organiser une réunion d’évaluation des premiers attentats ayant suivi le déclenchement de la Révolution dans cette région, lorsque l’armée coloniale avait encerclé le lieu.

Un accrochage acharné opposera les deux camps durant plus de sept heures. Badji Mokhtar et ses compagnons, dont Chaïb Dzaïr tomberont au champ d’honneur en héros, les armes à la main. Il s’agit de Mohammed Trabelsi, Antar Messaoud, Mohammed « l’Indochine » et la fille de Dali, propriétaire de la ferme qui devait servir de point de rencontre avec des responsables de la révolution de la région de Constantine confiée, alors à Didouche Mourad.

Harkat Saïd fut fait prisonnier mais Kerkoub Belkacem et Abdallah Nouaouria avaient réussi à s’échapper pour continuer l’œuvre héroïque de Badji Mokhtar qui aura vécu 18 jours de la révolution mais sa mémoire ancrée dans l’histoire de la Révolution s’est perpétuée à travers les générations.

« Badji Mokhtar s’est sacrifié pour la cause nationale, 18 jours seulement après le déclenchement de la Révolution le 1er Novembre 1954, dans une ferme dans la région de Souk Ahras », ont témoigné ses compagnons de lutte, soulignant que sa disparition, aux côtés de la chahida Chaïb Dzaïr, avait donné un nouveau souffle à la Révolution ».

Le moudjahid Abdelkader Lamoudi, membre du Groupe historique des 22 et ancien membre de l’Organisation spéciale (OS), a dit que Badji Mokhtar, « deuxième chahid » de la Révolution, après Benabdelmalek Ramdane, « n’est pas venu fortuitement » au combat libérateur de la nation du joug du colonial. « Le chahid était parmi le groupe des 22, dont les deux tiers étaient sous le coup de condamnations et plus de la moitié était recherchée par la police coloniale », a-t-il affirmé.

A ce sujet, il a soutenu que « les premières armes de l’Armée de libération nationale (ALN) et les bombes artisanales qui ont permis le passage à l’action directe ont été fournies par l’OS ».

Badji Mokhtar et ses compagnons d’armes sont tombés au champ d’honneur dans la forêt de Beni Salah, dans la région de Medjaz Essfa près de Souk Ahras et non loin de Guelma le 19 novembre 1954 pour que vive l’Algérie.