Nom d'utilisateur:
Mot de passe:

Se souvenir de moi

S'inscrire
Recherche:

Rapport Freedom House 2015

Date de création: 07-11-2015 15:12
Dernière mise à jour: 07-11-2015 15:12
Lu: 223 fois


VIE POLITIQUE- ETUDES ET ANALYSES- RAPPORT FREEDOM HOUSE 2015

© Liberté, jeudi 29 octobre 2015

Respect des Libertés individuelles et droits politiques en Algérie

Le rapport accablant de Freedom House

L’Algérie poursuit sa récolte de mauvais classements des ONG quant aux droits de l’Homme, aux libertés individuelles et aux gouvernances politique et économique.

Le rapport de Freedom House pour l’année 2015, qui se veut un véritable baromètre du degré de respect des libertés et des droits de l’Homme dans le monde, classe l’Algérie comme un pays non libre (not free). Il évoque une régression quant aux droits politiques et libertés individuelles, en lui attribuant de mauvaises notes sur deux chapitres - les 6 et 5 - pour un barème allant de 1 à 7 (1 = meilleur, 7 = pire).
Pour le premier chapitre, qui englobe le processus électoral, le pluralisme politique et le fonctionnement du gouvernement, Freedom House indique que “la réélection du président Abdelaziz Bouteflika malade, en avril 2014, pour un quatrième mandat avec un score sans précédent de 82%, a suscité nombre de protestations et un niveau de coordination jamais vu  entre les diverses forces d'opposition”. L’ONG indique, en outre, que “tout au long de l’année,  des milliers de petites manifestations ont eu lieu contre la détérioration des conditions socioéconomiques” et qu’“elles étaient accompagnées de rares grandes protestations contre l’immobilisme politique et économique”.
Dans son rapport, elle a également fait état d’une “corruption à grande échelle qui continue à miner le secteur public économique”, en citant surtout le secteur de l’énergie. L’affaire de Sonatrach, compagnie pétrolière nationale, en juillet 2014, a, selon la même source, “reconfirmé l’intention de Bouteflika de revendiquer plus de contrôle sur la plus importante source de revenus pour le gouvernement algérien”. “Un mandat d'arrêt international a été délivré en 2013, mais levé par la suite pour des raisons de procédure, contre l'ancien P-DG de Sonatrach Chakib Khelil”, a indiqué, le rapport en précisant qu’“il a peut-être échappé à l'arrestation et à l'extradition en raison de sa relation avec le président”.
En reprenant les déclarations du Premier ministre Abdelmalek Sellal, selon lesquelles, plus de 2 000 affaires de corruption ont été examinées en 2012, et ultérieurement, Freedom House note, que ces affaires “ont entraîné peu de condamnations”.
Malgré l'existence de lois anticorruption, un manque de transparence du gouvernement, de faibles niveaux d'indépendance judiciaire et la bureaucratie ont augmenté la corruption, indique le rapport, en citant pour exemple, l’autoroute Est-Ouest qui a été qualifiée de “plus chère autoroute au monde”, avec “un pourcentage significatif des contrats qui auraient été distribués grâce à des pots-de-vin”. En 2014, l'Algérie a chuté à 100 parmi
175 pays dans l'indice de perception de la corruption de Transparency International.

Liberté d’expression : embargo, censure et autocensure
En abordant le chapitre relatif aux libertés individuelles, spécialement sur le point inhérent à la liberté d’expression et de conscience, le rapport de Freedom House souligne que “les journalistes restent agressifs dans leur couverture des affaires gouvernementales”. Toutefois, le fait que la plupart des journaux se fient au gouvernement central pour l'impression et que l'agence de publicité appartenant à l'État favorise les journaux progouvernementaux, poussent à l'autocensure. L’ONG note aussi qu’en  janvier 2014, le gouvernement a adopté une nouvelle loi autorisant officiellement la création de chaînes de télévision privées, mais, cette loi introduit également de nombreuses restrictions sur le contenu, plus particulièrement, une interdiction sur la couverture de l'actualité sans autorisation préalable. Dans son rapport elle note également que “le secret entourant la santé de Bouteflika a été assoupli dans une certaine mesure en 2014, mais un embargo médiatique quasi total sur le thème de l'attentat terroriste d’In Amenas (Tinguentourine, ndlr) en 2013 a continué sans relâche”. L’ONG épingle le pays sur la loi sur la cybercriminalité de 2009 qui donne aux autorités le droit de bloquer les sites web “contraires à l'ordre public ou aux bonnes mœurs” ainsi qu’au sujet de la mise en place d’un système centralisé pour la surveillance du trafic Internet. S’agissant de la liberté d’association et des libertés syndicales, cette dernière  fait remarquer que malgré la levée de l’état d’urgence en 2011, le gouvernement a continué de perturber et décourager les rassemblements publics et les manifestations. Preuve en est qu’à la mi-avril 2014, plusieurs centaines de membres du mouvement contre la réélection du Bouteflika ont été arrêtés.
Pour ce qui est encore de la liberté de culte, l’ONG affirme que les petites communautés non musulmanes ne font pas l'objet de harcèlement, mais elles ne peuvent se rassembler qu’au niveau des lieux de cultes approuvés par l’État. Le prosélytisme des non-musulmans est illégal et une ordonnance de 2006 a renforcé les restrictions sur les confessions minoritaires. En revanche, Freedom House note qu’en 2014, les citoyens et les partis politiques ont pu avoir une plus grande liberté que par le passé pour discuter de questions électorales, y compris le mouvement contre la réélection de Bouteflika.

A. R.

L’Algérie poursuit sa récolte de mauvais classements des ONG quant aux droits de l’Homme, aux libertés individuelles et aux gouvernances politique et économique.

Le rapport de Freedom House pour l’année 2015, qui se veut un véritable baromètre du degré de respect des libertés et des droits de l’Homme dans le monde, classe l’Algérie comme un pays non libre (not free). Il évoque une régression quant aux droits politiques et libertés individuelles, en lui attribuant de mauvaises notes sur deux chapitres - les 6 et 5 - pour un barème allant de 1 à 7 (1 = meilleur, 7 = pire).
Pour le premier chapitre, qui englobe le processus électoral, le pluralisme politique et le fonctionnement du gouvernement, Freedom House indique que “la réélection du président Abdelaziz Bouteflika malade, en avril 2014, pour un quatrième mandat avec un score sans précédent de 82%, a suscité nombre de protestations et un niveau de coordination jamais vu  entre les diverses forces d'opposition”. L’ONG indique, en outre, que “tout au long de l’année,  des milliers de petites manifestations ont eu lieu contre la détérioration des conditions socioéconomiques” et qu’“elles étaient accompagnées de rares grandes protestations contre l’immobilisme politique et économique”.
Dans son rapport, elle a également fait état d’une “corruption à grande échelle qui continue à miner le secteur public économique”, en citant surtout le secteur de l’énergie. L’affaire de Sonatrach, compagnie pétrolière nationale, en juillet 2014, a, selon la même source, “reconfirmé l’intention de Bouteflika de revendiquer plus de contrôle sur la plus importante source de revenus pour le gouvernement algérien”. “Un mandat d'arrêt international a été délivré en 2013, mais levé par la suite pour des raisons de procédure, contre l'ancien P-DG de Sonatrach Chakib Khelil”, a indiqué, le rapport en précisant qu’“il a peut-être échappé à l'arrestation et à l'extradition en raison de sa relation avec le président”.
En reprenant les déclarations du Premier ministre Abdelmalek Sellal, selon lesquelles, plus de 2 000 affaires de corruption ont été examinées en 2012, et ultérieurement, Freedom House note, que ces affaires “ont entraîné peu de condamnations”.
Malgré l'existence de lois anticorruption, un manque de transparence du gouvernement, de faibles niveaux d'indépendance judiciaire et la bureaucratie ont augmenté la corruption, indique le rapport, en citant pour exemple, l’autoroute Est-Ouest qui a été qualifiée de “plus chère autoroute au monde”, avec “un pourcentage significatif des contrats qui auraient été distribués grâce à des pots-de-vin”. En 2014, l'Algérie a chuté à 100 parmi
175 pays dans l'indice de perception de la corruption de Transparency International.

Liberté d’expression : embargo, censure et autocensure
En abordant le chapitre relatif aux libertés individuelles, spécialement sur le point inhérent à la liberté d’expression et de conscience, le rapport de Freedom House souligne que “les journalistes restent agressifs dans leur couverture des affaires gouvernementales”. Toutefois, le fait que la plupart des journaux se fient au gouvernement central pour l'impression et que l'agence de publicité appartenant à l'État favorise les journaux progouvernementaux, poussent à l'autocensure. L’ONG note aussi qu’en  janvier 2014, le gouvernement a adopté une nouvelle loi autorisant officiellement la création de chaînes de télévision privées, mais, cette loi introduit également de nombreuses restrictions sur le contenu, plus particulièrement, une interdiction sur la couverture de l'actualité sans autorisation préalable. Dans son rapport elle note également que “le secret entourant la santé de Bouteflika a été assoupli dans une certaine mesure en 2014, mais un embargo médiatique quasi total sur le thème de l'attentat terroriste d’In Amenas (Tinguentourine, ndlr) en 2013 a continué sans relâche”. L’ONG épingle le pays sur la loi sur la cybercriminalité de 2009 qui donne aux autorités le droit de bloquer les sites web “contraires à l'ordre public ou aux bonnes mœurs” ainsi qu’au sujet de la mise en place d’un système centralisé pour la surveillance du trafic Internet. S’agissant de la liberté d’association et des libertés syndicales, cette dernière  fait remarquer que malgré la levée de l’état d’urgence en 2011, le gouvernement a continué de perturber et décourager les rassemblements publics et les manifestations. Preuve en est qu’à la mi-avril 2014, plusieurs centaines de membres du mouvement contre la réélection du Bouteflika ont été arrêtés.
Pour ce qui est encore de la liberté de culte, l’ONG affirme que les petites communautés non musulmanes ne font pas l'objet de harcèlement, mais elles ne peuvent se rassembler qu’au niveau des lieux de cultes approuvés par l’État. Le prosélytisme des non-musulmans est illégal et une ordonnance de 2006 a renforcé les restrictions sur les confessions minoritaires. En revanche, Freedom House note qu’en 2014, les citoyens et les partis politiques ont pu avoir une plus grande liberté que par le passé pour discuter de questions électorales, y compris le mouvement contre la réélection de Bouteflika.