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Rencontre Cnes/Experts 2015- Intervention A. Sellal

Date de création: 29-09-2015 16:53
Dernière mise à jour: 29-09-2015 16:53
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ECONOMIE – DOCUMENTS ET TEXTES REGLEMENTAIRES- RENCONTRE CNES/EXPERTS 2015– INTERVENTION A. SELLAL

Rencontre du Cnes avec la communauté universitaire et académique, dimanche 20 septembre 2025, sur le thème : « Du défi de la résilience à l’exigence de l’émergence de l’économie nationale » (Résidence El Mithak/Alger)


Je suis heureux d’être parmi vous dans le cadre de cette rencontre organisée par le CNES autour de la situation économique du pays. L’action de l’exécutif est naturellement tirée par l’obligation de résultats et les impératifs de stabilité sociopolitique et de développement économique, conformément à son plan d’action tiré du programme présidentiel. 

Nous sommes convaincus qu’il est bon de confronter notre démarche au recul des experts, d’écouter leurs observations et de demeurer ouverts et réceptifs à leurs propositions, en toute transparence. 

La baisse brutale des cours des hydrocarbures, qui risque de durer, impacte les ressources de notre pays (33 à 35 milliards de dollars en moins sur l’ensemble de l’année 2015). Les conséquences d’une baisse étalée des cours seront la contraction des ressources du FRR et l’accroissement de la dette publique interne. 

Cela plaide pour des actions de rationalisation de la dépense publique et de développement du marché des capitaux, ce que nous faisons actuellement. Notre situation macroéconomique est nettement meilleure que celle qui prévalait lors du choc pétrolier de 1986, et notre pays est doté aujourd’hui d’infrastructures modernes et de capacités humaines clairement supérieures. 

La conjoncture actuelle est certes difficile, mais elle offre aussi une excellente opportunité d’introspection et de prise de décisions audacieuses pour construire une nouvelle vision économique et modifier nos modes de fonctionnement et de régulation. Notre repère : c’est la croissance. 

Dès le mois de juillet 2014, le gouvernement validait le modèle de croissance de l’économie nationale, ainsi que la cadrage budgétaire du programme quinquennal 2015/2019, qui prenaient en compte la dégradation possible des cours des hydrocarbures.  En décembre 2014, le Chef de l’État a fixé le cap de la réponse nationale à la contraction des revenus pétroliers. 

Rationaliser les dépenses, mieux maîtriser le commerce extérieur et les flux de capitaux, et poursuivre le développement socio-économique du pays.  

Mais les directives présidentielles étaient claires pour préserver le pouvoir d’achat et poursuivre l’effort social et les programmes dans les domaines de la santé et de l’éducation. 

Les actions de maîtrise du commerce extérieur ont permis d’enregistrer des baisses significatives des volumes et des coûts des importations. 

Nous avons réduit les dépenses de fonctionnement et d’équipement, sans toucher les acquis sociaux et sans freiner la commande publique, levier important de la croissance dans notre pays.  Les actions engagées depuis 2014 au titre du programme pe rationalisation ont permis d’éviter une dégradation prononcée du cadre macro-économique national. 

Toutefois, notre objectif premier a demeuré l’édification d’une économie émergente et diversifiée, créatrice de richesse et d’emploi. Voilà notre réel défi ! 

Nous refusons d’être prisonniers du statu quo et de la fatalité du recul des recettes budgétaires extérieures. Il nous faut envisager l’avenir avec optimisme et détermination.  Ce choix de la croissance n’est ni une posture ni une démarche conjoncturelle. 

Notre pari, c’est l’entreprise et l’entrepreneur algériens, qui sont au cœur de la création de  richesse et de croissance. Les dispositions de la LFC-2015 et LF-2016 vont dans cette direction d’optimisation des recettes  du budget de l’État, de soutien aux entreprises, de facilitation de l’investissement, ainsi que d’encouragement du secteur national productif. La promotion de l’investissement est une priorité, et c’est ensemble que nous devons trouver les solutions aux contraintes et aux entraves qui empêchent son développement et le rendent moins attractif que l’activité de commerce. L’agriculture, l’industrie, le tourisme, la pétrochimie, les NTIC, ainsi que les énergies renouvelables sont les domaines prioritaires de développement identifiés par l’Exécutif.  Une procédure simplifiée encadre, désormais, la gestion du foncier industriel.   

Pour atteindre cet objectif dans des perspectives globalement similaires à celles de 2015, nous continuerons à : 

1/Contenir l’évolution des engagements budgétaires de l’État par le changement des comportements des ordonnateurs au niveau central et local. 

2/Engager, concrètement, le passage du budget au marché par la captation de l’épargne des  ménages, via la dynamisation des circuits du Trésor et la bancarisation des liquidités de la  sphère informelle. 

 3/Mobiliser de nouvelles ressources budgétaires et lutter contre les phénomènes de gaspillage et de contrebande. 

4/Prioriser les actions impliquant la sphère réelle. 

5/Améliorer davantage encore la croissance du PIB hors hydrocarbures. 

Mais, avant les lois et règlements, avant les budgets, avant les mesures de toutes sortes, nous devons tous opérer une véritable révolution dans nos modes de pensée et nos idées reçues. 

Nous devons travailler et non aller au travail. Apprendre à nous faire mutuellement confiance.

Refuser la morosité et le pessimisme. 

L’Administration ne doit plus être un labyrinthe ou un parcours du combattant, mais une structure d’accueil et d’accompagnement 

Un banquier n’attend pas son client, il doit aller le chercher, parce que son salaire en dépend. 

Les gestionnaires ne sont pas des voleurs que nous n’avons pas encore attrapés, mais les bâtisseurs de l’Algérie de demain que nous devons encourager. 

L’agent public est au service du citoyen et non pas son tuteur ou son inquisiteur.

Le bon citoyen ne gaspille pas le pain, l’eau et l’énergie, car ces choses n’ont pas de prix, elles ont quand même un coût. 

En Algérie, nous n’avons ni dogme ni apriori. Ce qui est bon, pour nos concitoyens, nous le faisons. 

Nous sommes pour un État fort, régulateur d’une société libre dans ses initiatives et solidaire des plus faibles. 

Notre développement économique est planifié, contrôlé et les règles sont fixées par l’État régulateur. 

Notre patriotisme économique ne nous empêche pas d’aller chercher l’expertise là où elle se trouve et les investissements étrangers qui ne doivent pas seulement être accueillis, mais démarchés et incités à venir chez nous.  

Les travailleurs et les salariés constituent la majorité dans notre pays, et, sans leur confiance  et leur adhésion, aucune relance n’est possible. L’État les défendra.

Les mesures les plus pertinentes, les analyses les plus cohérentes et les stratégies les mieux élaborées ne sont que des vœux pieux si elles ne sont pas partagées par l’ensemble des composantes d’une société. 

Travailler, entreprendre et gagner de l’argent n’a rien de honteux. Nous devons changer le regard de notre société sur la richesse. 

La réforme et la modernisation de notre Administration et de nos services publics, est une condition sine qua non de notre essor. 

Les mesures les plus contraignantes seront aisément acceptées si elles sont appliquées à tous dans une totale transparence. 

Le temps, c’est de l’argent. Les retards administratifs sont autant de surcoûts pour les porteurs de projets. 

Des procédures simples, claires et appliquées dans l’équité et la transparence sont cent fois plus efficaces que n’importe quel organisme de lutte contre la corruption. 

Comme vous le voyez, le chantier est immense et notre tâche là tout est ardue. Mais cela est à la mesure de la grandeur de notre pays et du génie de son peuple en qui j’ai une foi inébranlable. 

Les avis peuvent diverger, mais l’essentiel est d’être tous mobilisés pour l’atteinte du même objectif «développer notre pays dans la paix et la fraternité et bâtir ensemble un avenir meilleur pour ses enfants». C’est l’engagement du gouvernement. 

Je m’adresse, à travers votre honorable assistance, à chaque Algérienne et à chaque Algérien, pour leur dire que notre pays a besoin de tous ses enfants pour relever les défis que nous nous sommes fixés. 

Je vous remercie.»